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Brèves

L’actualité en bref

C’est un mini coup de théâtre qui a stoppé le débat sur le projet de loi immigration qui devait commencer lundi en séance publique à l’Assemblée nationale. Et un camouflet pour le ministre de l’Intérieur qui le portait à bout de bras. Par 270 voix pour et 265 contre, les députés ont voté en faveur de la motion de rejet préalable déposée par les écologistes. Conséquence directe : les débats qui devaient se dérouler pendant 15 jours n’auront pas lieu. Si cela contrarie les projets de Darmanin, cela ne change pas grand-chose sur le fond car cela ne fait que retarder un peu l’échéance. De plus, les Républicains et des parlementaires du Rassemblement national qui ont voté pour la motion sont partisans d’une législation encore plus dure et plus inhumaine que celle proposée dans le projet. On n’a donc rien à attendre de cette opposition parlementaire qui, le temps d’un vote, a fait alliance avec la gauche réformiste qui, lorsqu’elle était aux manettes, a produit aussi ses propres textes en la matière. Pour sortir de ce fourbi, une seule solution : régulariser tous les sans-papiers et ouvrir les frontières.

À Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône a voulu interdire la manifestation de soutien avec le peuple palestinien du samedi 9 décembre sous prétexte d’une incitation à la haine et à la violence. Cette interdiction a été levée après un référé-liberté déposé par les organisateurs. À Nice, c’est même la huitième fois que la préfecture se fait reprendre par la justice. Si Macron et Darmanin cherchaient à éteindre notre mobilisation, dont ils ne voulaient pas, c’est près d’un millier de manifestants qui ont réaffirmé leur soutien à Gaza. Et qui continueront quoi qu’en dise le gouvernement.

Que sa santé soit en jeu pour qu’une femme puisse avorter, c’est abject. Qu’il faille qu’un juge décide ou non de l’autoriser, c’est abject. Que même là, la décision puisse être invalidée par une Cour suprême, c’est abject. Pourtant c’est bien la réalité pour Kate Cox, une Texane de 31 ans. Car dans cet État réac’, même le très réduit reliquat de droit à l’avortement n’est pas respecté.

À Gaza, la guerre ne fait que s’amplifier, avec plus de 17 700 morts déjà. Si les grandes puissances ont pris le parti de l’État d’Israël et de sa guerre contre un peuple, un peu partout sur la planète, la solidarité avec les Palestiniens continue à s’exprimer, notamment dans la rue. À Paris, la manifestation de samedi a compté avec la présence du collectif « Soignantes pour Gaza », qui manifeste depuis plusieurs semaines son indignation face à cette guerre où les hôpitaux sont aussi pris pour cibles.

La guerre ne s’arrête pas, notre mobilisation doit continuer, soyons nombreuses et nombreux aux prochaines manifestations.

Construire une tour pour abriter juges et caméras pour les épreuves de surf des JO 2024, au-dessus d’un récif corallien : en voilà une bonne idée ! Associations et populations locales sont vent debout contre ce projet destructeur d’un milieu aquatique si fragile, alors même que les épreuves ne dureront qu’une poignée de jours. Remplir les caisses des organisateurs, au détriment des écosystèmes et des populations, voilà la gestion capitaliste des évènements sportifs.

Mardi dernier, l’équipe de jour des urgences de l’hôpital Pitié-Salpêtrière, à Paris, a fait grève pour plus d’effectifs et de moyens. La direction de l’hôpital, qui a commis l’erreur de sous-estimer la colère des employés, n’avait même pas préparé le service minimum ni assigné les agents ! Ceux-ci ont marqué le coup et ils ont eu raison. Après un jour de grève, ils ont obtenu « l’affectation » de plus de personnel aide-soignant et infirmier dans le service, et quelques rustines côté matériel : audits sur le matériel et les besoins, « prêt » de brancards en attendant d’en avoir des neufs, renouvellement d’une imprimante… Bref, un début, et tous restent mobilisés pour contraindre la direction à tenir ses engagements, et remettre le couvert si nécessaire ! Étant donné le ras-le-bol dans tous les services, et d’autres grèves dans des services hospitaliers, comme en réa à l’hôpital Tenon à Paris, ou encore aux cuisines de l’hôpital Paul Guiraud à Villejuif, la colère aurait intérêt à se transformer en un mouvement d’ensemble !

Nasser Abou Baker, le président du syndicat des journalistes palestiniens, a participé à la Bourse du travail de Paris, à un meeting intitulé : Guerre de Gaza : journalistes tués, l’information continue. Il était organisé par une large intersyndicale de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, FO, CFDT) et par la Fédération internationale des journalistes. On a appris que depuis le 7 octobre au moins 75 journalistes avaient été tués au cours de plus de 200 attaques, dont certaines menées spécifiquement contre eux. Certains avaient même reçus des menaces de mort sur leur portable avant même d’être abattus du fait de leur métier. En plus des Gazaouis, c’est aussi l’information qu’on assassine chaque jour.

Le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Haitham al-Ghais, a envoyé une lettre urgente au 23 pays membres de son organisation présents à la COP 28, leur demandant de s’opposer à toute résolution visant à sortir des énergies fossiles. Parmi ses membres, on trouve des représentants de l’Irak, de l’Iran, des Émirats arabes unis (qui président cette année la COP), ou encore de l’Arabie saoudite. Son message a également été envoyé aux dix pays associés, parmi lesquels le Mexique, l’Azerbaïdjan, la Russie ou la Malaisie, tous présents à Dubaï. Les décisions se prenant à l’unanimité, on est à peu près sûr que rien ne sera décidé sur des énergies comme le charbon, le pétrole ou le gaz naturel, principales causes du réchauffement du climat. Une COP pour rien… comme d’habitude.

Les États-Unis se sont opposés à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui réclamait un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Ce projet de résolution, soutenu par près de 100 pays, exigeait « un cessez le feu immédiat », la libération des otages et un accès facilité de l’aide humanitaire. Le projet de résolution, qui a recueilli treize voix pour, une contre (États-Unis) et une abstention (Royaume-Uni), avait été préparé par les Émirats arabes unis après l’invocation par António Guterres de l’article 99 de la Charte des Nations unies, qui permet au secrétaire général d’attirer l’attention du Conseil sur un dossier qui « pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales ». Cela dit, même si la résolution avait été adoptée, rien ne dit qu’elle aurait empêché Israël de continuer sa sale guerre. Ce ne serait pas la première fois (ni la dernière) que l’État sioniste ne tiendrait aucun compte des résolutions onusiennes. Mais Washington ne veut pas provoquer la moindre contrariété de l’État hébreu, son principal allié dans la région. Depuis 1970, sur 39 résolutions sur le dossier israélo-palestinien présentées au Conseil de sécurité, 35 ont été rejetées du fait, entre autres, du veto américain.