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Brèves

L’actualité en bref

Dans une lettre au président de l’Assemblée générale de l’ONU, le responsable de l’Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini, indique : « C’est avec un profond regret que je dois aujourd’hui vous informer que l’Agence a atteint un point de rupture, avec les appels répétés d’Israël à son démantèlement et le gel des financements de donateurs face à des besoins humanitaires à Gaza sans précédent ». L’UNRWA, créée en 1949, emploie quelque 30 000 personnes dans les territoires occupés, au Liban, en Jordanie et en Syrie, où elle gère notamment écoles et hôpitaux au profit de la population palestinienne, notamment des réfugiés de 1948 et leurs descendants. Depuis le début de la guerre de Gaza, Israël a accusé, sans avancer aucune preuve concrète, 12 salariés de l’Agence d’avoir participé à l’attaque du Hamas du 7 octobre. Seize pays occidentaux, menés par les États-Unis, ont aussitôt utilisé ce prétexte pour suspendre leur financement à l’Agence pour un total de 450 millions de dollars (415 millions d’euros). Une façon de manifester leur soutien à l’État sioniste sur le dos de la population civile palestinienne.

Dix neuf personnes, qui avaient facilité plus de 50 passages vers l’Europe de migrants du Moyen-Orient et d’Afrique de l’Ouest, ont été arrêtées en Allemagne après un coup de filet ayant impliqué les autorités françaises, belges et allemandes et coordonné par Europol (police) et Eurojust (justice). L’enquête, qui a duré un an et demi s’était concentrée sur un réseau irako-kurde. Si les passeurs, qui s’enrichissent sur le dos des migrants et leur font courir des risques énormes, sont des personnages méprisables, démanteler un réseau ne résoudra pas le problème de fond. Les migrants seront toujours aussi nombreux à tenter leur chance et à risquer leur vie pour venir en Europe. D’autres réseaux se constitueront. C’est un processus sans fin. Une seule solution : ouvrir les frontières et garantir aux migrants des routes d’accès sécurisées et le libre droit de s’installer là où ils le souhaitent, sans avoir besoin de s’adresser à des passeurs.  

Dans le décret détaillant l’annulation de 10 milliards de crédits prévus pour 2024, 691,6 millions d’euros seront prélevés sur les fonds de l’Éducation nationale. L’enveloppe budgétaire la plus mise à contribution est celle consacrée à la « vie de l’élève », sur laquelle sont payés les personnels de vie scolaire ou les accompagnants d’élèves en situation de handicap (261,8 millions), suivie par le premier degré public (138,3 millions), le second degré public (123,5 millions), l’enseignement privé (98,9 millions), les 69 millions d’euros restants étant pris sur le « soutien de la politique de l’éducation nationale » et l’enseignement technique agricole. Plus de 478 millions d’euros sont des fonds consacrés à des dépenses de personnel. À cela on peut ajouter 904 millions ponctionnés sur l’enseignement supérieur et la recherche. Soit au total près de 1,6 milliard d’euros. Cela pourrait se traduire par la suppression de 15 000 emplois. Par comparaison la défense ne voit son budget réduit que de 105 millions d’euros, soit près de 15 fois moins. Comme le disait Attal, « l’éducation est une priorité »…. surtout lorsqu’il s’agit de coupes budgétaires.

Sur fond de colère paysanne qui ne s’éteint pas, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a annoncé que deux centrales d’achat européennes de la grande distribution qui n’ont pas respecté la loi française sont ciblées par des « pré-amendes » s’élevant à plusieurs « dizaines de millions d’euros ». Ces deux centrales, qu’il n’a pas nommées, ont deux mois pour faire valoir leurs arguments contradictoires, au terme desquels les sanctions seront « définitives ». En outre il a précisé que 150 agents de la Répression des fraudes, un service de Bercy, étaient mobilisés pour contrôler grands industriels et supermarchés. Des initiatives qui ont été applaudies par la FNSEA, la principale organisation agricole, mais qui ne changent rien au fait qu’avec ou sans amende la grande distribution et l’agro-business continueront de contrôler l’agriculture et pousser à la misère les paysans travailleurs.

Michel Forst, le rapporteur spécial de l’ONU pour les défenseurs de l’environnement, s’est rendu à Saix, dans le Tarn, pour rencontrer les militants écologistes qui ont créé sur place une zone à défendre (ZAD) en vue de s’opposer au chantier de la future autoroute A69 qui devrait relier Castres à Toulouse. Il s’est rendu sur le chantier, après avoir dénoncé des méthodes alarmantes de maintien de l’ordre. Selon France 3 Occitanie, il comptait « observer la situation sur place et de recueillir des informations complémentaires », après avoir reçu des alertes concernant « les méthodes de maintien de l’ordre et d’évacuation des défenseurs de l’environnement occupant pacifiquement le site ». Les forces de l’ordre tentent de déloger les militants écologistes, surnommés « les écureuils », qui se sont accrochés haut dans les arbres pour éviter qu’on les abatte. Le collectif La Voie est libre évoque un harcèlement effectué jour et nuit par les forces de l’ordre, alors que les militants sont encerclés depuis lundi, sans ravitaillement et sans eau, et subissent des lancés de grenades. Michel Forst prévoyait d’abord de rencontrer les défenseurs de l’environnement, puis les observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et enfin le préfet du Tarn, Michel Vilbois. Il avait interpellé ce dernier avec un tweet, le 16 février dernier, dans lequel il faisait état des « alertes sur les méthodes de maintien de l’ordre actuellement employées contre les militants pacifiques sur le chantier A69 sont alarmantes ». Le maintien de l’ordre « à la française » a donc attiré l’attention de l’ONU. Pas pour le meilleur mais pour le pire.

À l’issue d’un troisième procès Éric Zemmour, le président de Reconquête ! a été condamné à 15 000 euros d’amende pour sa virulente diatribe contre l’islam et les immigrés « colonisateurs » qu’il avait prononcée en 2019 lors de la « convention de la droite » organisée par Marion Maréchal. Il avait d’abord été condamné en première instance, puis relaxé lors d’un premier procès en appel en 2021. Finalement dénonçant un « discours de haine » dépassant « les limites admissibles de la liberté d’expression », la cour d’appel de Paris l’a reconnu coupable d’injures publiques en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, ainsi que de provocation à la haine raciale. Éric Zemmour devra par ailleurs verser 1 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros de frais de procédure à quatre associations antiracistes dont la Ligue des droits de l’Homme. À noter que la cour d’appel l’avait acquitté et relaxé le 8 septembre 2021, en estimant qu’aucun des propos litigieux poursuivis ne visait « l’ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans, mais uniquement une fraction de ces groupes ». C’est à dire qu’il n’était que partiellement raciste. Curieux raisonnement. Ceci dit Zemmour n’a pas grand chose à craindre. Non seulement l’amende est modeste mais, après sa première condamnation, il avait été aussitôt embauché comme chroniqueur sur CNews, une des télés d’extrême droite du milliardaire ultra réac Bolloré. Une preuve supplémentaire de la banalisation du racisme.

Dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris, quatre millions d’élèves, scolarisés du CP au CM2, vont recevoir d’ici juin un livret accompagné d’une pièce commémorative de 2 euros de la Monnaie de Paris. Une opération du ministère de l’Éducation dont le coût est estimé à près de 16 millions d’euros. Dans ce livret « pédagogique » d’une dizaine de pages, quatre sont consacrées à des textes écrits par Emmanuel Macron, Amélie Oudéa-Castera, la ministre des Sports, et Gabriel Attal lorsqu’il était ministre de l’Éducation. Le but est de « sensibiliser les élèves du primaire à l’événement historique que seront les Jeux Olympiques », explique-t-on au ministère. Et d’ajouter ; « ce livret permettra aux élèves ainsi qu’à leurs professeurs de garder une trace de cet événement inédit, mais aussi de s’inscrire dans un héritage et un souvenir communs ». Fermer le ban. Mais pour Guislaine David, porte-parole du premier syndicat des écoles, le SnuiPP-FSU, ce fascicule ne sert à rien. « Ce livret est inutile d’un point de vue pédagogique… Vous avez des charades et des mots croisés pour un enfant de CP comme pour un enfant de CM2, donc personne ne va les utiliser. On a des discours du président Macron qui ne sont pas adaptés aux enfants, donc on voit bien que c’est un objet de communication pour les parents et qui coûte cher à l’Éducation nationale ». Elle évoque un « pur scandale » et rappelle que « 10 % des élèves n’iront jamais à la piscine par manque d’infrastructures ou de moyen de transport ». Ainsi, à la place de ce livret, elle « aurait préféré que cet argent aille à l’ouverture de classes, au matériel pédagogique ou sur les salaires des profs ». Nous aussi…

Les autorités algériennes continuent de « réprimer les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique », en « ciblant les voix critiques de la dissidence », cinq ans après les manifestations pro-démocratie du Hirak, a dénoncé l’ONG Amnesty International. Dans un rapport sur les cinq ans écoulés, l’organisation demande de « libérer immédiatement et sans conditions toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association ». Basé sur des témoignages de détenus, de familles et d’avocats, le rapport affirme que « les autorités algériennes ont intensifié leur répression de la dissidence pacifique » après la fin du mouvement début 2020, à cause de l’épidémie de Covid-19 et d’une interdiction de rassemblements. De son côté Heba Morayef, directrice d’Amnesty International pour la région Moyen-Orient et Afrique du nord, a déclaré : « C’est une tragédie que cinq ans après que de courageux Algériens soient descendus massivement dans la rue pour exiger des changements politiques et des réformes, les autorités continuent de mener une campagne de répression effrayante ». 

Selon le quotidien britannique The Times le gouvernement britannique envisage de payer des influenceurs étrangers sur Tik Tok afin qu’ils dissuadent leurs compatriotes de venir en Grande Bretagne. Ces influenceurs seraient d’abord albanais, puis plus tard égyptiens, vietnamiens, irakiens, turcs ou indiens. Ils recevraient en moyenne chacun 5 800 euros pour souligner, dans leurs vidéos, les risques encourus pour traverser la Manche mais aussi le mauvais accueil qu’ils recevraient dans le pays. Le ministre de l’Intérieur, James Cleverly, a déjà provisionné 674 000 euros pour financer un rappeur et des humoristes dans le même but. Mais il est douteux que cela soit très efficace pour des migrants qui souvent fuient non seulement la misère mais aussi les massacres, les guerres civiles et les catastrophes climatiques. C’est pourquoi vidéos d’influenceurs et concerts de rap ne les empêcheront certainement pas de prendre la route de l’exil.