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Brèves

L’actualité en bref

Dans le quartier de la Dame Blanche Nord à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), une grande opération de démolition et de rénovation des logements a lieu dans le cadre du Nouveau programme de renouvellement urbain (NPNRU). Récemment, la démolition de deux des plus grands bâtiments du quartier a été entamée, des bâtiments à proximité directe du collège Paul-Éluard qui accueille les adolescentes et adolescents du quartier. Dès la démolition du premier bâtiment, le plus éloigné du collège, le personnel et les parents d’élèves se sont émus de la très grande quantité de poussière dégagée par la démolition. La réponse de 3F, plus important bailleur social de France, en charge de la démolition : nous avons déjà mis des brumisateurs, nous ne pouvons rien faire d’autre !

Actuellement, la démolition sélective du deuxième bâtiment a démarré, avec notamment la destruction des vitres. Rapidement, des débris, dont des morceaux de verre, se sont retrouvés dans la cour du collège. Interrogé lors du dernier conseil d’administration du collège sur la mise en sécurité du collège, Frantz Vanlair, qui représentait la société 3F a dit : « Les élèves au collège sont assez grands pour ne pas jouer avec du verre. » Une déclaration qui montre bien le désintérêt pour les populations des quartiers populaires qui subissent de plein fouet les conséquences du NPNRU : déménagements forcés, pas de prise en compte des habitantes et habitants dans la rénovation et risques sanitaires.

Une pétition s’opposant à la proposition de loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » lorsqu’elles font usage de leurs armes a recueilli en quelques jours plus de 100 000 signatures. Ce texte législatif, porté par les Républicains, a déjà été débattu en janvier et doit revenir dans l’hémicycle mardi prochain. Les signataires demandent aux députés de le rejeter en rappelant que la France compte déjà « le plus grand nombre de personnes tuées ou blessées par des agents de la force publique » au sein de l’Union européenne. En fait cette reconnaissance de la présomption de légitime défense reviendrait à accorder aux policiers et aux gendarmes un droit de tuer ou de mutiler sans être vraiment inquiétés. De son côté le Conseil de l’Ordre des avocats du barreau de Paris a réaffirmé dans un communiqué  que « l’État de droit suppose que les forces de l’ordre (…) ne puissent bénéficier d’une immunité de principe ». S’il est adopté, comme c’est probable, le texte qui a le soutien des macronistes, de la droite et de l’extrême droite ira au Sénat qui a peu de chance de le censurer. Encore une fleur faite aux pandores et aux flics. 

Des centaines de personnes ont formé samedi une chaîne humaine à Bernos-Beaulac, au sud de Bordeaux, pour protester contre le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux, Toulouse et Dax dont les travaux devraient commencer en octobre prochain. « Patrimoine en danger », « Lascaux des arbres et de l’eau », ou encore « Arche de Noé de la biodiversité », pouvait-on lire sur des pancartes, en référence à la vallée du Ciron, qui doit être traversée par la LGV. « L’actualité caniculaire et l’empressement à rabattre les nappes phréatiques (en faire baisser temporairement le niveau, notamment pour faire des travaux) comme la précipitation à couper des arbres ne font pas bon ménage avec ce refuge climatique », ont affirmé les organisateurs. Des familles avec enfants, des groupes de jeunes, des élus, des sylviculteurs ont formé une chaîne humaine en se tenant par la main au rythme des tambours et de chants militants. De nombreux participants ont tenu à affirmer qu’ils ne se battaient pas contre le train, ni même contre le TGV mais contre les nouvelles lignes qui bétonnent et défigurent la nature. Ils demandent l’amélioration des dessertes ferroviaires au quotidien et la rénovation des lignes existantes. Quant au coût du projet, estimé en 2020 à 14 milliards d’euros, il a été depuis lors été réévalué d’au moins 20 %, et ce n’est pas fini. Il doit être financé à 40 % par les collectivités locales, 40 % par l’État et 20 % par l’Union européenne. Et là le gouvernement ne parle pas d’économies budgétaires.

Le  19 juillet 2016 Adama Traoré, 24 ans, était interpellé par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise) alors qu’il tentait de fuir un contrôle concernant son frère aîné. Conduit à la gendarmerie voisine de Persan, il devait y décéder peu après. Et depuis lors la famille se bat pour connaître la vérité et faire poursuivre trois gendarmes coupables, au minimum, de non-assistance à personne en danger. En vain.  Aucun d’entre eux n’a jamais été mis en examen et l’instruction s’est définitivement close par un non lieu, confirmé par la Cour de Cassation le 11 février dernier. Ce qui a conduit ses proches à saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Quant au Comité Vérité et justice pour Adama Traoré, il a organisé une nouvelle marche et un concert à sa mémoire le 4 juillet. Gendarmes partout, justice nulle part !

Après son offensive contre les arrêts maladie le gouvernement s’attaque aux droits des victimes du travail. Il veut les réduire de 800 millions d’euros soit en baissant les indemnités journalières, soit en les imposant alors qu’elles compensent déjà des pertes de revenus. Selon Denis Gravouil, secrétaire confédéral responsable de la protection sociale à la CGT, cité par L’Humanité, « le ministre du Travail a convoqué en début de semaine dernière la présidente Medef de l’Accident du travail-Maladies professionnelles (AT-MP) et les deux vice-présidents CFDT et CGT, en leur disant, il faut me trouver 800 millions d’euros d’économies, et si vous ne les trouvez pas, on va prendre un décret ». Encore un mauvais coup qui se prépare contre les travailleuses et les travailleurs prétendument pour retrouver l’équilibre de l’Assurance maladie dont une partie du déficit est en grande partie de la responsabilité du gouvernement qui n’a jamais hésité à puiser dans ses caisses. Comme le dit fort justement la Fédération nationale des accidentés du travail et handicapés (FNATH) « un accidenté du travail n’est pas responsable de son arrêt. La justice sociale exige réparation, pas précarité ! ».

Un tribunal égyptien a condamné Omnia Swaydan une ancienne médecin, à six mois de prison pour avait dénoncé des violences infligées à des femmes à l’hôpital universitaire Al-Shatby d’Alexandrie où elle avait effectué son internat entre 2020 et 2021. Elle avait été arrêtée en juin dernier et accusé de propager de « fausses nouvelles ». Sur Facebook elle avait notamment dénoncé une agression sexuelle sur une femme pendant son accouchement, et décrit des cas de refus de soins, notamment à une victime d’agression sexuelle et à une femme enceinte gravement malade, faute de justificatif de mariage. Suite de cette affaire, plusieurs femmes ont fait part sur les réseaux sociaux d’expériences similaires dans des hôpitaux publics du pays, en particulier celui d’Al-Shatby.  

Au départ c’est un accident comme on en voit beaucoup dans les rues de la capitale. Le 11 juin dernier une voiture renverse un scooter dans le XVIIe arrondissement blessant grièvement son conducteur. Il s’agit d’une voiture de fonction avec gyrophare et sirène de police, dépendant du ministère des Affaires étrangères, conduite par un chauffeur et au bord de laquelle se trouve l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. La voiture a grillé un feu percutant le deux roues. Mais, au delà du fait divers, l’accident a relancé le débat sur les avantages dont continuent de jouir les anciens Premiers ministres, même lorsqu’ils ne replissent plus aucune fonction officielle. En début d’année Sébastien Lecornu avait annoncé à grand bruit que leurs avantages « à vie » étaient supprimés au nom des « économies budgétaires » qui devaient toucher tout le monde. On voit dans la pratique qu’il s’agissait d’enfumage, Raffarin ne remplissant plus, et depuis longtemps, aucune fonction officielle. Mais il continue à jouir de ses privilèges. Preuve que l’austérité n’est pas la même pour tout le monde. 

Un homme de 52 ans s’est immolé par le feu devant le siège des Nations-Unies a New York. Tencho Gyatso, président de l’ONG Campagne internationale pour le Tibet, a identifié le défunt comme étant Lobga Rangzen, « un défenseur infatigable du Tibet qui se consacrait à sensibiliser pacifiquement l’opinion publique à la crise des droits humains dans son pays ». Le malheureux entendait ainsi protester contre une nouvelle loi sur « l’unité ethnique » adoptée par Pékin et rédigée pour fournir une couverture légale aux politiques d’assimilation forcée des minorités au bénéfice de la majorité Han. La Chine reconnaît officiellement 55 minorités ethniques sur son territoire, mais les politiques d’assimilation forcée vont bon train et les autorités gouvernementales ont déjà fait du mandarin la langue d’enseignement dans certaines régions à forte population minoritaire, comme le Tibet. Dans la pratique les traits particuliers des minorités nationales sont niés et assimilés à des survivances d’un « passé réactionnaire ». Et des millions de personnes croupissent dans des camps et des prisons ou ont été déportées pour avoir simplement défendu le droit de parler leur langue maternelle. 

Le Premier ministre, Keir Starmer, vient de présenter des excuses officielles pour le scandale des 185 000 adoptions forcées de bébés nés de mères non mariées entre 1949 et 1976. Ces femmes, souvent hébergées dans des foyers gérés par des religieuses, étaient contraintes d’abandonner leurs enfants qui étaient suite adoptés par des couples stériles. Tout le système était géré par les églises chrétiennes, au premier desquelles l’Église anglicane. Ces adoptions, qui se sont poursuivies pendant plusieurs décennies, étaient réalisées sur fond de stigmatisation des femmes ayant eu des enfants hors mariage. Les gouvernements régionaux gallois et écossais avaient déjà présenté leurs excuses en 2023. Un processus est en cours en Irlande du Nord où une enquête publique doit être lancée prochainement. Sur le site de la BBC le mari d’une victime a déploré que le Premier ministre n’ait pas eu un mot pour les femmes dont les bébés sont morts dans les foyers pour mères célibataires, à l’instar de son épouse violée à l’adolescence, dont le nouveau-né handicapé avait été laissé sans soins car jugé « inadoptable » avant de mourir. Pour l’instant aucune compensation financière n’est prévue pour les victimes et leurs descendants. Le Premier ministre britannique a simplement annoncé la création en ligne d’« un point d’accès unique pour localiser les archives » afin de les aider à retracer leur passé et leurs origines. Quant aux religieuses et religieux complices de ce trafic d’enfants, la justice ne leur a jamais demandé des comptes.