Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Alors que le gouvernement est soumis à une pression croissante de la droite et de l’extrême droite pour décréter l’état d’urgence, les deux principaux syndicats de police – Alliance et UNSA Police – ont publié un communiqué incendiaire, où ils s’en prennent aux jeunes des quartiers qui ont manifesté leur colère suite à ce décès en les traitant de « hordes sauvages », « nuisibles », « chienlit ». Ils concluent en menaçant : « les policiers sont au combat car nous sommes en guerre. Demain nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience ». Ces chiens de garde du Capital, dressés à mater les masses populaires, montrent les dents lorsqu’ils estiment insuffisante la répression qui s’abat sur les jeunes de banlieue. Et c’est ces gens là que Darmanin, mais aussi une partie de la gauche, qualifient de « police républicaine ». Pauvre République !

Nouvel exemple de la santé florissante des grands groupes capitalistes. La capitalisation boursière d’Apple s’est établie en fin de semaine pour la première fois de son histoire au-dessus du seuil symbolique des 3 000 milliards de dollars, à 3 051 milliards (2 800 milliards d’euros), un montant supérieur au produit intérieur brut de la France. En août 2018, Apple avait passé le cap des 1 000 milliards de dollars (916 milliards d’euros), c’est-à-dire que ce montant a triplé en moins de cinq ans, malgré la crise du Covid et les perturbations économiques et boursières.  Quant à ses 164 000 salariés il est peu probable que leurs fiches de paie aient connu la même embellie.

Des moteurs confisqués, des canots laissés à la dérive, des manœuvres dangereuses provoquant la panique à bord, des attaques au bâton et au couteau… Les témoignages mettant en cause les garde-côtes tunisiens, et recueillis par le site InfoMigrants, se multiplient. Et ils sont accablants. Ainsi l’une des rares rescapées du naufrage d’une embarcation de 97 personnes, qui a chaviré au large de Sfax le 22 juin, affirme que les garde-côtes avaient lancé des gaz lacrymogènes provoquant une panique à bord et le chavirement du canot. Quant au président Kaïs Saïed, il s’en est pris de nouveau violemment aux migrants sub-sahariens en début de semaine. Ce qui n’a pas empêché la Commission européenne de promettre à Tunis une enveloppe de 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration clandestine et à Darmanin, en visite sur place il y a deux semaines, d’annoncer de son côté l’octroi d’une aide de 26 millions d’euros dans le même but. Les forces de répression sont tunisiennes mais les donneurs d’ordre sont à Bruxelles, Rome ou Paris. 

Le 3 juillet Julian Assange aura 52 ans. Privé de liberté depuis 13 ans le journaliste australien attend dans une geôle londonienne d’être extradé vers les États-Unis pour avoir dévoilé en 2010, sur son site WikiLeaks, les pratiques sanglantes des États-Unis et de leurs alliés lors des sales guerres d’Irak et d’Afghanistan. Pour cela il risque plus d’une centaine d’années de prison. En février 2022 une proposition de résolution visant à lui accorder l’asile politique en France avait été rejetée à l’Assemblée nationale. Le 3 juillet une nouvelle résolution sera soumise au vote parlementaire à l’initiative des députés de La France Insoumise. Le même soir un concert de soutien et de solidarité sera donné à La Maroquinerie, 23 rue Boyer dans le 20e arrondissement, (métro Gambetta) à 19h30 avec Arthur H, Amazig Kateb et Serge Utgé-Royo. Entrée 20 euros.

Liberté pour Julian Assange.

Le nombre de détenus dans les prisons a atteint un nouveau record historique avec un total de 73 699 personnes incarcérées au 1er juin contre 73 162 le mois précédent, selon les données officielles du ministère de la Justice. Plus de 16 000 personnes détenues sont actuellement en surnombre par rapport aux places disponibles et plus de 2 300 sont contraintes de dormir sur un matelas posé au sol. Avec 60 562 places opérationnelles dans les établissements pénitentiaires la densité carcérale globale s’établit désormais à 121,7 % contre 118,1 % il y a un an. Une situation scandaleuse qui risque encore de s’aggraver après les émeutes des quartiers populaires de ces derniers jours.

La justice britannique a déclaré « illégal », en appel, le projet raciste d’expulser vers le Rwanda les migrants arrivés illégalement dans le pays. Un sévère camouflet à une mesure phare du gouvernement conservateur, qui avait pour objectif affiché de décourager l’immigration illégale et donné lieu à de nombreuses manifestations de protestation. Immédiatement, le Premier ministre Rishi Sunak a annoncé vouloir saisir la Cour suprême et sa ministre de l’Intérieur Suella Braverman s’est elle aussi dite « déterminée à aboutir » en affirmant : « Je ne reculerai pas ». Pour les migrants et leurs soutiens ce jugement est une petite victoire qui ne pourra être confortée que par la poursuite de la mobilisation dans la rue.

Les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont participé à Bruxelles à un sommet destiné à parvenir à des conclusions communes sur la politique migratoire. Si tous sont d’accord pour durcir les conditions d’accès des migrants sur le territoire européen, voire faciliter leurs expulsions, la Pologne et la Hongrie font bande part en demandant le droit d’interdire à tout migrant, quel qu’il soit, l’entrée de leurs territoires. Ils s’opposent aussi à l’idée de répartir les demandeurs d’asile déjà présents entre les différents pays membres. « C’est un combat pour la liberté », a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Curieuse liberté que celle qui consiste à repousser, à emprisonner, voire à laisser crever en mer des hommes, des femmes et des enfants à la recherche d’une vie meilleure.

Trois jours après la mort de Nahel, ce jeune de 17 ans tué par le tir d’un policier, l’ONU s’invite dans le débat. « C’est le moment pour le pays de s’attaquer sérieusement aux profonds problèmes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l’ordre », a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, lors d’un point de presse à Genève. Comme les questions de racisme et de discrimination raciale sont systémiques dans la police et ont existé de tout temps on ne voit pas très bien pourquoi soudainement le gouvernement s’attaquerait au problème. Personne n’y croit et Shamdasani pas plus que les autres.

Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, et le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, ont tous deux appelé à l’apaisement dans les banlieues en refusant de s’en prendre à la police comme institution. Pour Roussel « les violences ne servent en rien notre combat pour la vérité et la justice », et pour Faure « à aucun moment la violence ne peut, ne fera et ne remplacera la justice ». La violence des opprimés est légitime, même si elle est parfois aveugle, ce qui est regrettable lorsqu’elle s’en prend par exemple à des écoles, des mairies ou des transports publics. Mais opposer cette violence spontanée, de classe, à la justice bourgeoisie, à laquelle s’accroche les réformistes de tout poil qui la parent de toutes les vertus, c’est se tromper de camp. C’est à dire choisir un camp qui n’est pas le nôtre.