Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Pour ses débuts de Premier ministre, Barnier est allé poser aux côtés d’un groupe de soignants et a déclaré que « la santé est sa priorité ». Mais il s’est empressé d’ajouter qu’il y a des économies à faire dans les services publics de santé. C’est tout simplement le discours qu’ont tenu Macron et ses différents ministres de la Santé. En conséquence, ils n’ont, par exemple, cessé de supprimer des postes administratifs en les présentant comme « inutiles ». Résultat : certains actes administratifs retombent sur des soignants qui sont déjà surchargés. Les fermetures de lits n’ont pas cessé depuis l’époque de Hollande et Sarkozy, sous des prétextes divers, notamment de développer les soins ambulatoires pour limiter les hospitalisations. Résultat : les patients s’entassent sur des brancards dans les couloirs des urgences, parfois pendant plus de 24 heures, au risque de leur vie. On a donc tout lieu de craindre que Barnier ne reprenne pas seulement le discours démagogique de ses prédécesseurs, mais aussi leur politique de casse de l’hôpital, en l’aggravant encore, pour faire des économies.

Alors que le pays affronte une sécheresse historique et des incendies en série, plus d’un millier de communes ont été placées en état d’alerte en raison d’une humidité très faible, parfois inférieure à 10 %, comparable à celle de déserts comme le Sahara. Si la sécheresse persiste, le Pantanal, la plus grande zone humide du monde et sanctuaire de biodiversité, pourrait disparaître. Selon Ana Paula Cunha, chercheuse au Centre national de surveillance des désastres naturels, la région vit sa pire sécheresse « depuis au moins 70 ans ». D’immenses nuages de fumée provenant des incendies ont recouvert des grandes villes comme la capitale Brasilia, où il n’a pas plu depuis 130 jours. Notons qu’à la fin 2025, le Brésil accueillera dans la ville amazonienne de Belem la COP30, la conférence des Nations unies sur le climat. Une occasion supplémentaire pour les dirigeants des principaux pays de blablater sur le climat sans rien faire de concret alors que la planète brûle.

Fils du célèbre pianiste et chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim, Michaël s’est engagé à son tour en faveur des habitants de Gaza et de la cause palestinienne. Violon solo du West-Eastern Divan Orchestra et professeur à l’Académie Barenboïm-Saïd, deux institutions créées par son père afin de réunir des instrumentistes issus d’Israël et des pays arabes voisins, le musicien a fondé, avec d’autres artistes, un collectif d’aide aux Palestiniens baptisé « Make Freedom Ring » (Faire sonner la liberté) – nom qui fait référence à une citation du chanteur et militant afro-américain Paul Robeson. Dans une interview accordée à la radio bavaroise BR-Klassik, Michael Barenboim a déclaré : « Nous sommes des musiciens et artistes qui souhaitons attirer l’attention sur la situation terrible à Gaza et en Palestine. Nous élevons ainsi une voix qui est sinon inaudible dans notre domaine. » Il a regretté que les musiciens ne s’engagent pas davantage sur le sujet, tout en comprenant leur peur de susciter la controverse, de recevoir moins d’engagements, et de se voir accusés de soutenir des terroristes, d’être antisémite ou de faire preuve d’une haine de soi juive. « Ce sont des choses qui m’ont été reprochées », confie-t-il, en ajoutant qu’en tant que Juif « j’ai été traité de traitre ». Les fonds collectés lors de ses concerts par le collectif Make Freedom Ring sont reversés à l’ONG Medico International, très active à Gaza.

Cinquante-sept migrants qui tentaient de rejoindre l’Angleterre en bateau ont été secourus samedi matin au large de Berck (Pas-de-Calais). L’un, qui a été récupéré par les secours, était tombé à l’eau, et des recherches ont été menées pour retrouver deux autres, disparus en tentant de porter secours au premier. Cependant une quinzaine de migrants ont refusé l’assistance des autorités et décidé, malgré les risques, de continuer leur voyage vers les côtes britanniques. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a déclaré à ce propos : « Compte tenu des risques encourus par les migrants en cas d’actions contraignantes pour les obliger à embarquer sur les moyens de sauvetage de l’État […] le choix est fait de les laisser poursuivre leur route. » Que des hommes et des femmes préfèrent risquer leur vie plutôt d’être « accueillis » par les autorités françaises en dit long sur le type d’accueil auquel ils s’attendent.

Symboliquement, des salariés du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques ont cessé le travail pendant une heure et se sont rassemblés vendredi à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Ces salariés, embauchés en CDD et chargés d’accueillir les délégations étrangères, ont protesté contre la charge de travail et les heures supplémentaires non payées. À cette occasion, une jeune femme a expliqué : « Il nous est demandé de commencer à 13 heures 30 et de rester jusqu’à 23 heures. On veut bien comprendre que les derniers bus arrivent à 22 heures 45, mais à ce moment-là, il faut organiser une autre rotation. » Ces CDD ont un contrat « forfait jour » qui permet de les rémunérer non en fonction du nombre d’heures travaillées mais du nombre de jours, quel que soit le temps de travail effectué. Du vol manifeste mis en œuvre par le Comité d’organisation avec la bénédiction de l’ex-ministre des Sports.

Alors qu’au sein de l’équipe de France la parité hommes-femmes avait été plus ou moins respectée pendant les Jeux olympiques, le tableau est loin d’être identique pour les Jeux paralympiques. Là l’équipe rassemble 155 hommes pour 82 femmes. C’est-à-dire que ces dernières ne représentent que 34 % du total. Très loin derrière l’équipe chinoise (56 %), voire celle du Royaume-Uni (46 %). Mais le Comité paralympique et sportif français se console comme il peut en rappelant que cette proportion n’était que de 27 % aux Jeux de Tokyo en 2020 et promet de porter l’objectif à 40 % pour les prochains Jeux, en 2028 à Los Angeles. Et dans quelques décennies on atteindra peut-être vraiment la parité. L’espoir fait vivre.

Selon une étude du Snes-FSU, il manque au moins un professeur dans 56 % des collèges et des lycées de l’Hexagone. « Rien n’assure que les remplacements en cours d’année seront assurés », s’inquiète le premier syndicat du personnel du second degré. L’étude note « un grand nombre de postes de professeurs de français non pourvus », ainsi qu’en mathématiques, « et dans une moindre mesure de langues vivantes, technologie, éco-gestion ». La moyenne varie en fonction des académies. Ainsi, il manque au moins un professeur dans 21 % des établissements dans celle d’Amiens, contre au moins un professeur dans 43 % des collèges et lycées de Normandie. Parmi les académies les plus touchées, on peut trouver celles de Versailles et Lyon, avec respectivement 72 % et 68 % des établissements dans lesquels il manque au moins un professeur, mais aussi Créteil avec 63 %. Comme à son habitude l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Nicole Belloubet, a minimisé le problème affirmant qu’il y avait des professeurs devant les classes « dans l’immense majorité des situations » sans exclure des absences « ici et là ». Plus d’un établissement concerné sur deux, cela fait quand même beaucoup.

La marathonienne ougandaise Rebecca Cheptegei est morte au Kenya le 5 septembre après avoir été brûlée vive quatre jours plus tôt par son compagnon. Ce féminicide des plus barbares, perpétré devant les yeux des enfants de la victime, rappelle ceux des athlètes Agnès Tirop et Damaris Mutua, tous deux perpétrés par leurs conjoints à Iten, au Kenya, en 2021 et 2022. En 2023, l’association Feminicide Count Kenya avait recensé 152 féminicides sur la seule base des cas évoqués dans la presse, quand, pour 2022 un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) évoquait 725 cas dans ce pays. Ces féminicides sont une forme atroce et particulièrement révoltante de l’oppression que subissent les femmes.

Près de 24 millions d’Algériens sont appelés aux urnes aujourd’hui pour élire leur président. L’issue ne fait guère de doute. Le sortant, Abdelmadjid Tebboune, qui se représente, a fait le ménage pour éviter toute concurrence sérieuse. Sur les 16 candidats ayant déposé un dossier de candidature, treize ont été interdits et seuls trois, dont Tebboune lui-même, ont vu ainsi leur candidature validée. Les deux autres retenus, l’islamiste Abdelali Hassani Chérif et le « socialiste » Youcef Aouchiche, ont fait de la figuration en prenant soin de ne pas lui faire de l’ombre. « Que les choses soient claires : les Algériens et ceux qui connaissent le marigot de la politique algérienne savent pertinemment que la présidentielle est de la poudre aux yeux. Le président Tebboune gagnera cette pseudo-élection avec un taux stratosphérique et restera chef de l’État », a prévenu le site d’information d’opposition Le Matin d’Algérie. En proie à la vie chère, à une situation économique difficile et à une corruption généralisée, la majorité des Algériens n’iront pas voter. Même si le pouvoir tente, après coup, de gonfler les chiffres de participation. Déjà lors de l’élection précédente, en décembre 2019, quelques mois après le grand mouvement populaire et démocratique du Hirak, la participation avait été inférieure à 40 %.