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Brèves

L’actualité en bref

C’est mercredi 15 juillet que les députés doivent valider, pour la dernière fois avant son adoption définitive, la loi créant un droit à mourir et légalisant une forme d’assistance au suicide pour certains malades atteints d’une affection grave et incurable. Mais les anti-loi fin de vie, qui se recrutent à droite, à l’extrême droite et dans une partie du clergé, ont jeté leurs dernières forces dans la bataille. Dimanche dernier, une trentaine d’avocats, médecins, professeurs de droit et de philosophie se sont fendus d’une tribune publiée dans Le Journal du dimanche pour dénoncer un « texte (qui) ne peut susciter l’esprit de fête que chez des personnes ayant perdu tout sens de l’humanité, de l’éthique et du sacré ». Parmi les signataires, François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président du parti Les Républicains, principale force politique opposée au texte. Toujours chez Les Républicains, Gérard Larcher, le président du Sénat, a annoncé qu’il comptait déposer un recours pour contester la conformité du projet devant le Conseil constitutionnel. Quant au très réactionnaire évêque de Bayonne, Marc Aillet, il a ni plus ni moins proposé dans une interview à La France catholique d’excommunier les parlementaires qui voteraient un texte qui, selon les sondages, est approuvé plus de 80 % des personnes interrogées. Mourir dans la dignité est un droit qui ne doit pas dépendre du bon vouloir de l’Église ou de la droite réactionnaire. Reste maintenant à faire que ce droit soit effectivement appliqué alors même que les services de soins palliatifs sont débordés et les urgences des hôpitaux au bord de l’asphyxie.

Après la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, c’est au tour de l’ancien Premier ministre espagnol de droite Mariano Rajoy, de se livrer lui aussi sans complexe à une attaque raciste contre les Bleus. Dans une tribune publiée après la victoire de l’Espagne contre la Belgique, synonyme de qualification pour une demi-finale attendue contre la France, Rajoy évoque le onze tricolore comme une équipe « de très haut niveau » et qui « joue un excellent football ». Mais il ajoute : « Cela dit, il n’y a pas de Français », allusion à la couleur de la peau de nombreux joueurs. Là encore ses déclarations ont suscité nombre de protestations. Ce Mondial restera sans doute dans les annales comme le plus raciste de l’histoire récente. Avec Trump comme parrain, rien d’étonnant !

Le dernier rapport de l’Insee, qui porte sur l’année 2024, montre que 9,8 millions de personnes vivaient alors sous le seuil de pauvreté, soit 15,4 % de la population. Depuis l’arrivée de Macron à l’Élysée, le nombre de pauvres, c’est-à-dire ceux dont les ressources sont inférieures à 60 % du revenu médian, s’est accru de 1,2 million de personnes. Les catégories les plus touchées sont les chômeurs (36,1 %) et les familles monoparentales (34 %). Enfin 32,8 % des immigrés sont pauvres, plus particulièrement ceux nés en Afrique (39,7 %). Les inégalités continuent de s’accentuer et atteignent leur plus haut niveau en 30 ans. Et encore ces chiffres ne concernent que la Métropole. Ils seraient encore plus alarmants si on y incluait les territoires d’outre-mer dont la majorité population est très démunie. En résumé les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a annoncé le dépôt de plaintes pénales aux États-Unis après la mort de 17 migrants mexicains placés en détention ou lors d’opérations menées par la police de l’immigration de Trump, la sinistre ICE. Le dernier en date, Lorenzo Salgado, 52 ans, a été abattu par balle au volant de sa camionnette à Houston (Texas) alors qu’il se rendait à son travail. Ce père de famille sans histoire vivait sur place depuis près de 35 ans. Le Mexique entend également engager « des actions civiles » contre les entreprises qui gèrent les centres de détention de l’ICE et demandera au Haut Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies « la protection » de ses ressortissants dans ces installations. Depuis le début du second mandat de Donald Trump, au moins 52 décès ont été comptabilisés dans les camps de concentration de l’ICE, dont 33 personnes en 2025 et 19 depuis le début de cette année. En outre, en janvier, Renée Good et Alex Pretti, deux citoyens américains qui protestaient contre les actions anti-migrants, avaient été abattus dans la rue. La politique anti-migrants du locataire de la Maison-Blanche continue de tuer…

La pollution marine due aux algues vertes est causée par les nitrates produits par les déjections des animaux (surtout les porcs) élevés dans des élevages industriels. Ces algues dangereuses prolifèrent dans huit baies et treize secteurs vasiers de Bretagne couvrant plus de 2 000 hectares. Elles ont coûté la vie à trois personnes depuis 1989. En 2021, dans un premier rapport fort de 300 pages, la Cour des comptes pointait déjà l’inaction de l’État dans ce domaine. Cinq ans plus tard, elle vient de publier un second rapport tout aussi sévère que le premier. Elle constate que sur les 33 recommandations et pistes d’action qu’elle avait proposées à l’époque, seules sept ont été suivies avec plus ou moins d’effet. Le reste a été superbement ignoré. Bien mieux, l’État a encore assoupli la législation permettant l’ouverture ou l’agrandissement d’élevages industriels en accroissant d’autant la pollution et la prolifération des algues.

Les clients des supermarchés Coopérative U peuvent désormais recevoir « un ticket carbone » sur lequel sera détaillée l’empreinte carbone de leurs achats. L’enseigne a annoncé avoir généralisé cette pratique à l’ensemble de ses 1900 magasins après une phase pilote dans 14 d’entre eux. « Cela prend en compte tout le cycle de vie du produit, de la production jusqu’au produit en rayon », a expliqué Pauline Jacquemard, la directrice de la responsabilité sociétale des entreprises, un pseudo-comité d’éthique censé vérifier les bonnes pratiques écolos des magasins. Des initiatives semblables avaient déjà été prises par d’autres enseignes comme Carrefour ou E. Leclerc. Cela ne va rien changer à la production de gaz à effet de serre de la grande distribution, peu pressée de changer ses pratiques, mais permet aux principales enseignes d’apparaître aux yeux d’une partie au moins de leur clientèle comme respectueuses de l’environnement. Ce qui ne mange pas de pain et ne coûte pas grand-chose.

Les récentes canicules ont montré à l’ensemble de la population que le gouvernement n’avait pratiquement rien prévu alors que le changement climatique est annoncé par les scientifiques depuis plusieurs décennies. C’est le même constat que vient d’effectuer le Haut Conseil pour le climat dans son dernier rapport, particulièrement alarmant. Dix ans après la signature de l’Accord de Paris, il juge les politiques publiques mises en œuvre notoirement « insuffisantes » et appelle à amplifier la baisse des émissions de gaz à effet de serre, à mieux financer l’adaptation de la société au réchauffement et à éviter que les retards climatiques n’aggravent les inégalités sociales. Nobles recommandations qui ont peu de chance d’être suivies d’effets. Pour lutter contre le réchauffement, le gouvernement se contente de créer des structures aux noms ronflants (plan national d’adaptation au changement climatique, programmation pluriannuelle de l’énergie, projet de stratégie nationale bas-carbone…) mais, dans le même temps, déroule le tapis rouge aux principaux pollueurs (TotalEnergies, groupe CMA CGM) et aux groupes bancaires qui investissent massivement dans les énergies fossiles (genre BNP Paribas). Une politique qui pave la voie à de nouveaux désastres climatiques.

Le gouvernement a annoncé que, pour la troisième année consécutive, il avait décidé la non-revalorisation du point d’indice des fonctionnaires lors d’une réunion entre le ministre des Comptes publics, David Amiel, et des représentants de huit organisations syndicales. Motif avancé : une revalorisation de 1 % coûterait 2,4 milliards par an à l’État qui, là encore, a décidé de faire des économies sur le dos des salariés du secteur public qui, comme ceux du privé, voient leur pouvoir d’achat grignoté chaque jour par l’inflation. Et cela dure depuis des années, car même lorsqu’il y a eu des augmentations, elles ont toujours été inférieures à la hausse des prix. À l’heure actuelle, près de 900 000 fonctionnaires ont une grille salariale inférieure au Smic, compensée par une indemnité référentielle qui n’offre aucune perspective de progession. L’ensemble des organisations syndicales appellent à une grève le 29 septembre. Il n’y a plus qu’à espérer que cela ne sera pas une journée sans lendemain.

Après six mois de travaux, la commission d’enquête sur les accords du Touquet – signés en février 2003 entre Londres et Paris pour empêcher les migrants d’atteindre les côtes britanniques – a conclu que ces derniers étaient un échec. Tablant sur le tout sécuritaire – arrestations, arraisonnement des bateaux en mer, saccage des camps de regroupement, etc. – ces derniers n’ont pas empêché les traversées clandestines de se poursuivre mais les ont rendues plus dangereuses. En plus les forces de l’ordre ont pourri sciemment la vie des migrants. Quant à la politique de leur éloignement forcé des côtes de la Manche, elle a fait un flop. C’est ce que dénoncent d’ailleurs depuis des années les organisations de solidarité actives sur tout le littoral qui demandent en vain de « mettre fin à cette gestion sécuritaire » de la frontière. Chaque année, plus de 40 000 personnes parviennent à atteindre clandestinement les côtés du Royaume-Uni. En 2025, 31 personnes sont mortes en mer, après 78 en 2024. Et le bilan continue de s’alourdir chaque jour.