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Brèves

L’actualité en bref

Le procès de Nicolas Sarkozy et de douze autres de ses comparses, accusés de corruption et de financement illégal d’une campagne électorale liée au versement d’argent par la Libye pour soutenir sa candidature à l’élection présidentielle de 2007, se poursuit. Les accusés ont tout nié, malgré un dossier d’instruction fort de plusieurs milliers de pages. Nicolas Sarkozy a dénoncé « un complot », Brice Hortefeux a estimé « qu’il n’y avait rien » dans le dossier, et Claude Guéant que « le pacte corruptif n’avait jamais existé ». Mais où sont donc passés les dizaines de millions d’euros versés par Kadhafi ? Personne n’en sait plus rien. L’ancien président de la République, déjà condamné à trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique, dans l’affaire des écoutes téléphoniques (dite affaire Bismuth) encourt dix ans de prison et 375 000 euros d’amende. Ce genre de démêlés judiciaires lève un voile sur la corruption qui gangrène le monde politique, jusqu’au sommet de l’État.

Le 21 novembre, Nantes a été frappée par la tempête Caetano. Au lycée polyvalent Monge-La Chauvinière, des tuiles ont été arrachées du toit de l’internat. L’eau s’est infiltrée et, après une semaine, l’étage dédié aux filles a été fermé pour insalubrité. Les élèves ont été relogées à l’étage du dessous et il a alors fallu déplacer les garçons. Une vingtaine a dû changer de lycée en urgence, les autres sont entassés dans les dernières chambres disponibles d’un étage garçon dès lors en sureffectif. Les lycéens et lycéennes, majoritairement en voie professionnelle, se retrouvent dans l’incertitude pour la suite de l’année, abandonnés à leur sort. Les travailleurs et travailleuses précaires du lycée sont également sans nouvelles du renouvellement de leur contrat. Seule la région, en charge des lycées, pourrait résoudre la situation. Mais dans les Pays-de-la-Loire, la droitière présidente du conseil régional vient juste de faire voter 82 millions d’euros de coupe dans le budget. Alors, élèves et personnel du lycée Monge-La-Chauvinière attendront…

À l’issue d’une vacance de plus de deux ans, le Parlement libanais a élu au second tour le nouveau président du pays, Joseph Aoun. En vertu du système confessionnel de partage du pouvoir en vigueur dans le pays, la présidence est réservée à un chrétien maronite. Petit problème : la Constitution interdit l’élection de hauts fonctionnaires en poste ou ayant exercé leur fonction au cours des deux dernières années. Aoun n’était donc pas éligible. Les députés sont passés outre. Il faut dire qu’ils étaient sous la pression conjointe des parrains du Liban que sont les États-Unis et l’Arabie saoudite qui avaient fait officiellement d’Aoun leur candidat. Les parlementaires se sont donc exécutés. Les députés du Hezbollah, très affaibli par l’offensive israélienne, se sont abstenus au premier tour de scrutin avant de se rallier à Aoun au second. Quant à l’impérialisme français il a fait, comme d’habitude, de la figuration.

À quelques jours de sa prise de fonction, Donald Trump a multiplié les déclarations tonitruantes en prônant, par exemple, l’incorporation du Canada aux États-Unis, l’annexion du Groenland, la reprise en main du canal de Panama, voire la transformation du golfe du Mexique en golfe de l’Amérique. Les provocations sont, bien sûr, la marque de fabrique du personnage, mais il est remarquable que la plupart des dirigeants occidentaux les ont passées sous silence, ou minimisées. Londres ne croit pas qu’il les mettra en pratique, le Danemark réaffirme sa proximité avec Washington et le Premier ministre canadien démissionnaire, Julien Trudeau, est venu discuter amicalement avec Trump dans sa résidence privée. Le contraste est frappant avec les réactions que provoquent dans ces capitales occidentales les déclarations de Poutine sur l’appartenance de l’Ukraine « au monde russe » ou celles de Xi Jinping affirmant vouloir ramener Taïwan dans le giron de la Chine. Là, nos dirigeants hurlent à la violation du droit international, des droits démocratiques et au non-respect des frontières, voire dénoncent les impérialismes russe ou chinois. Ce deux poids, deux mesures s’explique aisément : qu’ils l’apprécient ou pas, Trump est le futur dirigeant du camp impérialiste. En un mot, c’est lui le patron !

Il y a deux semaines le Dr Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, à Gaza, était kidnappé par l’occupant, battu et torturé, selon les témoignages de rescapés palestiniens. Depuis, on est sans nouvelle de lui pas plus que d’un autre médecin, le Dr Ahmed Muhanna, directeur de l’hôpital gazoui Al-Awda, enlevé par Israël il y a 354 jours ! Ces derniers mois, de New York au Cap, en passant par Tokyo, Stockholm, Londres et Séoul, les manifestations se sont multipliées pour réclamer la fin du génocide et des assassinats de soignants par Israël. En solidarité avec les médecins et le personnel médical de Gaza, mais aussi avec l’ensemble de la population palestinienne, une manifestation aura lieu à Paris samedi 11 janvier. Départ à 14 h 30 de la place de la Bastille.

L’agent immobilier et présentateur sur la chaine de télévision M6, Stéphane Plaza, est jugé par le tribunal judiciaire de Paris, pour « violences habituelles sur conjoint » sur deux anciennes compagnes. D’entrée de jeu, l’avocat de la défense s’en est pris aux deux plaignantes « qui ont certainement souffert d’une rupture amoureuse » et qui sont responsables, à ses yeux, d’avoir voulu « la destruction de monsieur Plaza », laissant « un petit champ de ruines ». L’avocat a également contesté le chef d’accusation de « violences habituelles » retenu par le parquet. « Parler de quatre, cinq faits en plusieurs années de relations… J’aurais divorcé de ma femme il y a longtemps si j’avais dû être poursuivi à chaque fois que je m’énerve un peu », s’est-il permis d’affirmer devant le tribunal. Bref pour lui quatre ou cinq avoinées infligées par son client à ses compagnes ne justifiaient pas un procès, ou plutôt « un tsunami médiatique ». Encore un qui n’a jamais entendu parler de #MeToo.

Le Crédit agricole a lancé une campagne de communication sous forme de vidéos destinées à verdir son image. Le troisième plus grand groupe bancaire européen promet de « mettre la pression » sur ses clients pour « préserver l’avenir de la planète ». La réalité est un peu moins reluisante. Une enquête de France 24, en partenariat avec Disclose, Radio France internationale et le Pulitzer Center révèle que la banque détient 240 millions d’euros d’actions et d’obligations dans l’entreprise pétrogazière espagnole Repsol qui pollue la planète sur tous les continents et plus particulièrement en Amazonie péruvienne où elle exploite un immense gisement gazier. Un autre groupe bancaire, la Banque Populaire-Caisse d’Épargne, a participé, en septembre dernier, à une levée de fonds de près d’un milliard de dollars (971 millions d’euros) pour le compte de Repsol. En résume les banques font des campagnes d’écoblanchiment mais s’en mettent plein les poches en polluant la planète.

Après la baisse de 40 millions du réseau national des missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes prévue dans le projet de loi de finances 2025, les 28 missions locales de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se voient imposer une baisse de budget de 30 %. C’est inacceptable. Cerise sur le gâteau : la région retire aussi leurs subventions aux chantiers d’insertion qui pourtant s’adressent aux personnes en grande précarité. Tout ça pour donner 2,5 millions d’euros pour les JO d’hiver de 2030 !

Jeudi 9 janvier, une première journée de grève a été suivie par environ 10 % des salariés. Plus d’une centaine de grévistes se sont rassemblés devant l’hôtel de région à l’appel de la CGT. Une délégation a été reçue : selon le président de la région Paca, les missions locales ont la capacité d’absorber cette baisse et elles peuvent toujours répondre à des appels à projet… Une prochaine action intersyndicale en lien avec les jeunes est en discussion.

Au moins 901 personnes auraient été exécutées dans le pays en 2024, dont une quarantaine en une seule semaine en décembre, a déploré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk. Leur nombre était de 852 en 2023. La plupart des exécutions ont concerné des infractions liées à la drogue, mais des dissidents et des personnes ayant participé aux manifestations de 2022-2023 ont également été mis à mort. Un régime barbare dans toute son horreur.