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Brèves

L’actualité en bref

Les travailleurs du Samu social de Paris se sont mis en grève à partir du mardi 23 juin pour protester contre le sous-effectif et le manque de moyens pour répondre aux besoins. Le gouvernement vient encore de supprimer 1200 nuitées destinées aux sans-abris, alors que le nombre de SDF ne cesse d’augmenter. Comme toutes les travailleuses et tous les travailleurs, les salariés du Samu social subissent les réorganisations et c’est particulièrement inhumain alors qu’ils gèrent la misère sociale.

Le soir de la fête de la musique, divers événements ont été annulés par les préfets, officiellement en raison de la canicule. Mais lundi, il fallait être au boulot quoi qu’il arrive. Le « deux poids deux mesures » du gouvernement au service du patronat.

Depuis maintenant bien longtemps le Rassemblement national ne cachait pas son dédain, voire son mépris, pour les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui n’a cessé d’alerter sur le réchauffement climatique et ses conséquences catastrophiques pour la planète. En 2023, Marine Le Pen jugeait ces prévisions « excessivement alarmistes » tout en dénonçant une écologie « répressive ». À se demander si ces experts n’avaient pas tout inventé pour faire plaisir aux écolos. Des propos repris par l’ensemble des élus et des cadres du parti. Un discours qui est d’ailleurs commun à l’extrême droite internationale, Trump en tête. Mais en plein épisode de chaleur extrême, le RN vient de tourner sa veste. C’est de saison ! Il accuse maintenant le gouvernement d’imprévoyance et d’impréparation en lui reprochant de n’avoir jamais vraiment prêté attention… aux travaux du Giec. Le week-end dernier le vice-président du parti, Sébastien Chenu, a repris ce thème notamment sur TF1 et sur France 3 en déclarant : « On a le sentiment que ces hausses de chaleur dégringolent sur le gouvernement comme si elles n’étaient pas attendues. Je vous rappelle que le Giec, dont on nous donne les conclusions régulièrement, les prévoit depuis très longtemps. ». Mais il est probable que ce changement de pied du RN ne durera que le temps… d’une vague de chaleur. Car ce ne sont pas les lepénistes qui varient, c’est la météo…

Bernard Cazeneuve, l’ancien ministre et Premier ministre de François Hollande, ne cache pas depuis des mois son ambition de participer à la prochaine élection présidentielle pour représenter « la gauche ». Il a même lancé le 16 juin dernier son site de candidat, « bc2027.fr ». Mais quelles valeurs veut-il incarner dans cette compétition électorale ? On peut se le demander. Mediapart vient en effet de révéler que dans le privé Cazeneuve est l’un des associés d’un cabinet d’avocats d’affaires, August Debouzy. Or ce dernier a organisé une conférence pour aider les grandes fortunes à transférer leurs avoirs… au Luxembourg, en échappant à la taxation. Sûr qu’avec lui à l’Élysée, les ultra-riches n’auront pas grand-chose à craindre. Quant aux smicards et aux demandeurs d’emplois, c’est une autre affaire…

Éric Zemmour, le président du parti d’extrême droite Reconquête, a estimé dans un entretien à Sud Radio que l’équipe tricolore au mondial « ne représente pas vraiment toute la France », mais surtout « la banlieue et l’immigration arabo-musulmane ». Et d’ajouter : « Je pense que des Français sont gênés par l’image que donne cette équipe de France. » Rien de très nouveau pour les tenants d’un racisme d’un autre âge. Car il y a bien longtemps que les principales équipes de foot à travers le monde reflètent la diversité de la société dans laquelle elles évoluent, c’est-à-dire une société multiculturelle, multi-religieuse et multiraciale. Et seuls des attardés mentaux peuvent s’en offusquer. En 1958 déjà, l’extrême droite fustigeait la présence des « ritals »(Roger Piantoni, Bernard Chiarelli) et des « pollacks » (Raymond Kopa, Maryan Wisniewsky) dans la sélection française qui avait réussi à se hisser pour la première fois en demi-finale d’un Mondial en Suède. Lors de l’Euro 1996, le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen, s’amusait à égrener les noms des joueurs qu’il ne jugeait pas assez « français ». Rien de très nouveau donc sous le soleil des imbéciles.

Remous au sein de la rédaction du principal média sportif de l’Hexagone. Sur sa chaîne web, au cours de l’émission L’Équipe de choc, qui analyse les matchs de la Coupe du monde, la journaliste France Pierron s’en était très vivement prise au joueur belge Jérémy Doku qui avait fait part publiquement de son intention de rentrer assister à l’accouchement de sa compagne, même si celui-ci avait lieu avant la fin du Mondial. Elle avait alors commenté : « Je ne comprends pas, quand tu as la chance […] de participer à une Coupe du monde, il y a des centaines de footballeurs qui tueraient pour être à ta place, ça ne se représentera peut-être plus jamais dans ta vie […] c’est un rêve de gosse que tu réalises, et tu vas quitter tout ça pour assister à la naissance de ton enfant ? », avant d’ajouter à propos de l’accouchement : « C’est un moment dégueulasse, excusez-moi, où le papa ne sert à rien, il a un rôle de figurant. » Finalement, devant le tollé provoqué par ses propos et désavouée par son média, Pierron a fini par s’excuser. Mieux vaut tard…

Keir Starmer, le Premier ministre, a annoncé sa démission lors d’une prise de parole devant sa résidence officielle du 10 Downing Street, à Londres. Elle était annoncée depuis de longues semaines par les médias et les observateurs politiques. Car en chute libre dans l’électorat ouvrier et populaire du fait de sa politique d’austérité à l’égard des classes laborieuses, de sa chasse aux migrants et de ses cadeaux aux riches, Starmer a été aussi lâché par son propre camp, certains de ses ministres ayant démissionné et beaucoup de parlementaires craignant de perdre leur siège aux prochaines élections législatives, face notamment à la poussée de l’extrême droite que l’on a vu à la manœuvre lors des récentes élections locales. Et son successeur sera probablement le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, qui vient d’être élu député lors d’une élection partielle qu’il avait provoquée à dessein dans une circonscription du nord de l’Angleterre. Mais si Burnham va tenter de redorer le blason du Labour Party d’ici les prochaines élections, il ne faut pas être grand clerc pour prédire que sa politique sera aussi dure à l’égard de l’électorat populaire que celle de son prédécesseur.

Il y a quelques semaines Zelensky s’était fait épingler en organisant des funérailles nationales à un « héros ukrainien » qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait créé une organisation armée contre les Soviétiques qui avait finalement intégré la Waffen SS de l’Allemagne nazie. Il récidive cette fois en décidant de donner à une unité militaire le nom d’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), nom d’une organisation nationaliste de la même époque tenue pour responsable de la mort de plus de 100 000 Polonais, principalement des civils, dont de nombreux Juifs. Le président polonais, Karol Nawrocki, a aussitôt annoncé vouloir retirer à Zelensky l’ordre de l’Aigle blanc, la plus haute distinction du pays. Tension diplomatique qui n’empêche pas Zelensky de toujours honorer l’UPA comme une force ayant combattu « pour l’indépendance du pays » même si elle l’a fait au nom d’un nationalisme mâtiné de racisme et d’antisémitisme. On a les héros qu’on mérite.

Alors que l’essentiel des abus sexuels et physiques dénoncés dans 250 plaintes différentes par d’anciens élèves du collège-lycée de Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, est prescrit, le dernier rapport de la commission d’enquête indépendante sur l’établissement d’enseignement catholique estime qu’en fait le nombre de victimes pourrait atteindre… 1 500. Le texte dénonce un « système institutionnel de violences […] bien rodé » qui a perduré durant « des décennies » via des « mécanismes de silenciation » des élèves, « fondés sur la peur, la honte et la domination ». Système qui a largement bénéficié de la complicité de l’Église catholique, de la bienveillance des politiciens locaux, au premier rang desquels François Bayrou, mais aussi du manque dramatique de contrôle des services de l’État. Et Bétharram n’est que la partie visible de l’iceberg d’un système éducatif qui protège plutôt mal les enfants.