Nos vies valent plus que leurs profits

Une rentrée scolaire chaotique

Demain lundi 12 millions d’élèves et 1 million de salariés vont retrouver le chemin de l’école. Seule certitude : la promesse de Macron de mettre un enseignant devant chaque classe ne sera toujours pas tenue, 3 200 postes n’ayant pas été pourvus après les derniers concours. D’où le risque de longue période sans cours pour les élèves en cas d’arrêt maladie de leur professeur. Quant au « choc des savoirs », annoncé pompeusement par le gouvernement, on ne connait pas vraiment ses conditions d’application. Les fameux « groupes de niveau », prévus en français et en mathématiques, pour les classes de sixième et cinquième, sont devenus des « groupes de besoins », même il s’agit toujours de répartir les élèves selon leurs résultats. Cependant la dernière circulaire de la ministre « démissionnaire » de l’Éducation nationale, Nicole Belloubet, précise que ce dispositif « ne saurait aboutir à la constitution de groupes pérennes d’élèves en difficulté ni constituer une forme de tri scolaire »… À chacun, donc, de se débrouiller. Comme l’explique une enseignante de Seine-Saint-Denis : « Il y aura des établissements avec des groupes de niveau, d’autres avec peu ou pas de tels groupes, d’autres avec de “faux” groupes de niveau où, en réalité, toutes les classes seront mélangées dans des groupes hétérogènes… » Tout cela ajouté au manque de personnel – enseignant et autre –, aux locaux vétustes, aux classes surchargées et à l’épuisement des agents promet une rentrée chaotique. Sans attendre, les syndicats FSU-Snuipp, CGT Éduc’Action et SUD Éducation ont lancé un appel à la grève pour le 10 septembre et au boycott des évaluations standardisées obligatoires en primaire.