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Brèves

L’actualité en bref

Edgar Morin, qui vient de mourir à l’âge de 104 ans, était un sociologue et un philosophe très orienté à gauche et bien connu pour ses travaux. Mais la plupart des nécrologies publiées suite à son décès oublie un fait important. Il fut, dès sa jeunesse, un défenseur acharné de la cause palestinienne. Ce qui lui valut d’être qualifié « d’antisémite » par des officines sionistes, alors même qu’il était issu d’une famille juive séfarade originaire de Salonique, en Grèce. Il fut souvent attaqué devant les tribunaux par « Avocats sans frontières » de William Goldnadel, par « France-Israël » et bien d’autres pour « diffamation à caractère racial » et « apologie des actes de terrorisme ». Et à chaque fois il fut blanchi. L’an dernier, à 103 ans, il dénonçait encore le génocide de Gaza.

Une minorité de députés a adopté par 187 voix contre 0 (sur les 577 députés, les autres s’abstenant ou étant absents) une proposition de loi destinée à mieux protéger les élèves suite au scandale qui avait éclaté au collège-lycée Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, où pendant des décennies des enfants avaient été violés, maltraités et humiliés. La proposition de loi prévoit notamment de renforcer les dispositifs de prévention, d’améliorer les mécanismes de signalement et d’accroître les vérifications concernant les adultes amenés à intervenir auprès d’enfants dans le cadre scolaire. Sur le terrain de l’enseignement privé (à 90 % catholique) le texte propose plusieurs outils destinés à renforcer le suivi de ces établissements par les pouvoirs publics. Parmi eux figurent la mise en place de contrôles réguliers ainsi que la création d’une nouvelle instance chargée de suivre plus étroitement les relations entre l’État et l’enseignement privé sous contrat. La Conférence des évêques de France s’est mobilisée pour dire tout le mal qu’elle pensait de ce projet de loi qui, selon elle, remet en cause « plusieurs libertés fondamentales ». Il y a donc de fortes chances qu’elle demande aux sénateurs – qui sont très largement de droite – de s’y opposer lorsque le texte sera examiné par le Sénat.

Grand-messe annuelle organisée au château de Versailles, le neuvième sommet de Choose France (Choisissez la France), supposé doper les investissements étrangers dans l’Hexagone, a encore une fois surtout permis à Macron de se mettre en scène. Il a fièrement annoncé des promesses d’investissements pour un montant global « record de 93 milliards d’euros ». C’est parait-il plus que les huit sommets précédents cumulés. Avec à la clé la création de plus de 15 000 emplois. Il n’y a plus qu’à y croire. Sauf que personne n’est capable d’indiquer combien d’emplois ont été créés après les précédents sommets. Qu’importe. L’exercice permet au locataire de l’Élysée de se faire filmer entouré de grands patrons internationaux et de vanter le succès de sa « politique de l’offre » en faveur des employeurs… et au détriment des salariés.

Alors que l’armée israélienne poursuit son génocide de la population gazaouie, le Premier ministre israélien a annoncé que désormais son objectif était d’occuper au moins 70 % de ce territoire palestinien. Aux termes du cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre dernier – cessez-le-feu qui n’a pas mis fin aux attaques israéliennes et n’a pas obtenu le désarmement du Hamas – les forces d’Israël devaient se retirer jusqu’à une « Ligne jaune » délimitant leur contrôle. Sur les cartes militaires, cette ligne leur permettait de contrôler 53 % de Gaza, le Hamas administrant le reste du territoire. Mais, depuis lors, Israël a déplacé chaque jour les blocs de béton censés matérialiser la « ligne jaune », grignotant toujours plus le territoire palestinien, lui permettant d’en contrôler de facto environ 64 %. Aujourd’hui Netanyahou pousse le bouchon encore plus loin avec le soutien des États-Unis et le silence complice des grands pays occidentaux. Tout en continuant à bombarder jour et nuit les habitants de la partie de Gaza qui lui échappe encore. Dans le même temps, au Liban, le gouvernement israélien a fait totalement détruire des dizaines de villages dans le sud du pays et les villes de Nabatieh et de Tyr pourraient bientôt connaitre le même sort que Gaza. Netanyahou, le chien sanglant de l’impérialisme au Moyen-Orient, se déchaîne et même ses maîtres ont un peu de mal à le contrôler.

Dans une récente interview accordée au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Jordan Bardella avait été interrogé sur la question de l’âge de départ à la retraite à 62 ans, position défendue jusqu’alors par son parti. Mais Bardella, qui a dû se faire remonter les bretelles sur la question lors de ses différentes rencontres avec des membres influents du patronat, a préféré botter en touche en affirmant : « Nous examinons actuellement la question. » Ce qui lui a valu, quelques jours plus tard, une réponse cinglante de Marine Le Pen au micro de RTL que « la retraite à 62 ans reste d’actualité dans le contexte économique qu’on connait ». Une position qui déplait souverainement à toute une partie des chefs d’entreprise. Mais ce n’est pas très grave. Plus ils approcheront de la mangeoire gouvernementale, plus Bardella, Le Pen et compagnie mettront de l’eau dans leur vin pour finalement appliquer ce que les patrons exigeront.

Patrick Bruel a annoncé qu’il annulait sa tournée d’une quinzaine de festivals qui devait débuter le 16 juin et se prolonger jusqu’à l’automne. Le chanteur et acteur était dans le collimateur ces derniers mois après le dépôt de quatre plaintes pour viols à son encontre en France, une enquête judiciaire pour agression sexuelle en Belgique, et une trentaine d’accusations d’autres femmes dénonçant son comportement à leur égard. Depuis des mois, des associations féministes, appuyées par de nombreuses personnalités du monde artistique, culturel et politique, demandaient à l’artiste de se mettre en retrait et de faire profil bas en attendant que ces affaires passent en justice. Il avait d’abord refusé et son avocat avait envenimé les choses en sous-entendant que les plaignantes étaient peu ou prou des menteuses. Finalement la pression a été trop forte et il a dû renoncer. Preuve qu’une partie grandissante de l’opinion accepte de moins en moins les comportements machistes et sexistes. Et c’est une bonne chose.

Après sa défaite contre le tennisman français Moïse Kouamé, le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo s’en est pris à l’arbitre de chaise, Ana Carvalho, en lui reprochant… d’être une femme. « C’est très difficile pour une femme de faire ça. Ce genre de match doit être arbitré par un homme, parce que c’est un public très exigeant, et il faut beaucoup de force pour s’opposer au public » avait-il estimé après le match faisant allusion aux manifestations bruyantes de certains spectateurs en faveur de son adversaire. « La compétence des arbitres ne se mesure pas à leur genre, mais à leur professionnalisme et à leur capacité à officier à haut niveau », lui ont répondu la Fédération française de tennis (FFT) et la direction du tournoi, dans un communiqué. Pour sa remarque sexiste, Vallejo va recevoir une sanction financière. Il s’en tire plutôt bien…

La chanteuse franco-malienne Aya Nakamura a donné le coup d’envoi de son premier concert au Stade de France en « brûlant » sur scène une banderole raciste. Celle-ci avait été brandie par Les Natifs, un groupe d’extrême droite, pour protester contre sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. L’artiste est apparue dans un cercle de feu, dont les flammes sur l’écran consumaient une pancarte, sur laquelle était écrit « Y a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako ». Une référence à son tube Djadja et à sa ville de naissance au Mali. Sur son site, le groupuscule identitaire regrettait de « remplacer l’élégance française par la vulgarité, africaniser nos chansons populaires et évincer le peuple de souche au profit de l’immigration extra-européenne ». Ces commentaires racistes ne devraient guère avoir d’influence sur le public de l’artiste qui pourrait, au total, réunir plus de 200 000 spectateurs lors de ses trois concerts.

Selon un rapport conjoint de l’ONG Oxfam et la Confédération syndicale internationale, depuis 2019, les revenus des 1 500 plus gros chefs d’entreprise ont augmenté de 54 %, quand il a reculé de 12 % pour les travailleurs. Rien qu’en 2025 « les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales ont vu leur rémunération augmenter de 11 % en termes réels, tandis que la rémunération moyenne d’un travailleur n’a augmenté que de 0,5 % ». Désormais il faut à un salarié moyen 490 années de travail pour gagner l’équivalent des revenus d’un PDG. Il n’est plus que temps d’inverser la tendance et de faire rendre gorge aux nantis et aux exploiteurs !