Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Parisien nous apprend que Macron prépare depuis des mois « le plus gros défilé qu’on ait connu » pour le 14 juillet 2026. Dans un tour de passe-passe dont il a le secret, le serviteur zélé des patrons vomi par les travailleurs se recycle en chef de guerre charismatique pour finir son mandat. Pas question pour lui d’être en reste dans l’ambiance guerrière du moment. Et puis, les joujoux de l’armée, la musique militaire et le bleu blanc rouge… quoi de mieux pour faire oublier que la principale guerre qu’il mène est contre les conditions de vie de sa propre population ?

Neuf milliards d’euros de bénéfices en un an, ce n’est visiblement pas assez pour Nestlé. Alors que l’entreprise a largement les moyens de préserver les emplois et les salaires, en France, environ 180 postes vont disparaître, en achats et en logistique. Ce n’est qu’une partie d’un plan beaucoup plus brutal : 16 000 suppressions de postes annoncées à l’échelle mondiale. Autant de travailleurs condamnés au chômage pendant que le groupe continue d’engranger des milliards.

Un modèle de sécurité privée se développe depuis maintenant sept ans dans le quartier du Mirail à Toulouse : le GiTes (Groupement interquartier de tranquillité et de sécurité). Les propriétaires d’immeubles y font appel pour « garantir la tranquillité des locataires ». En réalité, les membres du GiTes ne font qu’éloigner momentanément les petites mains du trafic de drogue, qui vont continuer les ventes dans d’autres immeubles un peu plus loin, sans que rien ne change sur le fond. Cela coûte 2,5 millions par an pour seulement déplacer le problème vers des locataires moins fortunés !

Le 2 mai, le gouvernement a précisé les modalités concernant une prime carburant de 50 euros. Outre un montant ridicule en comparaison de la hausse des prix, cette aide ne s’adresse qu’aux salariés dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 16 880 euros par part. C’est-à-dire en dessous d’un Smic annuel. Une façon de dispenser les patrons des indispensables augmentations de salaire, ne serait-ce que pour permettre aux travailleurs précaires de continuer à venir les enrichir.

François Ruffin, député de la Somme et ex-insoumis, est candidat de gauche auto-proclamé à la présidentielle de l’an prochain. Désireux sans doute de faire parler de lui et de se démarquer de ses concurrents potentiels, il veut créer le buzz. Dernière en date de ses sorties : invité de BFMTV/RMC, il a déclaré : «  Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère ». Quelques jours plus tôt, il s’était dit « hostile à l’immigration pour le travail ». Il avait pris l’exemple de l’hôpital et déploré que le système de santé repose en grande partie sur « des médecins algériens, tunisiens, roumains. » On frise la xénophobie. Ruffin s’en défend en affirmant qu’il faut d’abord s’occuper des immigrés qui sont sur place avant d’en faire venir d’autres. Sauf que les choses ne fonctionnent pas ainsi. Nombre de migrants venus trouver du travail ici sont clandestins et la politique préconisée par Ruffin consisterait à leur fermer la porte au nez. Très peu pour nous !

Légère cacophonie à la direction du Rassemblement national concernant l’éventuelle taxation des cinq milliards de sur-profits engrangés par TotalEnergies depuis le début de la crise pétrolière. Quelques heures avant de se retrouver à Mâcon (Saône-et-Loire) pour une « Fête de la Nation » les deux têtes du parti d’extrême droite ont affiché des positions quelque peu divergentes sur la question. Invité de BFMTV, Jordan Bardella s’est dit très mesuré à l’égard d’un tel mécanisme, expliquant, en résumé, qu’inventer « des taxes et des impôts dans un pays qui a 46 % de prélèvements obligatoires » n’était pas sa « priorité. ». Moins de dix minutes plus tôt, sur les réseaux sociaux, Marine Le Pen affirmait que pour elle, « il est normal que les pétroliers contribuent à l’effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits » qu’ils ont réalisés. Il s’agit d’une « mesure de justice sociale, que nous défendons depuis des années », a-t-elle poursuivi en relayant une vidéo de 2024, dans laquelle elle exprimait déjà la même position. Mais en fait ce n’est pas très grave. Car si demain il arrive aux affaires le Rassemblement national n’aura qu’un seul programme économique : celui que lui dicteront les patrons.

De nombreux syndicats et associations avaient appelé aux rassemblements du 1er mai sous le slogan « Pain, Paix, Liberté ». À Istanbul, où les manifestants étaient les plus nombreux, la police est intervenue violemment pour les disperser. Deux cortèges distincts, venus des quartiers de Mecidiyeköy et de Besiktas, devaient se rejoindre sur l’emblématique place Taksim, haut lieu des manifestations et de la contestation. La police les en a empêchés par tous les moyens : barrières, gaz lacrymogènes, charges violentes, matraquages etc. Finalement une soixantaine de manifestants ont été arrêtés alors que certains criaient : « USA assassin, AKP (le parti au pouvoir) complice ». A noter que dès le début de la semaine, les autorités turques avaient procédé à plusieurs dizaines d’arrestations en amont du 1er Mai, notamment dans les milieux de la presse et des mouvements d’opposition au président Recep Tayyip Erdogan.

Le 1er mai le traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur est finalement entré en vigueur. Cet accord commercial, fruit de plus de 25 ans de négociations, est supposé créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs. Concrètement les droits de douane sur les voitures, le vin ou les produits pharmaceutiques que l’UE exporte vers l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay sont supprimés ou réduits alors que dans l’autre sens des produits comme le bœuf, le sucre, les riz, le miel ou le soja sud-américains entreront plus facilement sur le Vieux Continent. Un accord auquel s’oppose toujours Paris, qui continue de multiplier les recours contre son application, mais qui est chaleureusement accueilli par Berlin. Un exemple de plus que l’Union européenne n’a pas fait disparaitre la concurrence et la guerre larvée que se livrent entre eux les principaux pays membres.

La Jeune Garde, le collectif antifasciste lyonnais, était visé par un décret de dissolution pris à son encontre en juin 2025 par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Ses responsables avaient interjeté appel devant le Conseil d’État. Ce dernier a estimé que la décision du gouvernement d’alors était « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public ». Une décision qui conforte la droite et l’extrême droite qui avaient applaudi à cette dissolution tout en minimisant la violence des groupuscules fascisants et de leurs soutiens auprès de toute une frange de la classe politique. Alors bien sûr la lutte contre le Rassemblement national et l’extrême-droite ne se résume pas à des combats de rue et nécessite la participation consciente du plus grand nombre possible de travailleurs. Mais criminaliser ceux qui s’opposent physiquement à la violence des nervis fascistes et à leurs idées racistes, xénophobes, masculinistes ou homophobes, ne fait que donner du grain à moudre à ces derniers.