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Brèves

L’actualité en bref

Le gouvernement a dégainé un nouveau 49.3 à l’Assemblée nationale pour la lecture définitive de la loi de programmation des finances publiques 2023-2027. En l’absence de la Première ministre, c’est le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Franck Riester, qui a présenté ce nouveau 49.3, le 17e depuis l’arrivée d’Élisabeth Borne à Matignon. Selon les spécialistes, le gouvernement a désormais épuisé ses possibilités d’utilisation du 49.3 pour cette session parlementaire ordinaire. Mais Macron et Borne ne l’entendent pas de cette oreille. Leurs conseillers juridiques avancent que ce dernier 49.3 n’en était pas vraiment un car il s’agirait d’une simple confirmation de celui déjà utilisé fin septembre. Bref un 49.3 qui, en quelque sorte, compterait pour du beurre… comme l’avis du Parlement d’ailleurs.

l y a quelques jours, le gouvernement annonçait qu’à partir du 1er janvier 2024, les pâtes, le riz, les œufs, les produits frais à cuire comme la viande ou le poisson, les céréales, les conserves et surgelés de produits non transformés, le café ou le thé ou encore le sucre et la farine seraient exclus de la liste des denrées que l’on pourrait régler par tickets-restaurants dans les supermarchés. Devant le tollé provoqué par cette annonce parmi les défenseurs des consommateurs, mais aussi chez certains députés, le gouvernement a effectué un rétropédalage en beauté. D’abord le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a indiqué que l’exécutif « étudiait » la prolongation de l’utilisation des titres-restaurants pour toutes les denrées au-delà du 31 décembre 2023. Cette « étude » a été ultra-rapide puisque quelques heures plus tard, Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce et de l’artisanat déclarait sur M6 : « Cette mesure devait s’arrêter fin 2023 mais rien ne changera en 2024. Nous la prolongeons. » Et de préciser que le plafond d’achat avec tickets-restaurants restera fixée à 25 euros. Un recul sans doute provisoire du gouvernement dans ses attaques contre les pauvres. Car il y a bien longtemps que beaucoup de tickets-restaurants ne sont plus utilisés pour régler un repas à l’extérieur, mais sont devenus un moyen de paiement bienvenu et parfois indispensable pour les denrées alimentaires de base.

Samedi soir, une conférence du collectif Palestine 69 qui se tenait dans le vieux Lyon a été prise d’assaut par une cinquantaine de militants d’extrême droite. Plus de peur que de mal, heureusement, même s’il n’y a rien de rassurant à ce que ces fachos se sentent autorisés à attaquer de la sorte. La criminalisation du soutien aux Palestiniens ainsi que le climat raciste, alimenté d’en haut par le gouvernement, n’y sont pas pour rien.

Arrivée sur place en retard, la police a d’abord menotté des membres du service d’ordre du collectif. C’est la procédure dit-on. Mais certains témoignages rapportent que les « forces de l’ordre » auraient aussi proféré des insultes racistes. La procédure aussi, sûrement. Voilà qui montre une fois de plus que ce n’est pas sur la police qu’il faut compter pour combattre les fascistes.

Les 120 mécaniciens de douze centres de réparation des voitures électriques Tesla, propriété du milliardaire Elon Musk, sont en grève depuis le 27 octobre. Le différend porte sur les conventions collectives que l’entreprise américaine refuse de signer sous prétexte qu’elle ne le fait nulle part ailleurs dans le monde. La semaine dernière, le syndicat IF Metall (300 000 adhérents) a intensifié la pression en arrêtant la prise en charge des voitures Tesla dans 17 autres centres de réparation partenaires. Et, depuis ce lundi, toutes les arrivées et expéditions de voitures sont bloquées dans quatre ports du pays grâce au soutien du syndicat des transports. Dès le 17 novembre, ce sera au tour des électriciens qui n’effectueront plus de réparations dans les ateliers Tesla et sur les 213 bornes de recharge de la marque. Le mouvement bénéficie du soutien de l’opinion publique, notamment de l’ancien Premier ministre Stefan Löfven, qui encourage le boycott de Tesla et incite les citoyens à suspendre leurs achats. La compagnie Taxi Stockholm a également annoncé avoir stoppé ses commandes de voitures électriques. Elon Musk se refuse à toute négociation. De son côté, la patronne d’IF Metal, Marie Nilsson, annonce que son syndicat « est prêt à tenir aussi longtemps qu’il le faudra ».

Le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, vient de limoger sa ministre de l’Intérieur, Suella Braverman. C’était une habituée des polémiques et des déclarations réactionnaires qui s’en prenait pêle-mêle aux sans-abris qui vivaient ainsi, selon elle, « par choix de vie », aux réfugiés qu’elle qualifiait « d’envahisseurs » et avait mis en garde contre l’« ouragan migratoire ». Elle avait organisé des charters de migrants vers l’Afrique ou les avait parqués dans des barges-prisons amarrées dans les ports britanniques. Jusque-là, sa rhétorique et sa pratique écœurantes ne lui avaient valu aucun problème. Mais la semaine dernière, elle a eu l’imprudence d’accorder une interview au quotidien conservateur The Times dans lequel elle reprochait à la police d’avoir autorisé samedi dernier la marche de soutien aux Palestiniens qui a regroupé entre 300 000 et 800 000 personnes dans les rues de la capitale. Elle avait jugé alors que les responsables de la police paraissent avoir « leurs favoris » et appliquent un « deux poids, deux mesures ». Ces propos ont été considérés comme portant atteinte « à l’indépendance opérationnelle de la police ». Trois jours plus tard elle était virée. Au Royaume-Uni, comme ailleurs, mieux vaut ne pas s’en prendre à la flicaille, même quand on est ministre.

Moataz Matar, un présentateur de télévision égyptien réfugié en Grande-Bretagne depuis 2013, vient de voir son visa annulé. Il ne pourra plus rentrer dans le pays. Son crime ? Avoir interviewé sur son compte YouTube, qui compte 4,2 millions d’abonnés, Abdelhakim Hanini, cofondateur des Brigades al-Qassam en Cisjordanie dans les années 1990, mais également d’avoir participé à plusieurs manifestations de rue en soutien au peuple palestinien. Cette expulsion s’inscrit dans le cadre des mesures du gouvernement britannique – fervent supporter de Netanyahou – visant à sévir contre les ressortissants étrangers accusés de comportement « antisémite » pour le simple fait de s’opposer au massacre en cours à Gaza.

Depuis quelques jours, le député insoumis David Guiraud est la cible d’un tir groupé de certains députés de droite et d’extrême droite pour avoir comparé la boucherie actuelle à Gaza aux massacres perpétrés les 16 et 17 septembre 1982 à Beyrouth contre les Palestiniens vivant dans le quartier de Sabra et le camp de réfugiés de Chatila. La seule erreur de Guiraud (qu’il a d’ailleurs reconnue) est d’avoir affirmé que ces massacres avaient été l’œuvre directe de l’armée israélienne alors qu’ils avaient été perpétrés par ses alliés des milices chrétiennes. Mais c’est bel et bien l’armée israélienne qui avait donné le feu vert aux miliciens pour entrer dans les quartiers palestiniens alors qu’elle les encerclait et les éclairait pour faciliter la tâche aux tueurs. On n’a jamais su exactement le nombre de victimes, mais on avance couramment celui de 3 500 morts. Quelques mois plus tard, en Israël même, la commission Kahane reconnaissait la responsabilité « indirecte » de l’armée israélienne dans ces massacres. De son côté, une commission internationale présidée par Sean McBride, cofondateur d’Amnesty International, souligna la complicité des soldats israéliens. Et, plus tard, on découvrit qu’au moins une unité spéciale de Tsahal avaient bel et bien participé à la curée. Alors aujourd’hui menacer de poursuivre Guiraud pour « antisémitisme », « négationnisme » ou « apologie du terrorisme » est ridicule et d’une mauvaise foi crasse dont nous ont habitués « les amis d’Israël » depuis le début du conflit.

La pauvreté s’aggrave dans le pays et les femmes en sont les premières victimes, alerte le Secours catholique dans le rapport annuel qu’il vient de publier. Le revenu médian des personnes accueillies par l’association s’est établi à 538 euros par mois en 2022, d’après les données de 49 250 fiches renseignées par ses bénéficiaires. Ce montant représente un budget journalier de 18 euros pour subvenir à l’ensemble des besoins du ménage et correspond à moins de la moitié du seuil de pauvreté, estimé par l’association à 1 211 euros mensuels. En tenant compte de l’inflation, qui affecte particulièrement les prix des produits alimentaires et de l’énergie, cela représente un recul de 7,6 % de revenus en un an. Le Secours catholique a accueilli l’an dernier un million de personnes, qui ont bénéficié de différents services, comme une aide alimentaire ou un accompagnement social. Parmi ces personnes, les ménages composés d’un seul adulte sont surreprésentés (75 %). Il s’agit surtout de mères isolées (25,7 %) et de femmes seules (20,9 %). Les femmes représentent désormais 57,5 % des personnes aidées par l’association, contre 52,6 % en 1999.

Des sénateurs Les Républicains veulent punir de peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende tous ceux qui profèrent des « injures à l’égard de l’État d’Israël », sous prétexte que « l’antisémitisme se nourrit de l’antisionisme ». Israël est « État-nation du peuple juif » officiellement depuis une loi de 2018 de Netanyahou, faisant des deux millions d’Arabes israéliens des citoyens de seconde zone. Criminaliser toute critique d’Israël revient donc à cautionner ce projet politique colonisateur, à l’origine des massacres actuels.