Alors que son mandat arrive à expiration cette année, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a présenté un dernier rapport annuel particulièrement sombre. Dans les prisons le taux de remplissage est de 171 %, 7 540 détenus dorment sur des matelas au sol contre 4 752 un an plus tôt sans compter la prolifération de rats et de punaises, l’absence d’intimité, et l’explosion des violences et de l’insécurité. En outre, la contrôleuse a recensé environ 250 morts en prison, dont près de la moitié par suicide. Dans les hôpitaux psychiatriques, la pénurie des soignants réduit directement la capacité préventive des équipes et on a recours de plus en plus systématiquement aux pratiques d’isolement et de contention forcée sans consentement des malades. Ces soins sans consentement dépassent les 50 % dans certains établissements. Dans les centres de rétention administrative, les nuisibles pullulent, les sanitaires sont hors d’usage, bouchés, humides, mal éclairés et marqués de traces de crasse ou d’humidité, les accès aux soins de santé aléatoires et la protection contre les violences très insuffisante. Un constat catastrophique. Chaque année, les ministères concernés sont informés de l’état des lieux de privation de liberté mais, en général, ils ne font rien pour améliorer les choses.