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Brèves

L’actualité en bref

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a annoncé que la Cinéscénie, le spectacle nocturne du parc vendéen du Puy-du-Fou, créé par le très droitier Philippe de Villiers, sera désormais accessible aux jeunes via le Pass Culture. C’est une mesure qui était demandée de longue date par le Rassemblement national et Les Républicains. Le parc à thème vendéen est connu pour ses spectacles réactionnaires, dont la teneur historique est contestée par tous les historiens sérieux. Normalement les parcs d’attraction ne sont pas éligibles au Pass Culture mais on fait une exception pour celui du royaliste vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon qui, ces dernières années, s’est montré un fidèle soutien de Macron et dont l’ancien bras droit, un certain Bruno Retailleau, est devenu ministre de l’Intérieur. Informé de la nouvelle, le président du parc, Nicolas de Villiers, (le fiston de l’autre) s’est écrié sur CNews : « Nous sommes heureux d’être considérés comme un haut lieu culturel français ». Pauvre culture !

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, avait attaqué en justice le quotidien Libération qui, après une enquête fouillée, avait mis en doute la réalité son travail d’assistant parlementaire au Parlement européen. Mal lui en a pris. Au cours de l’audience de la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, spécialisé dans les affaires de presse, preuves et témoignages se sont multipliés pour démontrer le sérieux de l’investigation et le fait que Bardella avait occupé un poste bidon tout en se faisant rémunérer par Bruxelles. Il a préféré ne pas venir au tribunal, sans doute pour échapper aux questions gênantes des magistrats et des avocats de la défense. La procureure a demandé la relaxe du journal. Et, si elle est suivie par la Cour, soyons sûr que Bardella dénoncera le laxisme de la justice.

Le projet de loi des Finances, adopté en commission mixte paritaire sénateurs-députés, maintient l’abaissement à 90 % (au lieu de 100 %) de l’indemnisation en cas d’arrêt maladie, le gel du point d’indice pour 2025, après une année blanche en 2024, et la suppression de la prime de garantie individuelle de pouvoir d’achat (Gipa), un filet de sécurité contre l’inflation. Les syndicats se sont dits « surpris » par ces annonces alors qu’à l’issue des réunions bilatérales organisées début janvier par leur nouveau ministre, Laurent Marcangeli, ils s’étaient dits « rassurés » par ses engagements à respecter le dialogue social. Comme quoi, une fois de plus, les bureaucrates syndicaux se sont faits trimballer. Seul point positif, si l’on peut dire : la concession du gouvernement d’abandonner les trois jours de carence en cas d’arrêt maladie est maintenue. Une concession arrachée au prix d’une mobilisation des fonctionnaires dans la rue en décembre dernier. La voie à suivre.

Le carnage continue dans un pays où une guerre civile oppose l’armée régulière aux groupes para-militaires des Forces de soutien rapide (FSR). Chaque camp, soutenu par nombre de pays voisins, cherche à mettre la main sur les richesses, notamment minières, du pays au détriment de la population qui paie les pots cassés. On compte depuis le début du conflit, en avril 2023, plusieurs dizaines de milliers de morts et 12 millions de déplacés. Dernier massacre en date : celui qui vient de se produire sur le marché d’Omdurman, proche de la capitale Khartoum, bombardé par les FSR, qui a fait au moins 54 morts et des centaines de blessés. Et pendant ce temps les grandes puissances laissent faire.

Alors que la chasse aux migrants lancée par Trump se poursuit, dans un sketch, vu près de 11 millions de fois sur Tik Tok, le comédien new-yorkais Demetrius Fields fait mine d’appeler l’Agence fédérale américaine de contrôle de l’immigration (ICE-Immigration and Custom Enforcement) pour dénoncer un « sale migrant ». L’homme, né en Afrique du Sud, est devenu citoyen américain en 2002 après, selon le Washington Post, avoir travaillé illégalement dans le pays dans les années 1990. Il s’agit bien sûr d’Elon Musk, proche collaborateur et chaud partisan de la politique migratoire du Président. Il a, parait-il, peu apprécié la plaisanterie. C’est en quelque sorte l’arroseur arrosé.

 

C’est l’association AC Anti-Corruption qui l’a révélé. Le groupe suisse Nestlé Waters, qui exploite plusieurs sources d’eau minérale notamment dans la région vosgienne, sera jugé en mai devant le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir stocké illégalement dans des décharges sauvages, entre 2021 et 2024, des déchets sous forme de « bouteilles d’eau, de verre et de polymères » pour un volume total de 346 000 mètres cubes à Contrexéville  (soit le volume de 92 piscines olympiques), et de 27 000 mètres cubes à Saint-Ouen-lès-Parey. La multinationale avait déjà été impliquée dans un scandale de mise en bouteilles d’eau naturelle qui ne l’était plus vraiment après avoir subi quelques manipulations avant l’embouteillage. Mais Nestlé Waters continue de plus belle, les amendes qu’elle devra payer écorneront à peine sa fabuleuse trésorerie.

Selon une étude que vient de publier la Direction générale des finances publiques, en vingt ans le revenu annuel des 0,1 % les plus riches a plus que doublé progressant de 119 %. Il s’agit des 40 700 ménages qui en 2022 avaient déclaré un revenu annuel supérieur à au moins 463 000 euros. Le revenu des ultra-riches a augmenté de 3 % par an hors inflation, alors que celui des autres contribuables progressait de 0,5 %, soit 6 fois moins. Leur richesse provient avant tout des dividendes et des plus-values tirés des capitaux dont ils sont propriétaires (47 %), des bénéfices des entreprises qu’ils détiennent (10,5 %) et de leur patrimoine foncier (3 %). Pour le reste de la population les traitements et salaires représentent 63 % des revenus. Enfin, un bonheur n’arrivant jamais seul, en vingt ans, ces 0,1 % les plus riches ont vu leur taux d’imposition moyen baissé de 29,3 % à 25,7 % alors qu’il s’alourdissait pour les 50 % des contribuables les plus pauvres. Bref sous les gouvernements de gauche comme de droite, que l’économie progresse ou stagne, les plus riches tirent toujours leur épingle du jeu et continuent de s’en mettre plein les poches.

Une information judiciaire pour faux témoignage a été ouverte à la Cour de justice de la République à l’encontre de la ministre déléguée chargée de l’égalité hommes/femmes, Aurore Bergé, dans l’affaire du scandale des crèches privées. Une affaire révélée en septembre 2024 par le journaliste Victor Castanet dans son livre Les Ogres. Il dénonçait certaines crèches qui faisaient du fric sur le dos des parents, des bébés et de la Sécurité sociale, mais aussi la proximité de Bergé avec une lobbyiste de la Fédération française des entreprises de crèches. Bergé, qui avait été ministre de la famille, avait nié tout lien avant d’être confondue par de nombreuses preuves. Encore une ministre qui traîne des casseroles. Une de plus…

Plus de quatre ans après les faits, le parquet de Paris a requis un procès devant la cour criminelle départementale pour trois policiers impliqués dans l’agression raciste de Michel Zecler, un producteur de musique d’origine martiniquaise, qui avaient ensuite rédigé un faux procès-verbal pour la cacher. Les faits s’étaient produits le 21 novembre 2020 dans le XVIIe arrondissement. Le malheureux avait été roué de coups dans l’entrée de son local, le tout assorti d’injures racistes. Une caméra de surveillance avait filmé la scène. Un quatrième policier mis en cause sera jugé par un tribunal correctionnel. Une nouvelle qui, n’en doutons pas, va attrister le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à l’époque ministre de l’Intérieur, qui avait déclaré : « Quand j’entends le mot ‘violence policière’, moi, personnellement, je m’étouffe ». Reste à espérer que cette fois il va suffoquer pour de bon.