Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Dans la foulée du maire de Clermont-Ferrand, à Toulouse, Jean-Luc Moudenc a annoncé la mise en place de couvre-feu durant la Coupe du monde de football. Ceux-ci viseront les mineurs de moins de seize ans : ils ne seront pas autorisés à fréquenter le centre-ville (place du Capitole, allées Jean-Jaurès, etc.) entre 22 heures et 5 heures s’ils ne sont pas accompagnés d’un parent. Outre les soirs de match de l’équipe de France, ce sont aussi – et surtout – ceux du Maroc et de la Tunisie qui sont concernés. Carton rouge pour la jeunesse, en particulier celle des quartiers populaires, à qui l’on demande de rester confinée sous peine d’être criminalisée. Une logique répressive rappelant le traitement qu’elle a subi lors de la victoire du PSG ou lorsqu’elle se baignait dans la Seine pour faire face à la canicule.

La Commission de régulation de l’énergie a annoncé que le prix de référence du gaz va augmenter de 7,4 % au 1er juillet prochain. En partie en cause : les perturbations liées à la guerre du Moyen-Orient. Sans compter les superprofits qu’engrangent les grandes compagnies pétrolières grâce à cette guerre. Plus de 6 millions de ménages sont concernés, soit environ 60 % des abonnés résidentiels au gaz qui ont souscrit une offre de fournisseurs indexée sur ce prix moyen. Un exemple supplémentaire que tout augmente, sauf nos salaires.

Le parti d’extrême droite Union démocratique du Centre a obtenu la tenue d’un référendum qui a lieu ce dimanche. La question posée peut paraître pour le moins curieuse puisqu’il s’agit de se prononcer sur le fait que « la population résidante permanente de la Suisse ne doit pas dépasser dix millions de personnes avant l’année 2050 ». Par ce biais, ce parti entend faire avancer ses thèses xénophobes délirantes visant à empêcher « le grand remplacement » de la population autochtone par des migrants. Et de dénoncer pêle-mêle tous les maux dont ces derniers seraient responsables : trains et routes saturés, loyers en augmentation, viols et agressions sexuelles, baisse du niveau scolaire, etc. N’en jetez plus ! Une initiative de plus qui montre le niveau inquiétant atteint par le racisme et la xénophobie sur le Vieux Continent.

Le 12 juin le pacte européen sur la migration et l’asile est devenu opérationnel. C’est une législation xénophobe qui a pour objectif de ne plus accueillir celles et ceux qui fuient vers l’Europe alors qu’ils sont victimes de guerre et de conflits divers, de crises climatiques, de la pauvreté, de persécutions raciales, religieuses ou sexuelles, etc. Entré en vigueur deux ans après avoir été adopté par le Parlement européen, le texte cumule procédures d’asile bâclées, facilite l’enfermement aux frontières et les expulsions, entérine de ne plus accueillir dignement celles et ceux qui fuient pour se réfugier ici. Une législation qui ressemble de façon frappante à celle mise en œuvre par Trump aux États-Unis. Plus que jamais, il faut se battre pour l’ouverture des frontières et la libre installation pour tous et toutes.

Alors que se déroulait la remise de diplômes de fin d’année à la nouvelle promotion de l’école militaire Polytechnique, des élèves réunis dans un collectif ont fait part publiquement de leur malaise face à l’enseignement qu’on leur avait dispensé. Ils ont notamment déclaré : « Si aujourd’hui nous sommes diplômés de Polytechnique, nos sentiments sont ambivalents, car notre formation nous prépare trop souvent à servir des intérêts économiques et industriels qui participent aux ravages sociaux, écologiques et militaires en cours. » Et d’ajouter : « On nous apprend à optimiser des profits, à développer des technologies sans interroger leurs conséquences, à travailler pour des grandes entreprises dont les activités détruisent le vivant ou alimentent les logiques de guerre. » Et de conclure : « Nous le refusons. Nous lutterons de toutes nos forces contre ceux qui veulent nous envoyer au front. Nous lutterons pour une autre société. » Cerise sur le gâteau, cette prise de parole est intervenue après l’interruption de la cérémonie par quelques étudiants portant des masques du patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, et de celui de LVMH, Bernard Arnault, diplômés de l’X, pour dénoncer les partenariats avec les entreprises privées. La direction de l’école, passablement gênée aux entournures, a condamné cette contestation qui met en lumière à la fois le caractère de la classe de l’enseignement dispensé mais aussi les liens entre grandes écoles et le grand capital.

Après des années de guérilla juridique le site d’investigation Médiacités a enfin obtenu les notes de frais de Laurent Wauquiez, figure des Républicains et ex-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. C’est une demande tout à fait légale à laquelle se refusait jusqu’à présent la région. Finalement Wauquiez, qui dans le passé avait déjà été épinglé pour son usage extensif des deniers publics et avait abandonné formellement la présidence pour devenir « conseiller spécial » du nouveau président, a obtempéré après notamment un rappel à l’ordre du Conseil d’État. Mais plutôt que transmettre les documents en version numérique, dans un format digeste et lisible, lui et ses acolytes ont choisi de les mettre à disposition sur des feuilles volantes, sans indications ni classements. Soit au total 26 kg de papier à éplucher. Face à cette manœuvre dilatoire, la rédaction du site d’investigation ne s’est pas démontée. Elle a décidé de demander de l’aide… à ses lecteurs et ses lectrices et va donc organiser dans ses bureaux le 18 juin une « journée spéciale » ouverte à tous et toutes pour dépouiller puis rendre publique cette montagne de paperasse. Une publicité dont Wauquiez se serait bien passé.

Les traitements « anti-obesité », comme Wegovy et autre Mounjaro, n’ont pas la cote uniquement chez ceux qui vivent mal leur poids. Le gouvernement danois veut mener une étude sur l’impact positif de ces traitements sur les personnes obèses… sur leur retour à l’emploi ou leur productivité. Pas étonnant de la part du pays de Novo Nordisk, le labo qui commercialise le Wegovy, dont les résultats comptent pour 10 % du PIB du Danemark. Quant aux dangers à long terme pour les travailleurs, qu’importe, pourvu qu’ils bossent mieux !

La fortune d’Elon Musk, l’homme qui fait publiquement des saluts nazis, s’élève désormais à mille milliards de dollars. Bien que Musk possède aussi tous les bien matériels imaginables à la disposition des milliardaires, maisons, immeubles, yacht, avion, œuvres d’art et sans doute pas mal de lingots d’or, cette fortune est en grande partie virtuelle puisqu’il s’agit de la valeur des actions de ses sociétés, notamment de Tesla et Space X. Celles-ci, en cas de crise, sont susceptibles de chuter, voire de se volatiliser, ce qui ne le laisserait pas pour autant dans la misère. Dans le grand casino du capitalisme, Musk dispose donc d’une pile de jetons dont la valeur dépasse aujourd’hui les produits intérieurs bruts de pays comme la Pologne et la Suisse. Les milliardaires qui viennent après lui dans ce hit parade du fric possèdent environ un quart de cette fortune, soit deux cent cinquante milliards de dollars par tête. De l’autre côté du gouffre social, sept cents millions de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour. L’absurdité de cette situation montre qu’il est urgent de mettre fin au capitalisme.

« Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans la rue, dans les bois. » Cette martiale déclaration, faite en juillet 2017 par Macron tout juste élu à l’Élysée, concernait aussi bien les migrants que les SDF. Cette année-là le collectif Les Morts dans la rue recensait 511 personnes décédées de froid, de faim, de maladies ou de mauvais traitements. Neuf ans plus tard, alors que son second quinquennat arrive à son terme, le bilan de Macron est catastrophique. Le même collectif vient de publier son rapport pour l’année 2025 : 929 morts, soit une hausse de 82 %. Parmi ces victimes, le nombre de mineurs progresse et celui des femmes a presque doublé. Encore une « grande cause nationale » qui tourne en eau de boudin.