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Brèves

L’actualité en bref

Recteur de l’académie de Paris depuis juillet 2020, Christophe Kerrero vient de démissionner après avoir été désavoué par sa ministre, Amélie Oudéa-Castéra. Kerrero avait pourtant tout validé des réformes Blanquer. Mais, à la rentrée 2024, il envisageait de transformer trois classes préparatoires aux grandes écoles parisiennes en ouvrant leurs formations aux bacheliers professionnels. Une façon selon lui de favoriser « la mixité sociale ». Mesure surtout cosmétique qui n’aurait pas changé grand-chose au fait que les jeunes de milieu favorisé trustent les meilleurs établissements et les meilleures classes. Mais cela était encore trop pour la ministre qui a montré, dans un passé récent, qu’elle défendait bec et ongles une conception purement élitiste de l’éducation.

À l’approche de l’élection présidentielle, prévue le 7 février prochain, la répression s’est accrue en Azerbaïdjan. Toute opposition au président Ilham Aliyev y est sévèrement réprimée. Militants des droits humains, journalistes ou encore opposants politiques subissent quotidiennement les foudres du régime. Déjà en novembre 2023, plusieurs journalistes et un membre de l’équipe administrative du média en ligne d’investigation Abzas, spécialisé dans la défense les droits humains, ont été arrêtés par les autorités du pays. Quelques jours plus tard, le consortium international de journalistes d’investigation Forbidden Stories (histoires interdites) dont font partie Radio France internationale et France 24, annonçait poursuivre le travail d’Abzas. La suspension provisoire de l’Azerbaïdjan du Conseil de l’Europe pour non respect des droits humains n’empêchera évidemment pas Aliyev, qui s’en moque, d’être « réélu triomphalement ».

L’ONU alerte sur le sort d’au moins 17 000 enfants qui sont « non accompagnés ou séparés » de leur famille, précisant qu’il est « extrêmement difficile » de retrouver leur trace, car certains ne peuvent « même pas dire leur nom » parce qu’ils sont blessés ou en état de choc. Dans le même temps, les locaux de Handicap International de la ville de Gaza ont été détruits lors d’un bombardement israélien a déclaré l’ONG, qui déplore n’avoir reçu « aucune alerte ou avertissement », alors que les coordonnées du bâtiment avaient été signalées aux autorités israéliennes « pour éviter que des locaux humanitaires ne soient pris pour cible par inadvertance », en pure perte. Enfin, le dernier bilan fait état de 27 131 personnes tuées depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza.

Le Centre international de recherche sur le cancer, la branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) spécialisée dans cette maladie, a publié des projections basées sur des données recueillies dans 185 pays. Elles anticipent une hausse de 50 % du nombre annuel de nouveaux cas de cancer diagnostiqués entre 2022 et 2040 (environ 30 millions) et de 77 % entre 2022 et 2050 (35 millions anticipés). L’OMS rappelle qu’en 2022, 19,96 millions de cancers avaient été dépistés. Si alcool, obésité, et pollution de l’air sont les facteurs-clés de cette augmentation un peu partout, la misère et le manque de structures médicales adéquates sont aussi des facteurs aggravants. D’après l’OMS, en proportion de la population, ce sont les pays les plus pauvres qui connaitront l’augmentation la plus forte (+ 142 %) et la mortalité la plus élevée d’ici 2050. Là encore la pauvreté tue…

Les polémiques n’en finissent plus d’éclabousser l’école privée catholique Stanislas, située dans le 6e arrondissement de Paris. Alors que l’établissement bon chic, bon genre est dans la tourmente depuis la publication d’un rapport accablant sur les dérives diverses et variées en son sein, le rectorat a suspendu l’un de ses enseignants visé par une plainte d’une jeune femme pour agressions sexuelles. Ce professeur d’histoire-géographie âgé de 63 ans enseigne à la fois à Stanislas et à Notre-Dame-de-Sion, une autre école privée catholique de la capitale. Il a aussi été professeur à l’École du Louvre jusqu’en 2020. Le directeur de Stanislas a reconnu avoir été en contact avec la plaignante dès 2022 et avait fait un signalement à ce sujet au rectorat… qui n’avait pas réagi. Et il ajoute que « les faits qui ont pu motiver la plainte à l’origine de cette suspension ne se sont pas déroulés au sein de l’établissement et relèvent de la vie privée du professeur ». Une conception assez particulière du concept de « vie privée ».

On avait un peu perdu de vue l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007, ralliée un temps à Macron qui la désigna ensuite comme sa représentante dans les zones glacées (ou plutôt comme « ambassadrice pour les pôles arctique et antarctique ») avant de rejoindre comme chroniqueuse l’émission poubelle de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste sur C8. Mais c’est sur BFMTV qu’elle vient de sévir. Sous prétexte de défendre l’agriculture bien de chez nous elle a lâché : « Vous avez goûté les tomates soi-disant bio espagnoles ? C’est immangeable ! » et de poursuivre « Le bio espagnol est un faux bio. » Sans donner le moindre élément de preuve de ce qu’elle avançait dans la mesure où les cultures bio sont soumises aux mêmes règles en France et en Espagne. Peu importe. Elle a réussi à faire le buzz avec sa sortie cocardière. Et elle a sans doute été applaudie par son public habituel, les pingouins et les manchots empereurs…

Les États-Unis ont annoncé imposer des sanctions contre plusieurs colons israéliens accusés de violences à l’encontre de Palestiniens en Cisjordanie occupée, où leurs méfaits se sont accrus en marge de la guerre dans la bande de Gaza. Ces sanctions interviennent dans le cadre d’un décret du président Joe Biden visant des personnes accusées d’ « actes de terrorisme » ou qui « sapent la paix, la stabilité et la sécurité » dans le territoire palestinien. En décembre, Washington avait commencé à imposer des interdictions de visa à des personnes impliquées dans ces violences. Mais il est bon de rappeler que, d’une part, ces sanctions ne visent qu’un très petit nombre de personnes (quatre selon le quotidien israélien Haaretz) et, d’autre part, que l’administration Biden pointe du doigt des comportements individuels sans s’en prendre au contexte d’apartheid et de colonisation qui leur sert de trame. Bref une opération de communication de la Maison-Blanche sans aucune portée réelle.

Au point de passage de Kerem Schalom, à la frontière entre Israël, l’Égypte et la bande de Gaza, des proches de personnes kidnappées par le Hamas le 7 octobre dernier et disparues depuis lors, viennent de rejoindre des militants israéliens de droite et d’extrême droite qui tentent de bloquer, depuis plus d’une semaine, les convois humanitaires qui essaient d’apporter une certaine aide aux Gazaouis. Ils se sont mobilisés à l’initiative d’un groupe baptisé Tsav 9 (Ordre 9), nom qui fait référence à un code d’urgence de l’armée israélienne en cas de guerre. Interviewés par France TV Info, des manifestants ne font pas dans la nuance. Pour eux tous les Gazaouis sont peu ou prou « affiliés » au Hamas. Quant aux familles des otages détenus par le mouvement islamiste, elles sont désespérées et estiment qu’il faut tout essayer pour les faire revenir et que jusqu’à présent les autres moyens de pression ont échoué. Sauf que se joindre à de telles actions imbéciles et criminelles ne peut qu’envenimer les choses et retarder sans doute d’autant l’éventuelle libération des leurs tout en aggravant la misère des Gazaouis.

Nestlé a été éclaboussé en France par des révélations du Monde et de Radio France pour avoir utilisé des traitements interdits d’ultraviolets et de filtres au charbon actif sur certaines de ses eaux minérales. En effet, à la différence de l’eau du robinet, l’eau en bouteille ne doit pas être traitée avec des dispositifs de désinfection pour pouvoir être qualifiée de « minérale naturelle » ou « de source ». Mais ce n’est pas seulement en France que le groupe suisse avait mis en œuvre de telles pratiques. Le quotidien helvétique Le Temps vient de révéler qu’en Suisse aussi, siège de son groupe, Nestlé avait utilisé différents systèmes pour « purifier » ses eaux minérales, là encore en toute illégalité. Mais, jusqu’à présent, la multinationale n’a guère été inquiétée par les autorités publiques qui se sont contentées de mises en garde sans lendemain.