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Brèves

L’actualité en bref

L’autobiographie de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, sortira en librairie le 9 novembre. Mais, avant même sa parution, Bardella crie à la censure et affirme que certains veulent « bâillonner sa voix ». En cause la décision de Mediatransports, la régie publicitaire de la SNCF, de faire machine arrière et de ne pas afficher de publicité pour l’ouvrage dans les principales gares du pays. L’annonce de cette campagne publicitaire avait provoqué une levée de boucliers parmi les syndicats de cheminots. Ainsi, SUD-Rail avait estimé que la SNCF ne devait pas « participer à la promotion du président d’un parti reconnu et condamné pour des propos racistes ». Et de rappeler qu’au nom de « la neutralité » Mediatransports avait refusé en janvier dernier une campagne promotionnelle du spectacle de l’humoriste Waly Dia, classé à gauche, en raison « du caractère politique incompatible avec le devoir de neutralité qui s’impose dans les transports publics ». Cela dit, l’ouvrage de Bardella, publié chez Fayard, éditeur qui appartient à Vincent Bolloré, va bénéficier d’une campagne publicitaire XXL dans tous les médias du groupe du milliardaire breton d’extrême droite : sur les chaines de télévision (Canal Plus, CNews et C8), dans la presse écrite (Le Journal du dimanche, Paris Match, Géo, Voici, Ça m’intéresse, Capital, Femme actuelle), voire à la radio (Europe 1). On a connu des censures plus rigoureuses et des bâillons plus hermétiques !

Le gouvernement vient de dégainer une nouvelle attaque pour grappiller quelques centaines de millions : passer d’un à trois le nombre de jours de congés maladie non pris en charge par la Sécu pour les fonctionnaires et baisser à 90 % la rémunération dudit congé quand il se prolonge ! D’après les mensonges gouvernementaux, les fonctionnaires abuseraient des congés maladie. Et puis, cela permettrait plus d’équité, nous dit-on, avec les salariés du privé qui ont déjà les trois jours de carence ! Sauf que, dans les grosses entreprises, ces jours sont le plus souvent compensés par l’employeur.

La gauche et les syndicats sont vent debout contre cette proposition bien dégueulasse et ils ont raison. La gauche va proposer des amendements… qui ne passeront pas. Car ce n’est pas sur le terrain institutionnel qu’on peut contrer ces attaques : il faudra rendre les coups, dans les grèves et dans la rue.

Odair Moniz, un Portugais originaire du Cap-Vert (ex-colonie du Portugal) a été tué de deux balles dans une banlieue pauvre suite à une interpellation routière le lundi 21 octobre. Des émeutes dans des quartiers populaires ont émaillé toute la semaine dernière. Samedi 26 octobre, plusieurs milliers de manifestants ont dénoncé le racisme dans la police. Celle-ci présente des versions contradictoires des faits, elle s’est d’ailleurs illustrée ces dernières années par des mensonges qui ont valu la condamnation (sans beaucoup de suites) de quelques policiers.

Le parti d’extrême droite, Chega, qui a investi un des syndicats de la police, y est allé de ses déclarations ignobles, se félicitant qu’il y ait un « bandit » de moins et soutenant que les policiers devaient être décorés. Chega a organisé une contre manif où n’étaient présents que quelques centaines de pousse-au-meurtre. Si là-bas ce sont les amalgames entre Cap-Verdiens et trafic de drogue, on retrouve partout les mêmes recettes pour stigmatiser les travailleurs issus de l’immigration, notamment quand ils sont victimes des violences policières.

C’est le Programme des Nations unies pour l’environnement qui le dit : les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 1,3 % en 2023. Ces gaz sont en grande partie responsables du réchauffement climatique qui entraîne nombre de désastres sur la planète (incendies monstres, inondations, tornades, etc.). Alors, de COP en COP, les États prennent des engagements qu’ils ne tiennent généralement pas. Et mènent la planète droit dans le mur. C’est la logique implacable du capitalisme.

Dans le cadre d’un voyage du roi Charles III dans le Pacifique, les pays membres du Commonwealth ont tenu un sommet aux îles Samoa. L’occasion pour nombre d’entre eux d’interpeller le monarque pour lui demander à la fois des excuses et des compensations financières en réparation des crimes, emprisonnements, spoliations, traite d’esclaves, confiscations de terres, etc. dont s’est rendue coupable la puissance coloniale pendant des décennies, voire des siècles. Sa gracieuse Majesté a botté en touche en déclarant simplement qu’« aucun d’entre nous ne peut changer le passé, mais nous pouvons nous engager… à en tirer les leçons ». Également du voyage, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a rejeté publiquement les demandes de réparations et ses collaborateurs ont exclu des excuses lors de ce sommet. Déjà, lors de l’abolition de l’esclavage l’Angleterre s’était contentée de compenser financièrement les propriétaires d’esclaves pour « perte de propriété », ne laissant rien aux anciens esclaves. La France fit de même dans son empire colonial. Il serait plus que temps que l’une et l’autre rendent des comptes pour leurs crimes à l’égard des ex-peuples coloniaux.

C’est le 26 octobre 2014 que l’écologiste Rémi Fraisse, 21 ans, était tué par un tir offensif de grenade de la gendarmerie alors qu’il participait à une manifestation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn. Ce n’était pas la première fois (et malheureusement pas la dernière) qu’un militant politique décédait, victime de la violence des forces de l’ordre. Mais il faut noter que ce meurtre se produisait sous le quinquennat de François Hollande et qu’on vit plusieurs membres du gouvernement « socialiste », dont le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, se succéder sur les plateaux télé et dans les studios de radio pour condamner « la violence »… des manifestants. Même les dirigeants d’Europe Écologie-Les Verts ne défendirent les manifestants qu’avec réticence. Et il est bon de s’en souvenir lorsque les mêmes, avec les habits neufs du Nouveau Front populaire, veulent nous faire croire qu’avec eux au gouvernement les choses seraient différentes.

Reprenant une idée lancée dès 2017 par Stéphane Bern, auto-proclamé « Monsieur patrimoine », la ministre de la Culture, Rachida Dati, a proposé « au nom de l’effort collectif » de faire payer cinq euros à chaque personne qui visitera la cathédrale Notre-Dame de Paris qui va bientôt rouvrir ses portes. Selon elle « faire payer l’entrée de Notre-Dame sauverait toutes les églises de France ». On ne voit pas trop comment, mais passons. Seul petit problème : la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État interdit de faire payer l’entrée dans les lieux de culte. Va-t-on voir l’exécutif monter au créneau pour dénoncer cette atteinte inadmissible à la laïcité ? C’est peu probable. Car pour ces gens-là la laïcité n’est qu’un prétexte qu’ils brandissent, généralement contre les musulmans, mais qu’ils ignorent quand cela les arrange.

Ce dernier week-end d’octobre la Ville rose s’est transformée en un théâtre à ciel ouvert. Des centaines de milliers de personnes sont venues admirer des marionnettes géantes en mouvement dans le cadre d’un spectacle de rue intitulé « La Porte des ténèbres ». Spectacle qui met en scène des personnages des Enfers. Cette performance artistique a provoqué l’ire de l’archevêque de Toulouse, Guy de Kerimel, qui, avant même les festivités, avait dénoncé un spectacle « ténébreux » accompagné « d’une symbolique satanique ». Il avait célébré une messe pour protéger la ville et le diocèse « des menaces ténébreuses et de la désespérance » et « ancrer les chrétiens en Dieu ». Son appel a été entendu. La preuve : le temps a été plutôt maussade une partie du week-end. Une intervention divine, sans aucun doute. Satan rôde mais le mitré veille. La ville est sauvée.

Alors que la Martinique est touchée par un mouvement profond contre la vie chère, la Guadeloupe s’est retrouvée entièrement privée d’électricité par un mouvement de grève des salariés d’EDF. Le conflit, qui dure depuis le 15 septembre, concerne l’application d’un protocole d’accord, signé à la fin d’une première grève en 2023. À l’époque, il avait duré plus de deux mois et portait notamment sur la titularisation d’intérimaires, mais aussi sur le rattrapage de cinq ans d’arriérés de salaire. Lundi dernier, la direction locale d’EDF avait proposé la signature d’un accord, que la fédération de l’énergie de la CGT Guadeloupe a refusé, un dernier point d’achoppement portant sur le mode de calcul des congés payés. Le préfet a annoncé un couvre-feu et la réquisition les salariés grévistes pour permettre le rétablissement de l’électricité. Pas sûr que cela les fasse reculer.