Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le journal de gauche Haaretz rapporte que l’administration pénitentiaire israélienne a décidé d’imposer au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de nouvelles règles restreignant encore plus ses possibilités de visite aux prisonniers palestiniens. Le CICR n’aura droit d’effectuer qu’une visite par trimestre et ne pourra rencontrer que cinq détenus dont il devra fournir la liste à l’avance. Chaque visite durera au maximum 30 minutes et se déroulera derrière une cloison par l’intermédiaire d’un interphone. Les entretiens pourront être écoutés par l’administration pénitentiaire, qui, de plus, pourra interdire les visites aux détenus qu’elle qualifie « hautement violents », ainsi qu’à ceux soumis à un isolement ou un interrogatoire.

Le but de toutes ces restrictions est bien évidemment de dissimuler les conditions de détention, les abus et les mauvais traitements subis par les prisonniers palestiniens dans les centres de détention israéliens.

Elon Musk et une partie de l’extrême droite américaine s’en prennent depuis des mois au choix du réalisateur de cinéma Christopher Nolan de faire jouer Hélène de Troie par une comédienne noire, Lupita Nyong’o, dans son adaptation de L’Odyssée. Il a notamment déclaré : « Christopher Nolan a déjà gâché L’Odyssée… Choisir Lupita Nyong’o pour incarner Hélène de Troie est absolument scandaleux et contredit frontalement les écrits millénaires. » Pour lui, Hélène de Troie devrait être nécessairement blanche, avec les chevaux blonds et les yeux bleus. Une façon de nier à la fois la liberté artistique de Nolan mais aussi d’ignorer superbement la pluralité ethnique au sein du monde antique, décrite par les travaux universitaires mais que le cinéma a jusqu’ici gommée. De plus, Musk et ses acolytes reprochent au film de donner une version « féministe » de l’épopée grecque. Un comble ! Par comparaison rappelons que l’œuvre de Shakespeare Othello ou le Maure de Venise a été joué des milliers de fois et a donné lieu à une vingtaine de films. Dans la plupart des cas le héros était joué par un acteur blanc alors qu’à l’origine… Othello était noir. Mais là, on n’a jamais entendu les racistes donner de la voix…

À la fin de la semaine dernière, une embarcation surchargée a atteint les côtes anglaises avec 128 migrants à son bord, un record pour une seule traversée de la Manche. Le précédent record, établi en septembre 2025, était de 125 passagers. Aussitôt, le Home Office, le ministère de l’Intérieur britannique, a dénoncé les réseaux de passeurs qui entassent toujours davantage de personnes dans des canots impropres à la navigation. C’est tout à fait juste et cela prouve que les passeurs sont des individus peu regardants quant à la sécurité des migrants qu’ils rackettent à chaque traversée. Mais ces passeurs ne pourraient pas exister si les responsables politiques, en particulier ceux du Home Office et leurs équivalents français, ne cherchaient pas tous les moyens pour empêcher les migrants de traverser ce qui rend les voyages d’autant plus dangereux. Ce sont eux les véritables responsables des tragédies qui se produisent régulièrement dans la Manche.

Lors de l’inauguration d’une statue du capitaine Alfred Dreyfus devant la Cour de cassation à Paris à l’occasion du 120e anniversaire de sa réhabilitation, Macron a appelé à lutter contre l’antisémitisme et a demandé aux municipalités d’apposer des plaques commémoratives portant les noms de ceux qui sauvèrent des Juifs perdant la guerre. Il a déclaré : « Il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie. » Et de constater : « Nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays. » Sur ce point, nul ne peut le contredire. Toutefois, au cours des dernières années, si on l’a entendu sur la lutte contre l’antisémitisme, il a passé largement sous silence celle contre le racisme anti-noir, anti-musulman et anti-migrants. Sans compter avec la confusion entretenue volontairement entre antisémitisme, antisionisme et solidarité avec le peuple palestinien. Et pour cause. Ce racisme a été, et est toujours, largement entretenu par un certain nombre de ministres dans les différents gouvernements qu’il a adoubés et parmi les parlementaires qui le soutiennent.

C’est mercredi 15 juillet que les députés doivent valider, pour la dernière fois avant son adoption définitive, la loi créant un droit à mourir et légalisant une forme d’assistance au suicide pour certains malades atteints d’une affection grave et incurable. Mais les anti-loi fin de vie, qui se recrutent à droite, à l’extrême droite et dans une partie du clergé, ont jeté leurs dernières forces dans la bataille. Dimanche dernier, une trentaine d’avocats, médecins, professeurs de droit et de philosophie se sont fendus d’une tribune publiée dans Le Journal du dimanche pour dénoncer un « texte (qui) ne peut susciter l’esprit de fête que chez des personnes ayant perdu tout sens de l’humanité, de l’éthique et du sacré ». Parmi les signataires, François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président du parti Les Républicains, principale force politique opposée au texte. Toujours chez Les Républicains, Gérard Larcher, le président du Sénat, a annoncé qu’il comptait déposer un recours pour contester la conformité du projet devant le Conseil constitutionnel. Quant au très réactionnaire évêque de Bayonne, Marc Aillet, il a ni plus ni moins proposé dans une interview à La France catholique d’excommunier les parlementaires qui voteraient un texte qui, selon les sondages, est approuvé plus de 80 % des personnes interrogées. Mourir dans la dignité est un droit qui ne doit pas dépendre du bon vouloir de l’Église ou de la droite réactionnaire. Reste maintenant à faire que ce droit soit effectivement appliqué alors même que les services de soins palliatifs sont débordés et les urgences des hôpitaux au bord de l’asphyxie.

Après la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, c’est au tour de l’ancien Premier ministre espagnol de droite Mariano Rajoy, de se livrer lui aussi sans complexe à une attaque raciste contre les Bleus. Dans une tribune publiée après la victoire de l’Espagne contre la Belgique, synonyme de qualification pour une demi-finale attendue contre la France, Rajoy évoque le onze tricolore comme une équipe « de très haut niveau » et qui « joue un excellent football ». Mais il ajoute : « Cela dit, il n’y a pas de Français », allusion à la couleur de la peau de nombreux joueurs. Là encore ses déclarations ont suscité nombre de protestations. Ce Mondial restera sans doute dans les annales comme le plus raciste de l’histoire récente. Avec Trump comme parrain, rien d’étonnant !

Le dernier rapport de l’Insee, qui porte sur l’année 2024, montre que 9,8 millions de personnes vivaient alors sous le seuil de pauvreté, soit 15,4 % de la population. Depuis l’arrivée de Macron à l’Élysée, le nombre de pauvres, c’est-à-dire ceux dont les ressources sont inférieures à 60 % du revenu médian, s’est accru de 1,2 million de personnes. Les catégories les plus touchées sont les chômeurs (36,1 %) et les familles monoparentales (34 %). Enfin 32,8 % des immigrés sont pauvres, plus particulièrement ceux nés en Afrique (39,7 %). Les inégalités continuent de s’accentuer et atteignent leur plus haut niveau en 30 ans. Et encore ces chiffres ne concernent que la Métropole. Ils seraient encore plus alarmants si on y incluait les territoires d’outre-mer dont la majorité population est très démunie. En résumé les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a annoncé le dépôt de plaintes pénales aux États-Unis après la mort de 17 migrants mexicains placés en détention ou lors d’opérations menées par la police de l’immigration de Trump, la sinistre ICE. Le dernier en date, Lorenzo Salgado, 52 ans, a été abattu par balle au volant de sa camionnette à Houston (Texas) alors qu’il se rendait à son travail. Ce père de famille sans histoire vivait sur place depuis près de 35 ans. Le Mexique entend également engager « des actions civiles » contre les entreprises qui gèrent les centres de détention de l’ICE et demandera au Haut Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies « la protection » de ses ressortissants dans ces installations. Depuis le début du second mandat de Donald Trump, au moins 52 décès ont été comptabilisés dans les camps de concentration de l’ICE, dont 33 personnes en 2025 et 19 depuis le début de cette année. En outre, en janvier, Renée Good et Alex Pretti, deux citoyens américains qui protestaient contre les actions anti-migrants, avaient été abattus dans la rue. La politique anti-migrants du locataire de la Maison-Blanche continue de tuer…

La pollution marine due aux algues vertes est causée par les nitrates produits par les déjections des animaux (surtout les porcs) élevés dans des élevages industriels. Ces algues dangereuses prolifèrent dans huit baies et treize secteurs vasiers de Bretagne couvrant plus de 2 000 hectares. Elles ont coûté la vie à trois personnes depuis 1989. En 2021, dans un premier rapport fort de 300 pages, la Cour des comptes pointait déjà l’inaction de l’État dans ce domaine. Cinq ans plus tard, elle vient de publier un second rapport tout aussi sévère que le premier. Elle constate que sur les 33 recommandations et pistes d’action qu’elle avait proposées à l’époque, seules sept ont été suivies avec plus ou moins d’effet. Le reste a été superbement ignoré. Bien mieux, l’État a encore assoupli la législation permettant l’ouverture ou l’agrandissement d’élevages industriels en accroissant d’autant la pollution et la prolifération des algues.