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Brèves

L’actualité en bref

Catherine Vautrin, proche de Sarkozy et ministre sous Chirac, a été nommée ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités. Ultra-conservatrice, elle a manifesté et voté à l’époque contre le mariage homosexuel. Elle s’est aussi mobilisée, en 2017, contre une loi protégeant l’accès à l’avortement. Bref un florilège de positions réactionnaires, qui viennent s’ajouter à la politique d’austérité menée contre l’hôpital public depuis des années. Elle sera assistée par une ministre tout spécialement « déléguée à la Santé », Agnès Pannier-Runacher, pourvue d’un CV tout aussi prometteur : ses faits d’armes dans la santé, c’est d’avoir travaillé à la direction de l’AP-HP pour mettre en place le « plan hôpital 2007 », l’un de ces plans réguliers qui orchestrent fermetures d’unités, suppressions d’emplois, et réductions des RTT.

Le président Recep Tayyip Erdoğan s’est placé, du moins en paroles, résolument du côté des Palestiniens n’hésitant pas à qualifier Nethanyahou de « boucher de Gaza ». Son parti islamo-populiste a organisé plusieurs manifestations monstres à Istanbul en soutien aux Palestiniens, mâtinées cependant de forts relents anti-kurdes. Mais ces déclarations fracassantes ne freinent pas… le business. Un journaliste turc d’opposition exilé à Berlin, Metin Cihan, a recensé au jour le jour le trafic des navires qui relient les ports turcs à Israël. Entre le début de la guerre le 7 octobre et fin décembre, il en a dénombré pas moins de 450 dont certains transportaient du carburant pour les avions militaires israéliens ou du matériel stratégique destiné à la poursuite de la guerre. Et une bonne partie de ces bateaux appartiennent à des proches d’Erdoğan ou à certains de ses alliés politiques. Comme le dit le vieil adage « les affaires sont les affaires » et ce ne sont pas quelques dizaines de milliers de morts qui vont les perturber.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres lors de la septième manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza depuis le 7 octobre. Dans le cortège, composé de manifestants venus pour beaucoup en famille, des pancartes appelaient à « cesser de bombarder les enfants » à Gaza, mélangées à des rameaux d’oliviers, des drapeaux arc-en-ciel avec le slogan « Paix » et des centaines de drapeaux palestiniens. D’autres pancartes, représentant le Premier ministre britannique Rishi Sunak aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et du président américain Joe Biden, exhortaient le Royaume-Uni à « cesser de financer le génocide ». Partie de la City la manifestation s’est dirigée vers Parliament Square, où se trouve le palais de Westminster. Rappelons que le gouvernement britannique, fervent partisan de Netanyahou, a multiplié ces dernières semaines les mesures répressives à l’égard des soutiens aux Palestiniens dans les établissements scolaires et universitaires, les administrations et les entreprises.

Lors du premier Conseil des ministres, Macron a demandé à ses troupes d’être des « révolutionnaires ». Et cela n’a pas manqué. On a appris coup sur coup que la ministre de l’Éducation nationale scolarisait ses enfants dans un établissement catholique ultra-réac, que celle du Travail, de la Santé et des Solidarités avait été en pointe dans les manifestations contre le mariage pour tous et que celle de la Culture était mise en examen dans une affaire de conflit d’intérêts. La « révolution » macroniste va devoir attendre encore un peu…

Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga, une jeune mère de famille strasbourgeoise d’origine africaine de 22 ans, souffrait de violentes douleurs au ventre. Elle composait le 15 afin de contacter le Samu. Au téléphone, l’opératrice ne prit pas l’appel de la jeune femme au sérieux et se moqua d’elle tandis qu’elle agonisait. Elle devait mourir cinq heures plus tard au CHU de la capitale alsacienne. La famille portait plainte et une information judiciaire était ouverte à l’été 2018. Finalement la procureur de la République vient d’annoncer que l’opératrice du Samu avait été mise en examen pour « non assistance à personne en danger ». En outre l’enregistrement de la conversation téléphonique montre que derrière les railleries de la standardiste pointait une forme de racisme… qui cette fois a tué.

Comme chacun sait Mayotte manque d’eau. Ce qui oblige l’État à distribuer chaque mois 17 millions de bouteilles d’eau minérale achetées à l’île Maurice. Pour remédier à cette situation et pallier la production insuffisante de l’usine locale de dessalement d’eau gérée par le groupe Vinci, le préfet a décidé la construction d’une seconde installation, beaucoup plus performante. Seul problème : le lieu choisi, à Ironi Bé, se trouve sur le lagon, entouré d’une barrière de corail de 140 kilomètres de long, considérée par les biologistes marins comme un sanctuaire pour la bio-diversité marine. Jusqu’à présent les protestations des organisations écologistes, des riverains et de la députée locale sont restées sans réponse. Le préfet, qui avait reçu l’an dernier le soutien d’Élisabeth Borne, s’obstine malgré la catastrophe écologique annoncée. « Le quinquennat sera écologiste » disait Macron. Il n’en prend toujours pas le chemin.

C’est Mediapart qui la pointe du doigt. La nouvelle ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, a choisi un établissement privé ultra-réactionnaire pour scolariser ses enfants. Elle a jeté son dévolu sur le très catholique collège-lycée Stalinas, dans le 6e arrondissement de Paris, où des professeurs assimilent l’avortement à un meurtre et condamnent l’homosexualité. Ce qui n’a pas empêché ladite ministre d’affirmer sa détermination à servir « le service public de l’éducation ». Mais pas au point d’y mettre ses propres enfants. Et ce n’est pas un cas isolé. Car on ne compte plus les ministres, et les présidents de la République, qui sont passés par l’enseignement privé et y scolarisent leur progéniture. À l’évidence pour eux « l’école publique et républicaine », c’est pour le bas peuple et pas pour l’élite dont ils croient faire partie.

Parmi les arguments déployés pour tenter de convaincre de nouveaux clients, les distributeurs recourent à des publicités comparatives aux méthodologies variables (comparaison locale ou nationale, sur tout ou partie de l’assortiment…), et souvent contestables, leur permettant d’affirmer qu’ils sont moins chers que la concurrence. E.Leclerc est passé maître dans cet exercice et il vient de subir les attaques d’un de ses rivaux, Lidl. Dans une publicité sur les réseaux sociaux, le discounter allemand s’est attaqué frontalement à son rival l’accusant de « comparer l’incomparable » pour se présenter comme l’enseigne la moins chère. Lidl a pointé une comparaison entre ses céréales et celles de la gamme premier prix de son concurrent. Moins chères, les céréales d’E.Leclerc contiendraient, dixit Lidl, « 49 % de blé et 40 % de cacao en moins » que ses propres céréales. On ne se prononcera pas là-dessus. Mais il est bien connu que les grandes surfaces bidonnent leurs pubs pour attirer le chaland et lui faire les poches. Dans cette histoire, Lidl, quoi qu’il en dise, ne défend pas plus les consommateurs que les autres.

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé avoir passé commande à Dassault de 42 exemplaires supplémentaires de l’avion de combat Rafale pour les besoins de son Armée de l’air. Cette commande, qui viendra s’ajouter aux 165 appareils déjà en activité, représente un « investissement de plus de cinq milliards d’euros ». Une façon de rappeler que, malgré la crise, ces dernières années le budget de l’armée a explosé au moment où le gouvernement s’en prenait aux retraites et aux demandeurs d’emploi et laissait se dégrader l’hôpital et l’école. Comme le disait déjà une chanson contestataire du début du siècle dernier : « Au lieu d’acheter tant d’aéros, donnez du pain au populo ! »