L’Humanité a eu la bonne idée de consacrer un article aux « visas dorés » (golden visas) qui permettent aux très riches d’obtenir sans problème des titres d’entrée et de séjour sur le Vieux Continent alors même que les pays de l’Union européenne se barricadent contre les migrants et rendent de plus en plus difficile la régularisation d’hommes et de femmes qui travaillent dur dans des métiers souvent mal payés. C’est en 2014 qu’a été lancé ce dispositif, qui permet de se voir accorder un titre de séjour, voire la citoyenneté, en échange d’un investissement immobilier consistant, de l’achat d’obligations d’État ou de la création d’entreprises. Une brèche dans laquelle se sont engouffrés des hommes d’affaires russes, chinois, indiens, nigérians ou philippins qui souhaitaient bénéficier d’un second passeport et voyager plus aisément. Un de leurs pays de prédilection, la Grèce, a porté en mars dernier le seuil d’investissement nécessaire pour obtenir un tel visa de 260 000 à 800 000 euros. Pour les plus riches, les frontières ne sont pas un problème. Elles ne sont là que pour repousser les damnés de la terre.