Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Depuis dix ans, le nombre de décès au travail ne cesse d’augmenter, selon le rapport annuel de la Caisse nationale de l’assurance maladie. Les secteurs du BTP et des transports sont les plus touchés. En 2023, 759 personnes sont mortes à la suite d’un accident du travail. C’est 21 de plus qu’en 2022, année qui avait pourtant déjà marqué un record. Il faut y ajouter les 332 décès survenus après un accident de trajet (entre le domicile et le lieu de travail) et les 196 après une maladie professionnelle. Ce qui porte le total à 1 287 décès. Et encore ces chiffres sont largement sous-estimés, car ils ne concernent que les salariés affiliés au régime général, et excluent la fonction publique, les agriculteurs, les chefs d’entreprise et les micro-entrepreneurs. En réalité, ce sont sans doute plusieurs milliers de personnes qui chaque année perdent la vie en tentant d’aller la gagner.

Dix fabricants d’électroménager et deux distributeurs (dont Hoover, Electrolux, Whirlpool, SEB, Miele, Darty, Boulanger, etc.) ont été condamnés à un total de 611 millions d’euros d’amendes pour s’être entendus pour maintenir des prix à la vente artificiellement hauts aux dépens des consommateurs. La constitution de cartels est une pratique courante parmi les groupes capitalistes qui l’utilise pour maximaliser leurs profits. Et une telle condamnation ne les empêchera nullement de continuer leurs pratiques, dans l’électroménager, l’alimentation, le bâtiment ou ailleurs.

Le barreau de Lyon a indiqué avoir ouvert une enquête « déontologique » suite aux propos insultants adressées à des femmes venues soutenir Gisèle Pélicot par Me Christophe Bruschi, l’avocat d’un des violeurs. Face à la foule regroupée devant le palais de justice d’Avignon, qui protestait contre la légèreté des peines qui avaient frappé certains des accusés, Bruschi avait lancé sous les huées : « J’ai un message de la part de mon client pour toutes les hystériques, toutes les mal embouchées… Le message, c’est merde ! Avec le sourire… » Il poursuivait ainsi sur la lancée de sa plaidoirie où il avait tenté de dédouaner son client en minimisant son rôle et en accusant la justice de s’être laissée dévoyer… par les féministes. Preuve que l’on peut porter la robe tout en étant imbibé de préjugés misogynes.

Bayrou est toujours à la recherche de ses futurs ministres. Ce qui ne l’a pas empêché, sous prétexte d’expédier les « affaires courantes », de signer à la veille du week-end un arrêté gouvernemental définissant les nouvelles règles de l’assurance chômage, qui entreront en vigueur au 1er avril 2025. Selon la CGT, du fait de leur application, d’une part, ce sont 15 000 personnes par mois en moyenne qui sortiront de l’indemnisation en atteignant plus tôt la fin de droits sans avoir retrouvé de travail. Et en augmentant l’âge auquel un travailleur près de la retraite bénéficie d’un prolongement de l’indemnité chômage, ce seront 34 000 chômeurs âgés de plus qui basculeront dans les minima sociaux ou l’absence de revenus. Car absence de gouvernement ne signifie jamais absence d’attaques contre la classe ouvrière.

La cour d’appel de Paris, qui devait se prononcer sur la libération du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, a décidé de reporter sa décision au 20 février prochain. Elle veut, parait-il, se donner, du temps pour examiner le recours du parquet anti-terroriste contre son élargissement. Pour rappel, Georges Ibrahim Abdallah, âgé aujourd’hui de 73 ans, est libérable depuis 25 ans. Il a passé quarante ans derrière les barreaux et a vu onze demandes de remise en liberté refusées. La mobilisation pour obtenir sa libération doit se poursuivre.

Un nouveau raid israélien a tué vendredi sept Palestiniens dans un appartement du camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Selon le ministère de la Santé, cela porte à 45 206 tués et 107 512 blessés le nombre de victimes depuis le début de la guerre il y a 14 mois. Le génocide continue avec la complicité, active ou passive, de la plupart des pays occidentaux.

EDF a annoncé que son EPR vient d’être raccordé au réseau d’électricité. Le démarrage de ce réacteur nucléaire de nouvelle génération – supposé être un « fleuron » de la technologie française – accuse douze ans de retard sur le calendrier initial, dû à de nombreuses contrefaçons et autres déboires techniques qui ont fait exploser la facture. Elle est désormais estimée à 13,2 milliards d’euros, soit quatre fois le devis initial de 3,3 milliards. Toutes les boites du BTP et autres qui se sont enrichies dans l’affaire disent merci aux contribuables. Le réacteur devrait tourner à plein régime à la mi-2025 avant… d’être mis à l’arrêt en 2026 pour révision, mais aussi pour changer le couvercle de la cuve qui n’est pas conforme au niveau de qualité attendu. La saga continue…

Après la publicité monstre dont avaient bénéficié cet été les Jeux olympiques et paralympiques, on nous annonçait, à l’approche de Noël, un livre de souvenirs « officiel » pour immortaliser l’évènement. Il vient de sortir. Et là, en parcourant l’ouvrage de 320 pages, on découvre que pas une ligne et pas une photo ne sont consacrées au handisport, ni aux performances des athlètes paralympiques. Interrogé à ce sujet, Tony Estanguet, le patron du comité d’organisation de Paris 2024, a botté en touche en affirmant que « le comité d’organisation ne s’en est pas du tout occupé » et en renvoyant la responsabilité à la maison d’éditions qui explique, sans rire, que les épreuves paralympiques se sont déroulées trop tard pour être incluses dans l’ouvrage. « Moi j’appelle ça un bras d’honneur ! » s’est ainsi indigné sur France Bleu Julien Michaud, médaillé de bronze en para tennis de table. Un sentiment partagé dans la presse par nombre d’autres athlètes en fauteuil et qui montre que le handicap fait toujours l’objet d’une réelle discrimination.

Dans l’enquête du Monde sur Macron, on apprend qu’il aurait dit : « Le problème des urgences, c’est que c’est rempli de Mamadou. » Mais il ne s’est pas arrêté là. Le journal affirme qu’il aurait également qualifié Matignon, quand Gabriel Attal était Premier ministre, de « cage aux folles », et traité Lucie Castets et Marine Tondelier de « cocottes ». Raciste, sexiste et homophobe ! Voilà qui caractérise bien le personnage… et la société bourgeoise qu’il défend.