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Brèves

L’actualité en bref

Cela n’a pas tardé. À peine la Cour suprême avait-elle interdit le mouvement LGBT+ pour « extrémisme » que des descentes policières ont eu lieu à Moscou dans des boîtes de nuit fréquentées par la communauté ainsi que dans un sauna pour hommes. Dans l’une d’entre elles la police a fait stopper la musique et commencé à fouiller les lieux. Puis les agents ont photographié les passeports de personnes présentes. Au moins trois établissements et un sauna ont été visés par ces descentes, selon les médias Sota et Ostorozhno Novosti. La veille, à Saint-Pétersbourg, la boîte de nuit Central Station, l’un des plus anciens clubs gays, a annoncé sa fermeture. Un peu partout la répression contre les personnes LGBT+ se durcit, le pays se posant en porte-drapeau des valeurs « traditionnelles » face à la décadence supposée de l’Occident.

La junte militaire a mis fin à l’accord qui liait le pays à l’Union européenne qui lui avait confié la tâche de bloquer les migrants à ses frontières afin qu’ils ne puissent pas atteindre le Vieux Continent. Le Niger est, après la Tunisie, le second pays africain à dénoncer un tel accord qui consistait, pour les 27, à externaliser les contrôles aux frontières. Officiellement il s’agit pour Niamey de dénoncer une loi qui contrevenait à la libre circulation des personnes et des biens. On peut cependant douter de la volonté humaniste d’un régime qui pourchasse férocement les opposants. Il s’agit surtout d’une question de gros sous, les subventions européennes versées au Niger étant jugées très inférieures au bénéfice pécuniaire que le pays tire de l’accueil des migrants – légaux et illégaux – qui traversent son territoire dans leur long périple vers l’Europe, généralement via la Libye ou l’Algérie. En effet il existe toute une infrastructure chargée de les prendre en charge avec passeurs, accompagnateurs, chauffeurs de taxis, restaurants et logements qui leur sont spécialement destinés et qui fait vivre sur leur dos des villes entières comme Agadez, pivot entre le Sahel et le Sahara. Mais on ne regrettera pas que des pays africains – quelles que soient les raisons invoquées – refusent de faire ce sale boulot pour le compte des riches pays d’Europe.

L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, tire la sonnette d’alarme sur le sort des milliers d’enfants palestiniens tués, blessés ou disparus depuis le début du conflit. « L’inaction de ceux qui ont de l’influence permet l’assassinat d’enfants », a accusé le porte-parole de l’Unicef, James Elder, depuis l’hôpital Nasser de Gaza, dans une vidéo partagée sur son compte X. De son côté, la directrice générale de l’association, Catherine Russel a déclaré : « La bande de Gaza est de nouveau l’endroit le plus dangereux au monde pour être un enfant », en rappelant qu’avant la trêve, « plus de 5 300 enfants palestiniens auraient été tués dans 48 jours de bombardement incessant… Un chiffre qui ne comprend pas beaucoup d’enfants toujours portés disparus et présumés enterrés sous les décombres ». Et ceux qui, comme Biden et Macron, appuient Israël dans cette sale guerre sont complices de ces crimes.

« Pas de papiers, pas de JO ». Le chantier Arena à la porte de la Chapelle, l’un des futurs sites des Jeux olympiques 2024 de Paris, a été brièvement occupé par une cinquantaine de manifestants. Leur objectif : protester contre la situation de travailleurs sans-papiers, à l’appel notamment de la Confédération nationale des travailleurs-Solidarité ouvrière (CNT-SO). Bouygues « refuse » que les travailleurs sans-papiers ayant déposé en préfecture une demande de permis de séjour « reviennent travailler sur son pseudo “chantier exemplaire” », a accusé la CNT dans un communiqué. « Douze à quinze travailleurs intervenant sur ce chantier sont concernés », a expliqué un membre du syndicat, Étienne Deschamps. Les manifestants ont été reçus par le maire socialiste du 18e arrondissement, Éric Lejoindre, qui a déclaré : « Nous soutenons totalement leur combat et nous allons aider à dénouer la situation. »

Quelque 200 manifestants d’extrême droite ont participé à un rassemblement place du Panthéon à Paris à l’appel d’un groupuscule, Les Natifs, prétendument en hommage au jeune Thomas tué lors d’une fête de village dans la Drôme. Un fait divers utilisé par la droite et l’extrême droite pour alimenter leurs campagnes anti-immigrés et arabophobes. « Je suis scandalisé par la manifestation à Paris. Le préfet de police sur mon instruction l’avait interdite, la justice l’a autorisée » a déclaré Darmanin. Mais, hasard du calendrier, il a fait cette déclaration à l’Assemblée nationale à la toute fin de l’examen en commission du projet de loi… sur l’immigration. Une législation clairement dirigée contre les migrants et qui ne peut qu’alimenter un peu plus les sentiments racistes et xénophobes. Des sentiments sur lesquels surfe l’extrême droite qui peut remercier Darmanin pour lui faciliter les choses.

Israël a repris ses bombardements intensifs sur la bande de Gaza après la fin de la brève, les deux parties s’accusant mutuellement de l’avoir violée. Cela a été l’occasion pour Washington de prétendre que ses diplomates n’avaient pas ménagé leurs efforts pour la prolonger, sans succès. Mais cela est de l’hypocrisie à l’état pur, destinée surtout à faire croire que tout en soutenant l’État sioniste l’impérialisme américain fait son possible pour parvenir à une issue pacifique. Une posture supposée réduire l’hostilité d’une grande partie de l’opinion mondiale à l’égard des États-Unis, considérés avec raison comme complices des crimes israéliens. Si Biden avait voulu sérieusement maintenir la brève il lui suffisait de décider d’arrêter immédiatement de fournir des armes à l’État sioniste. Rappelons que sans ces livraisons d’armes quotidiennes un dispositif comme « le Dôme d’acier », le système de défense aérienne israélien, ne tiendrait pas plus de trois jours. C’est d’ailleurs pourquoi Israël reste l’allié le plus sûr du monde impérialiste au Moyen-Orient.

La compagnie aérienne à bas coût Volotea vient d’être condamnée à une amende de 150 000 euros par la cour d’appel de Bordeaux pour « travail dissimulé ». Entre 2013 et 2018, elle avait fictivement domicilié à Barcelone 18 de ses pilotes qui travaillaient en fait à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Ce tour de passe-passe lui avait permis d’économiser plusieurs centaines de milliers d’euros en ne cotisant pas à la Sécurité sociale en France, ni à la Caisse de retraite des pilotes (qui n’existe pas en Espagne) à laquelle elle devra verser 416 000 euros de dommages et intérêts. Pour une fois la fraude n’a pas payé.

Plusieurs milliers de livreurs d’Uber Eats ne seront pas connectés sur la plateforme ce week-end. Ils sont appelés à faire grève pour protester contre le changement de leur rémunération. Depuis trois semaines le système est géré par un algorithme. Conséquence : le revenu moyen des quelque 60 000 personnes qui travaillent pour la plateforme a baissé de 10 à 30 %, selon le syndicat Union indépendants qui accompagne cette grève nationale avec la CGT et Sud Commerces et services. Un jeune livreur, posté sur le parvis de la Défense, près de Paris, explique avoir vu sa rémunération baisser. Le jeune homme travaille pour Uber Eats depuis 2016, mais ces dernières semaines, il doit pédaler beaucoup plus. Et d’expliquer : « Avant quand je travaillais en journée, je gagnais 150 euros. Là, il y a des jours où faire 100 euros, ce n’est pas évident. Maintenant, ça m’arrive le week-end de travailler la nuit entre minuit et trois heures du matin pour compléter… » La direction d’Uber Eats défend l’utilisation de son algorithme qui tiendrait mieux compte des conditions de travail et serait plus juste. Plus juste pour qui ? Pour les bénéfices du patron certainement.

Dans un discours prononcé à Dubaï, à la COP 28, Emmanuel Macron, a appelé les pays du G7 (France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie, Canada) à mettre fin au charbon avant 2030 pour « montrer l’exemple ». Un appel qui n’a aucune chance d’être entendu, nombre de ces pays n’ayant pas l’intention d’abandonner le charbon ou même ouvrent de nouvelles mines comme le Canada. Mais, comme à son habitude, l’important pour Macron est de faire le buzz.