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Brèves

L’actualité en bref

La prochaine conférence de l’ONU sur le changement climatique se tiendra du 10 au 21 novembre prochain à Belem. Pour accueillir dignement les 40 000 à 50 000 personnes attendues et faciliter leurs déplacements, les autorités ont décidé de construire une autoroute à quatre voies de 13 kilomètres. Pour ce faire elles vont détruire plusieurs milliers d’hectares de forêt amazonienne primitive avec des impacts dramatiques sur la biodiversité. Un résumé de ce qu’est la défense de l’environnement et du climat sous le capitalisme.

L’association de défense des animaux L214 a déposé sept plaintes pour maltraitance animale contre huit propriétaires d’élevages porcins, tous situés dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne, fournissant les super et hypermarchés du groupe Leclerc. « Le fait que ce soit huit élevages distincts montre qu’il ne s’agit pas d’anomalies isolées mais bien d’une cruauté structurelle, institutionnelle, presque cautionnée par Leclerc », a déclaré Ambre Bernard, chargée de campagne contre l’élevage intensif pour L214. Ce n’est pas la première fois que le groupe, et sa filiale Kermené, spécialisée dans la transformation de produits carnés, sont montrés du doigt. À chaque fois ils promettent d’intervenir mais rien ne change. Car produire à moindre coût – quelles que soient les conditions d’élevage – est le seul impératif. Chez Leclerc plus les prix sont bas, plus les animaux en bavent.

Les 26 et 27 mars va se tenir à Jérusalem une conférence internationale de lutte contre l’antisémitisme. Parmi les invités vont se trouver le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, la députée européenne Marion Maréchal-Le Pen et le vice-président du parti, le maire de Perpignan, Louis Alliot. Une fois n’est pas coutume, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, plutôt connue pour ses forts penchants sionistes, a protesté contre l’invitation à cette conférence d’« un parti qui a autant à voir avec la lutte contre l’antisémitisme que les moustiques avec la lutte contre le paludisme ». Sans pour autant s’interroger sur les raisons profondes de cette invitation. Pourtant les choses sont claires : sous couvert d’une conférence contre l’antisémitisme, il s’agit de battre le rappel de tous les soutiens d’Israël dans sa lutte colonialiste, raciste et xénophobe contre le peuple palestinien. Anne Frank réveille-toi, ils sont devenus fous !

Le troisième round de négociations sur l’avenir des retraites et l’abrogation des 64 ans vient de s’ouvrir. Alors qu’organisations syndicales et patronales continuent de blablater, un nouvel élément vient de s’inviter dans les débats : la possibilité d’allonger l’âge de départ à la retraite, peut-être jusqu’à 70 ans, pour financer l’effort d’armement. C’est Gilbert Cette, le président du Conseil d’orientation des retraites, qui a lancé un ballon d’essai en déclarant : « L’entrée progressive, plus ou moins explicite, dans une économie de guerre, rendra secondaires sinon dérisoires les débats actuels sur l’âge légal à 64 ans. La question deviendra plutôt […] comment augmenter rapidement cet âge au-delà des 64 ans. » Un propos bien accueilli par le patronat et… l’entourage présidentiel. En bref l’équation devient « moins de retraite pour plus de canons ». Une seule réponse : pas question. Mais pour ne pas subir ce genre de « choix », il faudra se battre.

Le nouveau logo, inauguré à l’été 2024, ne cesse de faire discuter les soignants quand le sujet vient sur la table. Il faut dire qu’il y a de quoi être agacé par ce coup de com’ à 185 000 euros. La direction voulait créer une image de marque pour concurrencer le privé en attirant des soignants. Mais quels travailleurs choisissent leur entreprise pour la couleur de son logo ? Cette justification, en plus d’être ridicule, souligne la logique à l’œuvre dans les hôpitaux publics. En plus de son coût démesuré (qui représente environ 40 mensualités d’aides-soignants, comme le rappelle la CGT), il y a un petit malaise sur l’originalité du logo. Un article d’un journal satirique local rapportait qu’il était en vente presque à l’identique sur n’importe quelle banque d’image pour une cinquantaine d’euros. Autre hic, facturé au prix fort par l’agence Saguez & Partners, il ressemble étrangement à celui d’autres entités (cf image). Victime d’une arnaque grotesque ou coupable de détournement de fonds publics, la direction du CHU semble ne savoir faire des économies que sur les choses essentielles : elle avait supprimé 100 lits rien qu’en 2022, et prévoit d’en fermer de nouveau 60 en court séjour en 2027. Si elle prend l’hôpital pour une start-up innovante et disruptive plutôt qu’un établissement de soin, peut-être serait-ce le moment de laisser les personnes les plus à même de faire tourner le CHU prendre les décisions qui les concernent, à savoir les soignants eux-mêmes !

L’Union européenne a dévoilé ses propositions pour accélérer les expulsions d’étrangers en situation irrégulière, en offrant en particulier un cadre légal à la création de centres pour migrants en dehors de ses frontières. Baptisés « hubs de retour », ces centres de rétention, ou plutôt de détention, permettraient aux 27 États membres d’y envoyer des personnes dont la demande d’asile aurait été rejetée et faisant face à une obligation de quitter le territoire. Et elles pourraient y croupir indéfiniment. La Commission affirme que tout cela se fera « dans le respect du droit international ». De l’enfumage. Car il y a bien longtemps que les droits des migrants sont foulés au pied et que ces derniers ne sont pas mieux considérés que des déchets dont on doit se débarrasser.

Depuis le 1er janvier, et pour des questions de préservation de l’environnement, les couverts et la vaisselle en plastique pour la restauration collective sont officiellement bannis des cantines scolaires et universitaires. Mais, face aux pressions de l’industrie pétrochimique, le gouvernement a annoncé un revirement. Désormais cette interdiction ne concernerait plus que les récipients susceptibles d’être chauffés. Une fleur aux industriels du plastique aux dépens de la santé publique. Une de plus…

Après Jean-Michel Aphatie, obligé de quitter RTL pour avoir dénoncé les crimes de l’armée française pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), c’est au tour de France Télévisions d’être prise dans la tourmente. Cette dernière a annoncé déprogrammer le documentaire Algérie, sections armes spéciales, initialement prévu sur France 5, le 16 mars, qui dénonçait l’usage des armes chimiques par la France contre le peuple algérien. Devant le tollé suscité par cette décision, la télévision publique s’est engagée à le re-programmer ultérieurement, sans préciser de date. À un moment où les relations entre Paris et Alger sont au plus bas, difficile de ne pas voir la patte du gouvernement dans cette censure.

La commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire, créée dans le sillage de l’affaire Bétharram, a indiqué vouloir entendre François Bayrou. Dans le même temps, Mediapart vient de publier de nouveaux documents accablants sur l’affaire. Ils montrent que, bien qu’informé des problèmes de maltraitance dont souffraient les élèves de cet établissement catholique, l’actuel Premier ministre a quand même engagé la collectivité qu’il présidait à l’époque, le département des Pyrénées-Atlantiques, à verser au moins un million de francs (soit plus de 230 000 euros actuels) de subventions publiques au profit de l’établissement entre 1995 et 1999. Difficile dans ces conditions de continuer d’affirmer qu’il n’était au courant de rien.