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Brèves

L’actualité en bref

Une frappe israélienne sur une école à Deir al-Balah, dans le centre de l’enclave palestinienne, a fait 30 morts et plus de 100 blessés. L’armée israélienne a de son côté, et comme à son habitude, indiqué laconiquement avoir mené une opération en ciblant les « terroristes ».

En outre, selon l’ONU, 182 000 Palestiniens ont été forcés de quitter le centre et l’est de Khan Younès depuis le 22 juillet. « L’intensification des hostilités » alimente « de nouvelles vagues de déplacements internes à travers Gaza », selon le bureau des affaires humanitaires de l’ONU, ajoutant que « des centaines d’autres personnes restaient bloquées dans l’est de Khan Younès ». Et les grandes puissances continuent de regarder ailleurs. Le dernier bilan fait état de 39 258 Palestiniens tués depuis le débit du conflit.

Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a salué la position du G20 en faveur de la « justice fiscale », jugeant « opportune et bienvenue » la décision de coopérer en vue de taxer les plus riches. En fait il faut un certain culot, ou une bonne dose de mauvaise foi, pour laisser entendre qu’une taxation sérieuse des milliardaires de la planète est en marche. Le G20 n’a rien décidé de concret et pour cause ; en son sein les pays les plus riches sont hostiles à une telle mesure. Le communiqué final s’en est donc tenu à des généralités qui n’engagent à rien. Mais les rênes du FMI étant tenues plus ou moins par les mêmes puissances d’argent que celles du G20, pas étonnant que ces gens là s’auto-congratulent. 

Un Lot-et-Garonnais et son père ont été condamnés à des peines (légères) de prison ferme pour « traite d’être humains ». Ils avaient monté une agence de prestation de services pour fournir de la main-d’œuvre aux grands domaines viticoles du bordelais. Recrutés au Maroc les ouvriers agricoles devaient d’abord débourser une somme de 10 000 euros chacun contre la promesse d’un contrat de travail de trois ans, d’un salaire au Smic et d’un logement décent. Au lieu de cela, beaucoup n’ont pas vu la couleur du contrat, ont été hébergés dans des conditions déplorables et ont dû travailler souvent plus de dix heures par jour, heures supplémentaires non payées. Cerise sur le gâteau, ceux qui protestaient étaient l’objet de brimades. Les deux hommes condamnés sortiront vite de prison. Mais les gros exploitants agricoles qui ont employé sans scrupule cette main-d’œuvre exploitable et corvéable à merci n’ont pas été inquiétés.

La Commission de régulation de l’énergie a rendu publique une délibération sur le coût du bouclier tarifaire sur l’énergie (gaz et électricité) mis en place par le gouvernement pour atténuer pour les consommateurs l’envolée des cours sur le marché européen. Son coût pour les finances publiques a été évalué, entre 2021 et 2023, à une vingtaine de milliards d’euros. 

Et, comme l’avait déjà noté la Cour des Comptes, l’absence de ciblage du dispositif vers les plus modestes a alourdi la note finale et profité aux riches. Comme l’écrit la Cour : « En valeur absolue, le soutien apporté par les mesures est plus important pour les ménages les plus aisés. En effet, à l’exception des chèques énergie exceptionnels, le soutien est proportionnel au volume de consommation, qui augmente avec les revenus ». En résumé : plus on est riche, plus on consomme, plus on est aidé. CQFD.

Après avoir décidé de déplacer au Texas les sièges de ses sociétés SpaceX et de X, en signe de protestation contre le passage d’une loi protégeant les élèves transgenres en Californie, Elon Musk, le patron de Tesla et l’homme le plus riche du monde, multiplie les propos transphobes. Il a affirmé notamment « avoir perdu un de ses fils aînés… tué par le virus woke ». Mais le fils en question, devenu fille entre temps sous le nom de Vivian Jenna Wilson, aujourd’hui âgée de 20 ans, lui a répondu vertement sur le réseau social Threads : « La dernière fois que j’ai vérifié, je n’étais pas morte… ». Et d’ajouter : « Cette croisade anti-trans n’a jamais eu pour but de “protéger les enfants”, mais d’essayer de justifier les préjugés dépassés et hideux des conservateurs ». Bien vu…

Les ministres des Finances de 20 nations les plus riches du monde (le G20) sont réunis à Rio-de-Janeiro, au Brésil, pour étudier une proposition d’une taxation des milliardaires. C’est le moment qu’a choisi Oxfam France pour rappeler que les 1 % les plus riches du monde ont gagné plus de 42 000 milliards de dollars (38 500 milliards d’euros) au cours de la dernière décennie mais que leur imposition restait « historiquement basse ». En février dernier le ministre brésilien des Finances avait déclaré lors d’une précédente réunion : « … c’est indéniable que les milliardaires continuent d’échapper à nos systèmes fiscaux, ayant recours à toute une série de stratégies ». Et cela ne risque pas de s’arrêter. En effet cette proposition est combattue bec et ongles par la première puissance mondiale, les États-Unis. Et parmi les pays qui soutiennent cette idée de taxation se trouve…la France, alors que Macron s’est empressé d’abolir le bien modeste Impôt sur la fortune pour ne pas peiner les très riches. Finalement les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 se sont engagés « à coopérer » pour que les grandes fortunes mondiales soient imposées de manière efficace. Ce qui n’engage pas à grand chose. C’est pourquoi on peut dire, sans grand risque de se tromper, qu’une taxation musclée des milliardaires n’est pas pour demain… ni pour après-demain.

En visite à Washington le chef du gouvernement israélien s’est adressé au Congrès et a rencontré Joe Biden, Kamala Harris et Donald Trump. Partout le même discours : Israël est le meilleur atout de l’impérialisme américain au Moyen Orient et doit être soutenu sans état d’âme, malgré les  massacres de Gaza, les expropriations en Cisjordanie ou l’expulsion de la population arabe de Jérusalem-Est. Message reçu à 100 % par ses interlocuteurs tant démocrates que républicains. Mais sa visite a donné lieu à plusieurs manifestations de soutien aux Palestiniens. Dans l’hémicycle, l’élue démocrate Rashida Tlaib portait un keffieh et une petite pancarte avec écrit noir sur blanc « coupable de génocide » et six personnes ont par ailleurs été arrêtées après avoir « perturbé » le discours. Des employés du Congrès ont de leur côté fait grève pour appeler à un cessez-le-feu à Gaza. Devant le Capitole, à la fin d’un rassemblement de protestation, un groupe de manifestants a mis le feu à une marionnette géante à l’effigie du dirigeant israélien ainsi qu’à des drapeaux américains. Action aussi du Mouvement de la jeunesse palestinienne dont les militants sont parvenus à infester d’insectes l’hôtel Watergate où logeait la délégation israélienne. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, on peut apercevoir un drapeau israélien dans la salle remplie de vers de farine et d’asticots, ainsi qu’un couloir où se baladent de nombreux criquets. Une façon symbolique d’affirmer que Netanyahou est parfaitement à sa place parmi la vermine.

À la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en grande pompe sur la Seine, un dîner fastueux a eu lieu dans la Pyramide du Musée du Louvre où Macron a invité plus de 500 personnes, chefs d’État et de gouvernements, têtes couronnées, etc. Mais attention. Comme ces dépenses somptuaires pourraient choquer le bon peuple en ces périodes de dette publique abyssale et de serrage de ceinture généralisé, le service communication de la Présidence, qui a sans doute le sens de l’humour, a tenu a précisé qu’il s’agissait en fait d’une réunion de travail qui était centrée sur le sport, la santé et l’éducation. Le locataire de l’Élysée disait attendre « des engagements concrets » de la part des dirigeants ou des fédérations internationales, pour « mettre le sport et ses bienfaits au cœur de nos sociétés et de nos politiques publiques ». Du foutage de gueule. Car ce grand raout est uniquement destiné à offrir une vitrine de luxe à Emmanuel Macron qui, avec sa modestie habituelle, ne manque pas une occasion de se mettre en avant… même (et surtout) pour ne rien dire. 

Un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche dresse un bilan extrêmement critique de Parcoursup et de l’admission et de la réussite des étudiants en première année de licence. À noter que ce rapport avait été remis aux ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur en mars 2023 et qu’il n’a été rendu public… que le 15 juillet 2024. On aurait pu penser que ces 16 mois de réflexion auraient permis d’améliorer les choses mais le dernier bilan de Parcoursup (plus de 80 000 jeunes laissés sur le carreau) montre qu’il n’en a rien été. Six ans après la mise en œuvre de la mal-nommée loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE), qui a créé Parcoursup, il est grand temps d’abolir un système où la sélection à l’entrée à l’université est omniprésente, au détriment des jeunes de milieu modeste.