Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Les mutuelles vont augmenter drastiquement leurs tarifs en 2024. Principale cause : le gouvernement a décidé une baisse des remboursements, notamment en dentaire, qui doit être compensée par les mutuelles dans le cadre du 100 % santé. Macron s’était fait mousser avec ce 100 % santé, mais à nous de payer la note !

Après les catholiques, les protestants. Ils sont rattrapés à leur tour par un scandale d’agressions sexuelles. Annette Kurschus, l’une des hautes responsables de l’Église protestante, a démissionné après avoir été accusée d’avoir couvert une affaire de mœurs mettant en cause un de ses amis, pasteur comme elle. Jusqu’à présent, cette Église, la deuxième en importance par son nombre de fidèles (20 millions), derrière les catholiques (22 millions), avait été épargnée par ce type de scandales qui ont largement éclaboussé l’institution catholique. Une étude commandée par la Conférence épiscopale, en 2018, avait conclu que 1 670 membres du clergé catholique du pays avaient commis une forme ou une autre d’agression sexuelle sur 3 677 mineurs entre 1946 et 2014. Cependant, le nombre réel de victimes serait bien plus élevé. Aujourd’hui, en démissionnant, Annette Kirschus espère mettre un point final à cette affaire et éviter toute enquête d’envergure. Pas sûr qu’elle y parvienne. Cependant, ce qui laisse pantois, est la propension des ecclésiastiques d’abuser de leurs ouailles en étant généralement couverts par leur hiérarchie.

Cinquante-trois journalistes et collaborateurs de médias ont été tués depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, selon le dernier décompte du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), dont le siège est à New York et qui comptabilise les victimes en Israël, dans la bande de Gaza et à la frontière libanaise. En outre le CPJ indique que 11 journalistes ont été blessés et trois sont portés disparus. Les deux dernières victimes, qui appartenaient à la chaine de télévision pan-arabe al-Mayadeen, ont été tuées mardi par des tirs israéliens au Sud-Liban. Au total quarante-six de ces journalistes étaient palestiniens, quatre israéliens et trois libanais. Sans surprise, ce sont les professionnels palestiniens des médias qui paient le plus lourd tribut.

Selon un rapport d’Oxfam, une ONG de lutte contre la pauvreté, les 1 % les plus riches de la planète (77 millions de personnes) émettent autant de gaz à effet de serre que les deux tiers de la population la plus pauvre, soit 5,11 milliards de personnes. Le rapport intitulé L’égalité climatique : une planète pour les 99 %, s’appuie sur des recherches compilées par l’Institut de l’environnement de Stockholm et analyse les émissions liées à la consommation, associées à différentes catégories de revenus jusqu’en 2019. Nouvelle preuve que, dans tous ses aspects, la défense de l’environnement ne peut être menée à bien sans s’en prendre aux nantis. En France, en dix ans, les 1 % les plus riches ont émis autant de carbone que les 50 % les plus pauvres. Un exemple parmi d’autres : les émissions du milliardaire Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe LVMH, sont 1 270 fois supérieures à celles d’un citoyen moyen. Pour le bien de la planète il n’est plus que temps de se débarrasser de ce genre de pollueurs et de leur système de classe.

Une proposition de loi visant à réhabiliter des milliers de personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982 est débattue au Sénat. Ce texte vise aussi à reconnaître la responsabilité de l’État dans ces persécutions. « Il s’agit d’une proposition de loi symbolique afin de réparer une erreur de la société de l’époque », a expliqué Hussein Bourgi, sénateur socialiste, à l’origine du texte. Cette législation répressive a signifié des vies broyées pour des milliers de personnes. Certaines ont perdu leur emploi ou dû quitter leur lieu de résidence, voire ont été mises à l’index par le voisinage. La proposition de loi prévoit également de créer une commission indépendante afin d’indemniser à hauteur de 10 000 euros les personnes condamnées. Mieux vaut tard…

Vendredi prochain, 24 novembre, aura lieu le « Black Friday », le « vendredi noir », une coutume venue d’outre-Atlantique via Amazon en 2010 et qui est synonyme de soldes, promotions exceptionnelles et bonnes affaires, surtout sur Internet. Mais les organisations de consommateurs mettent en garde. On estime en effet qu’entre le tiers et le quart des promotions proposées sont trompeuses, voire des arnaques pures et simples. Fausses annonces publicitaires, sites internet frauduleux, relances par SMS ou courriel : les annonceurs multiplient les propositions d’offres en direction des consommateurs, qui peuvent aller des pratiques commerciales irrégulières aux véritables escroqueries. Ce « vendredi noir », qui s’étend souvent au week-end suivant, est un symbole, parmi d’autres, du consumérisme effréné dans lequel baigne toute la société, même si les pauvres se contentent souvent de regarder.

La députée communiste Aida Touma-Suleiman a été suspendue de la Knesset, le Parlement israélien, et exclue de ses travaux pendant deux mois. Il y a un mois une pseudo-commission d’éthique parlementaire avait déjà infligé la même sanction à son collègue et camarade de parti Ofer Cassif, pour des déclarations jugées « anti-israéliennes ». Leur seul crime : dénoncer la guerre à Gaza et les exactions des colons et des militaires israéliens en Cisjordanie. Soulignons que l’une est arabe et l’autre juif, que tous deux ont condamné les atrocités du Hamas du 7 octobre et qu’ils sont aujourd’hui unis pour dénoncer le massacre en cours.

Emmanuel Macron a tenu à faire savoir urbi et orbi qu’il avait appelé Netanyahou au téléphone pour lui faire connaitre « sa grande préoccupation » sur les « trop nombreuses pertes civiles » à Gaza et les « violences » en Cisjordanie. Et après ? Rien. Pas question d’imposer la moindre sanction à Israël pour sa politique meurtrière qui se poursuit à Gaza et ailleurs. D’ailleurs combien de morts seront nécessaires pour que le président appelle un chat un chat et le massacre de Gaza un crime de guerre ?

De passage à Paris, Angela Davis, figure de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains, a été interrogée dans la matinale de France Inter sur l’attitude prise à son égard l’été dernier par Valéry Pécresse, la très droitière présidente LR d’Île-de-France. En effet Pécresse avait refusé qu’un lycée de La Plaine Saint-Denis, soit dénommé « Angela Davis ». Raison avancée : la militante américaine avait cosigné en 2021 une tribune dans laquelle étaient dénoncés « le racisme systémique de l’État français » et la « mentalité coloniale dans les structures de gouvernance de la France ». Pécresse considérait ces déclarations comme « contraires aux lois de la République ». À la place, elle avait choisi le nom de Rosa Parks, autre grande figure de la lutte des droits civiques. « Pourquoi Rosa Parks convient à la droite française, mais pas Angela Davis ? », lui demande alors la journaliste. « Parce que la droite française ne sait pas qui est Rosa Parks », glisse Angela Davis en souriant et en rappelant que Rosa Parks « a participé à la campagne pour (s)a liberté » et qu’elle l’a fait en tant que « militante et progressiste ». Bref l’exact opposé de Pécresse. À l’époque, le changement de nom avait été épinglé par Éric Coquerel, député insoumis de la circonscription du lycée, qui avait déclaré : « Débaptiser le lycée Angela-Davis à Saint-Denis parce que cette grande figure de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis aurait dénoncé une certaine forme de racisme en France, c’est au fond lui donner raison. » Bien dit.