Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a rendu public le bilan des ventes d’armes tricolores en 2024. Et il ne tarit pas d’éloges parlant d’ « une performance exceptionnelle » et de « la deuxième meilleure année de notre histoire ». Avec un total de 18 milliards d’euros, les industriels de l’armement ont réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires plus de deux fois supérieur à celui de 2023. Cocorico ! Quant aux peuples contre lesquels on utilise ces armes, on ne leur a pas demandé de manifester leur enthousiasme et d’applaudir.

Alors que les inscriptions sur Parcoursup viennent d’ouvrir, Philippe Baptiste, le nouveau ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a promis de s’attaquer aux formations frauduleuses qui seraient des arnaques. Par exemple, des formations privées ayant des pratiques commerciales trompeuses, comme celles qui refusent de rembourser les frais d’inscription lorsqu’un candidat accepte finalement une autre proposition, ou les cursus qui préparent à des diplômes sans valeur, non reconnus par l’État. Mais il s’est voulu rassurant : il n’y en aurait en tout et pour tout qu’une quinzaine sur les 24 000 formations disponibles. Sauf que ce n’est pas la question de fond. Le vrai problème avec Parcoursup est que les algorithmes mis en œuvre pour sélectionner les candidats sont souvent discriminatoires et que des centaines de milliers d’étudiants se voient refuser toutes leurs demandes, restent sur le carreau ou optent pour des formations au rabais. Parcoursup est un instrument de discrimination qui sert à faire du tri social et qu’il est grand temps de supprimer.

Le Collectif Handicaps a fait un état des lieux pour les personnes en situation de handicap, vingt ans après le vote d’une loi, en février 2005, censée leur garantir l’égalité. Loin de tenir ses promesses d’inclusion et d’accessibilité, la loi demeure largement ignorée et inappliquée. Logements, éducation, services publics, emploi, dans tous ces domaines, leur accès aux droits fondamentaux est entravée, ce qui marginalise les 12 millions de personnes porteuses de handicap. Quelques exemples : sur les deux millions d’établissements recevant du public, seuls 900 000 sont conformes aux normes. Dans les transports, à peine plus de la moitié des stations ferrées sont accessibles en Île-de-France, et seulement un quart dans Paris intra-muros. Sur les lignes interurbaines, « 75 % des arrêts routiers restent à aménager ». En plus, une personne en situation de handicap sur deux peine à accéder à un logement. Enfin, aujourd’hui encore, la moitié des personnes handicapées vivent avec moins de 1 512 euros par mois, « soit 300 euros de moins que les personnes valides », et reste deux fois plus exposée au chômage que le reste de la population. La promesse de Macron, lors de sa campagne présidentielle de 2017, de faire de cette question une priorité a fait long feu.

Plusieurs dizaines de milliers de particuliers et au moins 1 500 communes ont vu leurs contrats d’assurance unilatéralement résiliés au motif que, du fait des catastrophes naturelles (incendies, vents violents, avalanches, inondations, etc.), il n’était plus rentable de les assurer. Parfois on leur proposait un nouveau contrat mais à des prix prohibitifs. C’est ainsi que Poitiers (Vienne) a vu son contrat passer de 163 000 à 540 000 euros par an et celui de Vesoul (Haute-Saône) a grimpé de 100 000 à 300 000 euros. Et si parfois les particuliers peuvent s’en tirer en jouant sur la concurrence entre de nombreux assureurs, c’est beaucoup plus difficile pour les communes qui ont en face d’elles deux mastodontes, la Société mutuelle d’assurance des collectivités locales, une filiale de la Maif et Groupama. Toutes deux sont assises sur des milliards d’euros de profit mais n’entendent pas écorner leurs bénéfices. Alors ils pressurent les assurés jusqu’à l’os ou les laissent le bec dans l’eau.

Selon une enquête du journaliste David Cronin, parue sur le site anglophone Electronic Intifada, la Banque européenne d’investissements (BEI), une institution officielle de l’Union européenne, a accordé des prêts totalisant près de 800 millions d’euros à l’État sioniste depuis le début de la guerre de Gaza en octobre 2023. Basée au Luxembourg, la BEI collabore étroitement avec la banque israélienne Leumi qui soutient depuis longtemps la construction et l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. En violant une bonne douzaine de résolutions de l’ONU sur lesquelles l’Union européenne s’assied sans état d’âme.

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a définitivement adopté la prolongation jusqu’à fin 2026 de la dérogation qui permet d’utiliser les tickets restaurant pour acheter des produits alimentaires à préparer, comme le riz, l’huile ou la farine et plus seulement de produits directement consommables comme des sandwiches ou des salades. C’est surtout les restaurateurs qui avaient bataillé pour restreindre l’utilisation des tickets restaurant. Une dérogation bien accueillie par les salariés, utilisateurs des tickets pour faire leurs courses, mais qui a été obtenue d’autant plus facilement qu’elle ne coûte rien ni à l’État, ni aux patrons.

Entre le 16 janvier et le 18 mars les agents de l’Insee vont se livrer au recensement de la population. À côté des questions habituelles portant sur l’état civil des personnes concernées, leur situation familiale et professionnelle, ou leur logement, en apparait cette année une nouvelle. Il va en effet pouvoir être demandé aux citoyens français de communiquer le pays de naissance de leurs parents. Officiellement le but de cette question (dont la réponse est facultative) est de « pouvoir mieux connaître la situation des personnes d’origine immigrée et notamment leur exposition aux discriminations qui peuvent se produire dans beaucoup de domaines de la vie sociale » a expliqué à France Inter Patrick Simon, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques. Noble intention. Sauf que, dans une période de chasse aux migrants et aux familles d’immigrés, ce genre de renseignements pourra être utilisé pour accentuer les discriminations. C’est ce qu’a indiqué notamment la Ligue des droits de l’homme en déclarant : « Aucune politique publique ne justifie que l’origine immigrée de nos parents soit collectée dans notre bulletin individuel. Cette question présente beaucoup de dangers. » On ne lui fait pas dire.

Face à la grippe qui progresse à grands pas, le pays a basculé en situation épidémique. Ce qui a conduit 87 hôpitaux à déclencher le « plan blanc », dispositif d’urgence qui permet de déprogrammer certaines opérations ou de rappeler des agents en congé pour faire face à l’afflux des patients. Dans les jours qui viennent, d’autres établissements hospitaliers seront obligés de recourir à la même mesure. Conséquence de la situation dramatique du système de santé rogné jusqu’à l’os par les coupes budgétaires successives décidées par les gouvernements de droite et de gauche depuis des décennies.

Chaque année 49 000 décès sont imputables à l’alcool, qui est ainsi la seconde cause de mortalité dans le pays, pour un coût social qui avoisine les 100 milliards d’euros. Sa consommation multiplie les risques de cancers, d’accidents vasculaires cérébraux hémorragiques et de troubles du rythme cardiaque. Depuis 2020, en copiant ce qui se faisait au Royaume-Uni, des associations ont lancé la campagne d’un mois de janvier sans alcool, le « Dry January ». L’an dernier, 4,5 millions de personnes y ont participé. L’édition 2025 a reçu le soutien de plusieurs villes (Grenoble, Brest, Nantes, Toulouse et Paris) et de 52 associations dont Aides, la Ligue contre le cancer, SOS Addictions ou encore Assistance publique-Hôpitaux de Paris. De plus, une cinquantaine de médecins et d’addictologues ont demandé au ministère de la Santé de soutenir l’opération. Fin de non-recevoir. Officiellement parce que les pouvoirs publics préfèrent préconiser toute l’année la modération à l’abstinence. Par pure coïncidence, c’est exactement la position défendue par le puissant lobby des professionnels du secteur viti-vinicole avec lesquels le gouvernement ne veut pas se fâcher. Tout s’explique.