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Brèves

L’actualité en bref

Selon des journalistes sur place, près de trois semaines après le passage du cyclone, les bidonvilles – où vit le tiers de la population locale – réapparaissent déjà, notamment dans le quartier de cases de Cavani Sud, s’étalant sur des kilomètres à flanc de colline. Par manque de matériaux solides pour pouvoir édifier un toit dans l’urgence, le système D est poussé à son paroxysme, rendant encore plus précaires et dangereuses ces habitations. On récupère des tôles défoncées ou abimées, des troncs d’arbres, des pierres, etc. C’est dans ce contexte que la préfecture a décidé de réserver l’achat de tôles aux professionnels et aux particuliers uniquement sur « présentation d’un justificatif d’identité et d’un justificatif de domicile ». Le tout pour mettre des bâtons dans les roues aux sans-papiers et aux migrants clandestins désireux de reconstruire des abris… sans pour autant leur proposer d’autres solutions d’hébergement. La lutte contre les bidonvilles promise par Bayrou se résume surtout à la lutte contre les plus précaires et les plus faibles.

Elle s’appelait Isabelle Mortaigne et avait 51 ans. Son corps a été retrouvé à son domicile couvert d’ecchymoses. Son conjoint, qui avait appelé les secours en expliquant « avoir fait une bêtise », a été placé en garde à vue. Dans un communiqué transmis à la presse, le parquet de Valenciennes a cru bon d’indiquer que le coupable présumé « soupçonnait sa femme d’adultère ». Une sorte d’excuse. Ce qui a fait réagir, à juste raison, sur France Inter, Aurore Bergé, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Même si cette ministre avait menacé, en mars 2024, de supprimer les subventions aux associations féministes dont les positions politiques ne lui convenaient pas, elle a dit pour une fois des choses justes sur ce féminicide : « On n’interroge jamais le passé de la victime. Peu importe ce qu’elle ait fait ou ce qu’elle n’ait pas fait, ce qui compte c’est qu’elle a été assassinée, ce qui compte c’est de comprendre comment ça a été rendu possible dans notre société… Donc, peu importe son passé, peu importe son présent, ce qui compte, c’est l’auteur. » Une vérité que nombre de magistrats n’ont pas encore intégrée lorsque la victime est une femme. En 2024, au minimum 91 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une tous les quatre jours.

Après avoir apporté ouvertement son appui au parti anti-migrants d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), le milliardaire Elon Musk, compère de Donald Trump, a décidé cette fois de voler au secours des fascisants de Grande-Bretagne. Il s’en est d’abord pris au gouvernement travailliste de Keir Starmer, qu’il accuse de réprimer trop durement les émeutiers anti-migrants et de diriger « un État policier tyrannique ». Dans la foulée, il a réclamé la libération de Tommy Robinson, militant d’extrême droite condamné à de multiples reprises pour ses proclamations racistes et sa violence contre les migrants. De plus, il ne cache pas ses accointances avec le parti anti-immigration Reform UK, dont il a récemment rencontré en Floride le chef, Nigel Farage. Enfin il juge qu’une « guerre civile » est « inévitable » entre migrants et autochtones. Il utilise ainsi sa notoriété et sa fortune pour booster les préjugés racistes les plus abjects dans les médias mais aussi sur les réseaux sociaux, notamment X qui lui appartient. Une crapule capitaliste de bas étage.

27 corps de migrants ont été repêchés et 83 autres secourus après le naufrage de deux bateaux au large des côtes tunisiennes dans une tentative de rallier clandestinement l’Europe. Quelque 110 migrants se trouvaient à bord des deux embarcations : 83 ont pu être secourus par les garde-côtes tunisiens. Venus pour la plupart d’Afrique subsaharienne, ils ont fait naufrage à environ 5 kilomètres des îles tunisiennes de Kerkennah. « Parmi les 27 corps repêchés figurent des femmes et des enfants », a précisé Zied Sdiri, le directeur régional de Protection civile à Sfax (Tunisie). Un début d’année tragique pour les migrants qui perdent la vie par milliers à la recherche d’une vie meilleure.

Les livraisons de gaz russe à l’Europe via l’Ukraine ont cessé le 1er janvier. Cet arrêt est simplement dû à l’expiration d’un contrat signé en 2019 et qui vient d’arriver à son terme. Ce qui signifie, a contrario, que pendant les trois ans de guerre entre les deux pays, les affaires ont continué comme si de rien n’était. En 2023, environ 14,65 milliards de mètres cubes de gaz russe avaient transité par le territoire ukrainien, générant des revenus significatifs pour les deux camps : 800 millions d’euros pour l’Ukraine et 5 milliards pour Gazprom, le géant russe du secteur. Alors que le bilan humain de la guerre russo-ukrainienne s’élève, selon des estimations, à un million de morts ou de blessés depuis le début du conflit en février 2022, il était difficile de reconduire l’accord. Mais, pendant trois ans, les capitalistes des deux camps ont continué leurs affaires. Comme si de rien n’était…

Gérald Darmanin, le nouveau garde des Sceaux, a choisi Marseille pour son premier déplacement, dix jours après sa nomination. Il a, bien sûr, multiplié les déclarations sécuritaires auxquelles il nous a habitués. Mais, face à des magistrats locaux, il a déploré un « manque de moyens très important » de la justice et a poursuivi : « Il y a en France un problème très important de budget de la justice, qui n’est que 2 % du budget de l’État. Nous avons une difficulté très forte de la justice à répondre aux audiences. » Darmanin a été membre de différents gouvernements qui ont, dans un passé récent, procédé à des coupes claires dans les budgets de plusieurs secteurs… dont celui de la justice. Faire semblant de s’en apercevoir aujourd’hui est un peu gros. Mais comme pourrait le dire le dicton : « Plus c’est gros, plus c’est Darmanin. »

Depuis le 1er janvier les logements les plus énergivores, classés en catégorie G, sont considérés comme « indécents » et ne peuvent plus être mis en location. Ils seraient au nombre d’un demi-million. Cela résulte de la loi « Climat et résilience », adoptée en 2021, et qui a pour but d’améliorer la performance énergétique des locaux d’habitation. La loi oblige le propriétaire à fournir au locataire un logement décent. Si ce n’est pas le cas, ce dernier peut réclamer des travaux au propriétaire, saisir un juge si nécessaire pour faire plier le bailleur et obtenir une réduction de loyer ou la suspension de son paiement en attendant les travaux. Mais, le capitalisme étant ce qu’il est, nombre de propriétaires préfèrent laisser ces logements vacants ou les vendre plutôt qu’effectuer les travaux nécessaires. La loi risque donc d’avoir comme effet une diminution de logements modestes sur le marché et une augmentation du prix du loyer. Pour résoudre la question il faudrait arracher le logement au secteur privé et en faire un social commun, ouvert à tous et à toutes, et contrôlé par des comités de locataires.

Le chef suprême des talibans a pris un arrêté stipulant qu’en cas de construction d’un nouveau bâtiment, ce dernier devra être dépourvu de fenêtres par lesquelles il est possible de voir de près « la cour, la cuisine, le puits des voisins et les autres endroits habituellement utilisés par des femmes ». Et ce afin d’éviter des actes conduisant à de « l’obscénité ». Dans le cas où de telles ouvertures avec vis-à-vis existent déjà, les propriétaires sont invités à construire un mur ou à obstruer la vue. Et, bien entendu, les femmes ont interdiction de se montrer aux fenêtres. Un pas supplémentaire dans l’invisibilisation des Afghanes qui ne peuvent plus étudier au-delà du primaire, aller dans les parcs, les salles de sports, les salons de beauté, conduire une voiture ni quasiment sortir de chez elles sans chaperon. De plus une loi récente leur interdit de chanter ou de déclamer de la poésie. Bref, ce régime barbare leur interdit de vivre.

Shatha Al-Sabbagh, une journaliste palestinienne de 21 ans, a été abattue d’une balle dans la tête près de son domicile, situé dans le camp de réfugiés de Jénine. Sa famille a pointé du doigt la responsabilité dans ce décès des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne qui se trouvaient sur place. Cette dernière nie toute implication en imputant sa mort à « des hors-la-loi ». Depuis le début décembre l’Autorité, qui collabore de longue date avec l’occupant sioniste, réprime brutalement les groupes armés anti-israéliens à Jénine et dans d’autres régions de Cisjordanie occupée. Elle cherche ainsi à renforcer son emprise sur la région et à prouver à Israël et à ses alliés occidentaux sa capacité à gouverner et à assurer la sécurité intérieure dans la bande de Gaza après la guerre. Une offre de service payée avec le sang de son propre peuple.