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Brèves

L’actualité en bref

Le député Renaissance de la Vienne, Sacha Houlié a été interrogé à l’Assemblée nationale sur l’agression survenue à Bordeaux à l’encontre d’une septuagénaire et de sa petite fille. Le président macroniste de la commission des Lois s’est alors livré à une attaque en règle contre les migrants du fait que l’agresseur était noir. Il a déclaré notamment : « C’est précisément pour ça qu’on a besoin d’une loi immigration, pour expulser les délinquants, je crois que ce monsieur avait un casier judiciaire fourni. Et donc j’invite tous ceux qui faisaient obstacle à ce qu’on puisse voter une loi immigration à lever leurs obstacles, à lever le cinéma politique autour de ce texte. » Or il apparait que l’homme mis en cause, qui a depuis lors été interné dans un hôpital psychiatrique, est de nationalité française ainsi que ses parents. Ce qui a entrainé une réaction vigoureuse de SOS Racisme. Mais pour Houlié, qui a dû finalement s’excuser, un Noir est un migrant et un migrant est un délinquant. Un raisonnement simpliste et nauséabond mais courant aujourd’hui à droite et à l’extrême droite.

Le dernier rapport de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement le dit sans fioriture : les neufs commissaires qui la composent sont de moins en moins capables de contrôler si les écoutes – téléphoniques, internet ou autres – mises en œuvre par les services de renseignement extérieurs (DGSE) et intérieur (DGSI) sont légales ou non. En cause, la sophistication plus en plus grande des moyens de surveillance qui utilisent des logiciels que la Commission n’a plus les compétences techniques de contrôler. En résumé les grandes oreilles des flics peuvent donc agir en toute impunité. Les barbouzes font la loi.

Les jeunes âgés de 17 ans pourront, à compter du 1er janvier 2024, passer leur permis de conduire : c’est la principale annonce faite par la Première ministre à l’issue du Conseil national de refondation consacré à la jeunesse. En outre elle a indiqué que l’aide financière de 500 euros, que touchent actuellement les apprentis pour passer leur permis de conduire, sera étendue aux élèves des lycées professionnels « qui sont amenés à se déplacer plus que les autres », compte tenu des stages en entreprise. Rendre les jeunes plus autonomes plus tôt n’est pas en soi une mauvaise chose. Mais cette mesure – qui interdira cependant à ces jeunes de conduire hors de l’Hexagone – est destinée en priorité aux apprentis et aux lycéens des filières professionnelles afin qu’ils puissent être plus facilement « employables », c’est-à-dire « exploitables », par les patrons.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime à 108,4 millions le nombre de déplacés et de réfugiés dans le monde à la fin de l’année 2022. C’est un record absolu qui n’avait jamais été atteint jusqu’alors. Cela représente une hausse de 23 % par rapport à la fin 2021. Cette progression devrait se poursuivre au regard de l’enlisement de la guerre en Ukraine et du conflit au Soudan. La crise politique en Tunisie entraîne elle aussi de nombreux départs, majoritairement vers l’Europe. Parmi ces personnes déplacées on compte huit millions d’Ukrainiens. Les Syriens représentent près d’un réfugié sur cinq dans le monde, avec 6,5 millions de personnes accueillies dans 131 pays. La Syrie est le premier pays d’exil au monde, devant l’Ukraine, l’Afghanistan et le Venezuela. Les trois quarts des déplacés et des réfugiés sont accueillis dans des pays pauvres, les pays riches se barricadant pour les empêcher d’entrer. Ainsi en France, l’an dernier, le pourcentage de demandeurs d’asile par rapport à la population totale était de 0,20 %. On est très loin du fameux « grand remplacement » cher à l’extrême droite.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a refusé de faire observer dans l’hémicycle une minute de silence à la mémoire des migrants morts en mer, comme le lui demandait le député de la France insoumise Aymeric Caron. Motif invoqué : c’est à la conférence des présidents de prendre une telle décision. Rappelons que le 8 juin dernier, la même Braun-Pivet avait demandé de son propre chef à ses collègues une minute de silence pour les six victimes de l’attaque au couteau d’Annecy… sans demander son avis à la conférence des présidents. Pour elle il y a donc deux sortes de victimes : les bonnes, que l’on honore, et les autres… dont font partie les migrants.

Emmanuel Macron a annoncé que le 21 février prochain Missak Manouchian et son épouse, Mélinée, entreraient au Panthéon pour le 80e anniversaire de l’exécution des 21 membres de son groupe de résistants par les nazis. Arménien d’origine, apatride, poète, ouvrier et membre du Parti communiste, il avait monté un groupe de guérilleros dans le cadre du mouvement « Francs Tireurs et Partisans – Main d’œuvre immigrée » formé d’étrangers comme lui dont des Juifs d’Europe centrale et orientale, des Italiens anti-fascistes et des républicains espagnols. Tous des « métèques », donc des assassins en puissance, comme les présentèrent la propagande allemande et la presse de Vichy. Louis Aragon les immortalisa dans un poème mis plus tard en musique par Léo Ferré, L’affiche rouge. Si, fondamentalement, le groupe Manouchian ne se distingua pas à l’époque de la politique patriotarde du PCF, par son existence même il était un exemple vivant de camaraderie dans le combat entre des prolétaires français et d’autres venus de pays étrangers. Une leçon à retenir à l’heure où les migrants sont montrés du doigt. Aujourd’hui Manouchian et les siens figureraient, n’en doutons pas, sur la liste des expulsables.

Pour faire passer au forceps sa réforme des retraites le gouvernement nous a seriné pendant des mois qu’elle était indispensable pour assurer l’avenir du système par répartition et parvenir à un équilibre comptable. Encore raté ! Le très officiel Conseil d’orientation des retraites vient de publier un rapport qui prédit au contraire un retour « durable » des déficits dès l’an prochain. Les comptes seraient dans le rouge de 5 à 8 milliards d’ici 2030 et ne repasseraient dans le vert au mieux « qu’après 2045 ». Bref une réforme qui sur le fond ne résout aucun problème mais permet au gouvernement de s’attaquer aux plus modestes en les faisant travailler plus longtemps pour des retraites toujours aussi maigrichonnes.

Cinq Palestiniens, dont un combattant, ont été tués et plus de 90 blessés lors d’un raid militaire israélien contre le camp de réfugiés de Jénine qui compte 23 000 habitants. Pour la première fois depuis la seconde intifada, (soulèvement palestinien de 2000 à 2005), l’occupant a tiré des missiles sur les habitations à partir d’un hélicoptère. Après le départ des troupes, les habitants sont sortis en masse dans les rues pour les funérailles des victimes : un adolescent de 15 ans et quatre hommes âgés de 19 à 29 ans, selon le ministère de la Santé palestinien. Cela porte à au moins 164 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’année.

Un millier de personnes ont manifesté le week-end dernier à Londres en défense de Carla Foster, une jeune femme qui risque plus de deux ans de prison pour avoir utilisé des pilules abortives pour mettre fin à une grossesse non désirée. Car en Angleterre et au pays de Galles est toujours en application une loi de 1861 qui interdit l’avortement. Au cours des années elle a été amendée, notamment par l’Abortion Act de 1967 qui autorise les avortements sur avis médical. Mais les femmes qui y ont recours sans autorisation d’un médecin risquent toujours la prison. Selon les statistiques officielles, entre avril 2021 et mars 2022, 24 plaintes ont été enregistrées pour « destruction intentionnelle d’un enfant viable à naître ». Il n’y a pas qu’aux États-Unis, en Pologne ou en Hongrie que les femmes doivent se battre pour le droit à l’IVG.