Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Une étude Oxfam vient d’être publiée sur 1 500 entreprises et sur 33 pays. Elle montre que les PDG et dirigeants français deviennent de plus en plus riches et les salariés de plus en plus pauvres. Sur les six dernières années, l’évolution mondiale indique que le salaire réel des travailleurs (équivalent à leur pouvoir d’achat) a diminué de 11 % tandis que celui des PDG a augmenté de 54 %. Ce sont les travailleurs qui créent la richesse, elle devrait leur revenir. Bienvenue dans le capitalisme !

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a écarté la possibilité de lever « la moindre sanction » internationale contre l’Iran tant que le détroit d’Ormuz reste bloqué. Sauf qu’il feint d’oublier que lesdites sanctions internationales, auxquelles Paris est étroitement associé, n’ont rien à voir avec la guerre actuelle et ont été prises contre le régime de Téhéran depuis des années parce qu’il était soupçonné de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Mais les mêmes ne prennent aucune sanction contre Israël qui, selon les experts, possède pourtant plusieurs dizaines d’ogives atomiques fabriquées à l’origine avec l’aide technique… de la France. Ce qui ne semble pas gêner Barrot…

L’ONG norvégienne Aegean Boat Report, qui vient en aide aux migrants en détresse en mer Égée, a reçu un appel d’urgence de personnes accusant les garde-côtes grecs d’avoir refoulé et endommagé leur embarcation. « Le groupe nous a raconté avoir été violemment repoussé par les garde-côtes grecs. D’après les survivants, ces derniers ont détruit le moteur, endommagé le canot […] et les ont laissés dériver en mer tandis que l’embarcation prenait l’eau », écrit l’ONG, qui documente depuis des années les refoulements illégaux dont sont accusés les garde-côtes grecs. Finalement un migrant a péri dans la collision et 43 autres ont été secourus par les garde-côtes turcs dont quatre se trouvaient dans l’eau. Déjà, début février, 15 migrants avaient été tués dans une collision entre leur embarcation et un patrouilleur des garde-côtes grecs au large de l’île de Chios, située à quelques encablures des côtes turques. Depuis des années, l’attitude criminelle d’Athènes à l’égard des migrants a toujours été couverte par l’Union européenne. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, au moins 1 209 migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée depuis le début de l’année.

Le 7 mai 1946, une loi était promulguée qui proclamait citoyens français tous les ressortissants des « territoires d’outre-mer », la nouvelle dénomination des colonies françaises. Portée par le maire de Dakar et député socialiste, Lamine Guèye, elle mettait fin au Code de l’indigénat, en place depuis 1881, et qui considérait les « indigènes » comme des sous-hommes, exploitables et corvéables à merci, alors que les Français étaient les vrais maîtres. Mais si la nouvelle loi constituait un progrès, seuls les Français métropolitains disposaient en réalité de la plénitude des droits civils et politiques. Pour les autres, les droits différaient et l’on pouvait avoir des citoyens français de statut personnel différent – français, musulman ou encore coutumier. Et il fallut attendre encore dix ans, et la loi-cadre Defferre de 1956, pour que le suffrage universel, le collège électoral unique et l’égalité formelle de tous soient pleinement instaurés. Ce qui n’empêcha pas, quelques années plus tard, la plupart des colonies d’opter pour l’indépendance et de rejeter les liens de sujétion à la métropole. Et si aujourd’hui l’empire colonial se réduit à quelques confettis, le capitalisme français continue toujours d’exploiter ses anciennes colonies par le biais de classes dirigeantes locales souvent corrompues et dictatoriales. C’est ce qu’on appelle la Françafrique !

L’ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, a annoncé qu’elle se retirait de la direction du parti macroniste Renaissance pour se consacrer au nouveau mouvement qu’elle a créé « Bâtissons ensemble ». Si l’antagonisme et la guerre d’égos entre elle et le président du parti, Gabriel Attal, qui fut son ministre de l’Éducation nationale, sont bien connus et documentés de longue date, le conflit actuel vient du fait qu’Attal brigue la présidence en préconisant une alliance avec la droite alors que Borne lorgne plutôt vers un accord avec des gens de la gauche « modérée » comme Glucksmann, Cazeneuve voire Hollande. Mais au-delà des divergences de vue, qui ne sont malgré tout pas très profondes, tout ce petit monde se déchire pour savoir quel sera le meilleur moyen d’avoir accès à la mangeoire présidentielle. De ce point de vue ils se valent tous.

C’est Mediapart qui révèle l‘information. Alors que le procès en appel de Sarkozy dans l’affaire des financements libyens bat son plein, Arnaud Lagardère, le PDG du groupe de médias et de distribution du même nom, passé sous le contrôle de Vincent Bolloré, a réitéré son soutien à l’ex-président. Lors de l’assemblée générale des actionnaires, à Paris, Lagardère, a qualifié l’ancien président de la République d’« un ami du groupe » – et a souligné qu’il serait maintenu dans son statut d’administrateur, y compris en cas de confirmation de sa condamnation. De la part d’Arnaud Lagardère lui-même empêtré dans plusieurs affaires judiciaires, c’est, en quelque sorte, une solidarité entre délinquants.

Une note publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques révèle que plus d’un tiers des foyers éligibles au revenu de solidarité active (RSA) ne touche pas cette prestation sociale, ce qui représente environ 560 000 familles. En effet, le versement du RSA n’est pas automatique et il faut le demander auprès de la Caisse d’allocations familiales. Beaucoup ne font pas la démarche par ignorance. C’est le cas des personnes âgées qui se perdent dans les démarches administratives qui se font désormais par Internet qu’elles ne maîtrisent pas. Et au lieu de nous bassiner régulièrement sur la fraude sociale dont se rendraient coupables les plus pauvres, les pouvoirs publics feraient mieux de consacrer plus d’effort à ceux qui ont droit à ces prestations sans les percevoir, notamment en rendant automatique le versement du RSA.

Omar Alsoumi, cofondateur et porte-parole du collectif Urgence Palestine, comparait devant le tribunal correctionnel de Paris pour « apologie du terrorisme ». C’est le 17 mars 2005 que Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, signalait au parquet Alsoumi et, deux mois plus tard, demandait la dissolution d’Urgence Palestine. Sur le fond, ce qu’on lui reproche, c’est sa dénonciation du génocide commis par Israël dans la bande de Gaza, la colonisation forcée qui se poursuit en Cisjordanie et les crimes de guerre de l’armée sioniste, non seulement dans les territoires palestiniens mais aussi au Liban et en Iran. Selon l’une de ses avocates, Me Elsa Marcel, ce procès « démontre l’hypocrisie de l’État français, qui prétend d’un côté reconnaître l’État de la Palestine, mais qui de l’autre continue de persécuter les voix qui expriment leur solidarité avec la cause palestinienne ». Solidarité avec Alsoumi et Urgence Palestine !

D’après une enquête de l’Agence France-Presse portant sur 7 299 stations, les prix du SP95 et SP98 ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la guerre contre l’Iran, lancée il y a plus de deux mois par les États-Unis et Israël. Le prix du litre de super sans plomb SP95-E10, l’essence la plus consommée dans le pays, était en moyenne mercredi 6 avril à 2,038 euros. C’est 32 centimes de plus (+18,47 %) par rapport au 27 février, veille des premières frappes sur l’Iran. Le SP98 s’affichait à 2,123 euros le litre une hausse de près de 30 centimes (+16,29 %). Face à cela le gouvernement a adopté quelques mesurettes et se refuse toujours à s’en prendre aux sur-profits des raffineurs et des distributeurs. Bien mieux, le principal d’entre eux, TotalEnergies, accusé notamment de « profiter de la guerre » après avoir révélé ses records de bénéfices au premier trimestre, a menacé les pouvoirs publics d’arrêter son plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service en cas de surtaxe sur ses profits. Et, comme d’habitude, le gouvernement se couche…