Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé avoir saisi la justice après des accusations de violences sur des membres français de la flottille pour Gaza lors de leur détention en Israël. Il appuie son signalement sur un « rapport que j’ai demandé à notre consul général en Turquie, qui m’a fait état de violences sexuelles, d’exposition au froid, de coups, mais aussi d’humiliations répétées à l’encontre de ressortissants français ». Peu avant cette annonce, les avocates des membres français de la flottille avaient dénoncé de leur côté le « simulacre de condamnation » de ces actes par Paris et annoncé leur refus de rencontrer le ministre des Affaires étrangères pour évoquer la question. Depuis des années les autorités israéliennes torturent les prisonniers – palestiniens ou autres – dans leurs prisons, mais ni le gouvernement, ni la présidence de la République n’ont jamais pris aucune sanction à l’égard de l’État sioniste. Bien mieux, lorsqu’en 2024 la Cour pénale internationale a lancé un mandat d’arrêt contre Netanyahou, Matignon avait aussitôt fait savoir qu’il ne serait pas appliqué si le Premier ministre israélien mettait le pied sur le territoire français. Alors aujourd’hui l’indignation de Barrot est aussi tardive qu’hypocrite.