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Brèves

L’actualité en bref

C’est l’Agence régionale de santé qui l’annonce : une dizaine de jours après le passage de la tempête tropicale Ernesto sur l’archipel des Antilles, les habitants de plus de cent quartiers de plusieurs villes – dont les plus importantes, Pointe-à-Pitre et Les Abymes – se voient interdire de consommer l’eau du robinet qui n’est plus potable. En cause une contamination bactériologique dans au moins deux stations de traitement. Ces restrictions surviennent alors que les Guadeloupéens subissent régulièrement des coupures d’eau, conséquence de décennies de sous-investissement et de défaut d’entretien des réseaux. Une situation quasi-coloniale que connaissent nombre de départements et territoires d’outre-mer. C’est dans ce contexte que trois ONG ont saisi le Comité européen des droits sociaux, qui dépend du Conseil de l’Europe, pour exiger l’accès urgent à l’eau potable en Guadeloupe.

À contre-courant des Insoumis, Lucie Castets, candidate du Nouveau Front populaire à Matignon, a balayé d’un revers de main, sur BFMTV, le lancement d’une procédure de destitution contre Emmanuel Macron, proposition lancée par La France Insoumise si le président n’appelait pas Castets pour former le gouvernement. Elle a mis les points sur les i en précisant : « Mon sujet n’est pas la destitution, c’est la cohabitation. » Mais l’opposition entre elle et Mélenchon est plus sur la forme que sur le fond. Car l’une et l’autre appellent en fait à gouverner avec Macron si ce dernier accepte le résultat des élections législatives. Sur la même ligne le maire socialiste de Saint-Denis, Karim Bouamrane – dont le nom vient d’apparaître comme un nouveau candidat potentiel au poste de Premier ministre –, va encore plus loin en défendant le principe d’une « coalition » (avec sans doute une partie des macronistes et de la droite) derrière une personnalité de gauche à Matignon. Au passage il s’aligne sur Macron en affirmant que « personne n’a gagné » les législatives. En résumé, l’aventure du Nouveau Front populaire risque se terminer en eau de boudin ou plutôt en une cohabitation droite-gauche dont la Cinquième République a déjà fait plusieurs fois expérience. Car ces politiciens – de gauche, du centre ou de droite – sont, chacun à leur façon et avec leurs rhétoriques propres, les fidèles serviteurs de la bourgeoisie.

Selon un rapport que vient de publier la Confédération syndicale des familles, alors que 15 millions d’élèves et d’étudiants s’apprêtent à reprendre le chemin des cours dans deux semaines, les dépenses de rentrée scolaire représentent une difficulté économique pour 15 % des familles interrogées. Un taux qui atteint presque 40 % pour les familles monoparentales, malgré le versement de l’allocation de rentrée scolaire par la Caisse d’allocations familiales. Ce coût s’élève à 236 euros par enfant dans l’élémentaire, à 324 euros au collège et à 398 euros au lycée. Les légères baissent enregistrées dans le secondaire sont loin de compenser les hausses des années précédentes. Bref, pour nombre de familles populaires la rentrée c’est galère.

On vient de célébrer le 75e anniversaire des conventions de Genève, signées en août 1949, et qui ont pour objectif de préserver « l’humanité », même dans les pires moments de guerre. Elles sont censées sauver des vies et protéger les civils, notamment dans les conflits. Et si les spécialistes les considèrent comme les traités fondateurs du droit international humanitaire, il y a bien longtemps que les États qui les ont signés les ignorent superbement et se livrent à toutes sortes d’exactions en théorie prescrites par ces textes. Dernier exemple en date : celui de l’intervention israélienne à Gaza, où l’on compte désormais plus de 40 000 morts, essentiellement des civils, où la population est affamée, où les prisonniers sont torturés ou utilisés comme boucliers humains, où les hôpitaux, les écoles et les locaux des associations humanitaires sont bombardés, les journalistes assassinés, etc. À se demander à qui décerner la palme de l’hypocrisie : au gouvernement d’Israël qui affirme, toute honte bue, que son armée est la plus humaine au monde ou aux puissances occidentales qui, malgré quelques critiques de détail, soutiennent l’État sioniste et ferment les yeux sur le génocide en cours.

Ce week-end plus d’un million de médecins ont déserté leurs cabinets, à travers tout le pays, pour protester contre le meurtre atroce d’une jeune femme médecin, Moumita Debnath, 31 ans, violée et tuée dans un hôpital universitaire de Calcutta, au Bengale-Occidental. Dans le même temps des dizaines de milliers de personnes manifestent dans la rue depuis le 12 août en solidarité avec la famille de la victime et le corps médical, ce dernier composé en majorité de femmes. Cette nouvelle agression a réveillé le souvenir du viol collectif et du meurtre dont avait été victime une jeune femme en 2012 dans un autobus de New Delhi. Car, au-delà de ce sordide assassinat, tous et toutes dénoncent la culture du viol, prégnante dans le pays, et la mansuétude des tribunaux à l’égard des coupables. En effet, les violences sexuelles à l’encontre des femmes sont très répandues et on compte en moyenne près de 90 viols par jour. Mais il ne faut guère compter sur le gouvernement ultra-conservateur de Narendra Modi – machiste et sexiste – pour faire avancer les choses.

Réuni en convention à Chicago depuis ce lundi, le Parti démocrate doit désigner, sans surprise, Kamala Harris comma candidate à l’élection présidentielle de novembre. Après le retrait de Joe Biden, sous pression directe des dirigeants du parti, l’appareil a verrouillé tout débat interne et demandé aux opposants de son aile gauche de faire profil bas, notamment sur des questions comme la Palestine ou l’immigration. Tout cela pour montrer le prétendu « enthousiasme sans réserve » que suscite Harris. Et les caciques croisent les doigts pour que Chicago 2024 ne soit pas Chicago 1968. Cette année-là en effet, la convention démocrate avait été cernée par des dizaines de milliers de manifestants qui protestaient contre la guerre du Vietnam menée par le président démocrate Johnson. Ils furent violemment matraqués par la police aux ordres du maire démocrate, Richard Daley. Une façon de se souvenir que dans ce domaine, les Démocrates n’ont rien à envier aux Républicains. Et le Grand Chicago abritant la plus importante communauté palestinienne et arabe du pays il est peu probable que cette dernière reste silencieuse pendant cette grand-messe.

Partie de la République démocratique du Congo, où elle a fait des centaines de victimes, la variole du singe, ou mpox, s’est étendue ensuite à d’autres pays d’Afrique comme le Burundi, le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda. Aujourd’hui, on estime que le virus est présent dans au moins 26 pays. Pourtant c’est une maladie qui se traite efficacement et simplement par la vaccination. Mais la plupart des pays pauvres manquent de tout dans ce domaine : vaccins, personnel soignant, établissements de santé adéquats, etc. Quant aux pays dits « riches » ils ne réagissent que mollement aux appels à l’aide de l’Organisation mondiale de la santé, avec comme but non d’aider prioritairement les pays africains touchés mais surtout d’éviter que le mpox arrive ici. L’égoïsme capitaliste, c’est aussi ça…

Selon le rapport annuel du Groupe Loup PP Alpes, lié à France nature environnement et composé d’une quarantaine de scientifiques bénévoles, la survie du loup pourrait être de nouveau menacée. Le suivi de 36 meutes de loups montre en effet une baisse de leur reproduction et une hausse du braconnage et des tirs illégaux qui mettent en danger leur préservation. Depuis son retour dans l’Hexagone, en 1992, le loup a cristallisé nombre de polémiques, la plupart du temps sans véritable fondement. En effet la plupart des attaques de troupeaux ne sont pas dues à des loups – qui ne seraient que 600 à 700 sur l’ensemble du territoire – mais à des chiens errants dont le nombre est estimé entre quelques milliers et une dizaine de milliers. Ce qui n’empêche pas certaines fédérations de chasseurs, et plus largement les partisans de l’élevage intensif, de crier haro sur le loup. Fin juillet, la Coordination rurale, syndicat paysan proche de l’extrême droite, a même proposé une prime de 1 000 euros pour chaque loup abattu. Ce qui lui a valu des poursuites judiciaires. Quant à la population lupine, elle reste un bon indicateur de la santé de la nature et de la faune sauvage.

Selon un arrêté publié au Journal officiel début juillet, ce sont 1 510 postes d’internes en moins qui sont créés dans la nouvelle promotion 2024-2025. Il y aura donc 7 974 postes ouverts cette année contre 9 484 en 2023. La situation provoque l’inquiétude de Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Amuf (Association des médecins urgentistes de France) : « Le problème c’est que cette baisse brutale du nombre d’internes va provoquer un certain nombre de difficultés dans des services qui comptent beaucoup sur les internes pour assurer les permanences de nuit, donc les services d’urgence, de réanimation, de radiologie, de biologie… ». Les internes représentent 40 % des effectifs médicaux des hôpitaux. Une pétition lancée par les étudiants qui ont réussi le concours, mais ne sont pas assurés d’avoir un poste, a recueilli déjà plus de 11 000 signatures. Le gouvernement poursuit sans état d’âme sa politique de destruction de l’hôpital public : fermetures de lits, pénurie de personnel soignant, et maintenant diminution du personnel médical.