Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le week-end dernier devait avoir lieu à Nantes, en Loire-Atlantique, la rencontre des musulmans de l’Ouest, organisée par l’Association islamique de l’Ouest de la France (AIOF). Mais sur décision du préfet du département elle a été annulée, annulation confirmée ensuite par le tribunal administratif. Une décision dont s’est aussitôt réjoui le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en croisade contre les musulmans. Officiellement, l’arrêté d’interdiction a été pris « en raison de la présence d’intervenants, en particulier de cadres dirigeants des Musulmans de France, susceptibles de tenir des propos constitutifs d’infractions pénales ou portant atteinte à la dignité humaine, aux principes et valeurs de la République ». Sauf que l’on fait un procès d’intention à des gens avant même qu’ils aient parlé. Début avril, le même Nuñez avait tenté, sans succès, d’interdire une autre réunion de musulmans qui se tenait au Bourget, en région parisienne.

Les candidatures à l’élection présidentielle de 2027 se multiplient, à gauche comme à droite. France 24 a dénombré dix-neuf candidats déjà déclarés, dont neuf candidats de la gauche de gouvernement, cinq candidats à droite, trois candidats à l’extrême droite et un candidat « complotiste » inclassable. En plus, au moins une dizaine d’autres se préparent à entrer en lice. Il est souvent difficile, voire impossible, de distinguer les programmes politiques des uns et des autres – lorsqu’ils en ont un – mais cela n’à que peu d’importance. Celle ou celui qui sera élu appliquera au final ce que lui demandera la bourgeoisie. Comme d’hab…

La France est le pays européen qui délivre le plus d’obligations de quitter le territoire à l’égard des migrants et des réfugiés de toutes sortes. Chaque année, entre 130 000 et 150 000 personnes sont visées par ces mesures, même si, dans la pratique, elles sont moins à être mises en œuvre et exécutées faute d’accord avec les autres pays. Mais, lorsqu’elles le sont, elles peuvent tuer. C’est ce qui est arrivé à Ruben Torres, un Hondurien de 37 ans, qui, menacé par des gangs, était venu trouver refuge auprès de son frère, à Bordeaux. Sa demande d’asile fut refusée par L’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il fut donc renvoyé au Honduras… et abattu quelques jours après son retour. Ce n’est pas un cas isolé. Alors que la droite et l’extrême droite veulent toujours durcir un peu plus leur politique anti-migrants, les phénomènes migratoires ne cessent de s’amplifier. L’an dernier, à travers le monde, plus de 82 millions de personnes ont fui leur domicile, dont 32,3 millions du fait des guerres et des conflits de toutes sortes. Les réexpédier de force vers leur pays d’origine, c’est parfois les envoyer à la mort.

Sébastien Lecornu a tenu à saluer le vote « décisif » de l’Assemblée nationale visant à élargir le corps électoral en Nouvelle-Calédonie en vue des élections provinciales prévues dans six semaines Et ce malgré l’opposition des indépendantistes kanak qui ne sont pas hostiles, par principe, à tout élargissement, mais demandent que ce dernier se fasse dans le cadre de négociations globales sur l’avenir de la Kanaky. Il y a deux ans, la question de l’ouverture du corps électoral avait déjà été l’étincelle qui avaient provoqué des émeutes faisant 14 morts et deux milliards d’euros de dégâts. Tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle explosion. À souligner que le Parti socialiste a voté en faveur du texte en compagnie du camp présidentiel et de l’alliance Rassemblement national-Union des droites alors que les insoumis, écologistes et communistes s’y sont opposés. Comme son lointain prédécesseur Guy Mollet, Faure n’est pas un fan de l’indépendance des colonies.

À l’occasion des vingt-cinq ans de la loi Taubira, qui qualifiait l’esclavage de « crime contre l’humanité », le député de la Guadeloupe, Max Mathiasin, a déposé un projet de loi visant à abolir le « Code noir ». Ce Code est un recueil d’ordonnances royales promulgué par Louis XIV en 1685 pour réglementer l’esclavage dans les colonies. Dans ces textes, les châtiments corporels sont autorisés, l’adoption de la religion catholique est obligatoire, et l’esclave y est qualifié de « bien meuble ». Contrairement à l’esclavage, définitivement aboli en 1848, le Code noir existe toujours dans le droit français. Son abrogation a été promise à plusieurs reprises par différents gouvernements mais n’a jamais abouti. La proposition de loi de Mathiasin a reçu l’appui de Macron et a été signée par 130 députés, membres de l’ensemble des groupes politiques à l’exception… du Rassemblement national et de son allié de l’Union des droites. Encore des nostalgiques du « temps béni des colonies » cher à Michel Sardou.

Les entreprises Airbus et Air France ont été condamnées par la cour d’appel de Paris à la peine maximale, soit une amende de 225 000 euros chacune, pour « homicides involontaires » à l’issue du procès du crash du vol AF 447 Rio-Paris, qui avait fait 228 morts en 2009, 216 passagers et 12 membres d’équipage. Elles se sont pourvues en cassation. En première instance la compagnie aérienne et le constructeur avaient été relaxés en faisant retomber tout la responsabilité du crash sur l’équipage… qui n’était plus là pour se défendre, et en minimisant, voire en niant, les problèmes techniques qui avaient affecté l’appareil. Les avocats généraux avaient fustigé la désinvolture des deux entreprises et leur manque d’empathie pour les victimes et leurs familles. Il aura fallu plus de 17 ans aux familles pour voir finalement leur bon droit reconnu.

Aymeric Caron, député apparenté à La France insoumise, est jugé actuellement à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, pour s’en être pris à la journaliste d’Europe 1 Rachel Khan, chroniqueuse vedette des médias Bolloré. Elle avait déclaré à l’antenne qu’elle s’opposait à tout cessez-le-feu à Gaza. Avec une bonne dose de mauvaise foi, elle accuse Caron de l’avoir ciblée, car elle était juive et noire alors qu’à aucun moment le député n’avait cité ni la couleur de sa peau, ni sa religion. Pour ce dernier « après deux ans et demi de harcèlement, le lobby pro-génocide a réussi à faire prospérer une plainte totalement fantaisiste déposée contre moi par Rachel Khan, grâce à un réseau bien organisé ». Et à travers lui c’est la solidarité avec les Palestiniens qui est une nouvelle fois visée.

À l’appel des syndicats, les salariés de Samsung sont appelés à cesser le travail à compter d’aujourd’hui pour une grève de 18 jours pour des augmentations de salaire. On attend qu’au moins 50 000 des 125 000 employés du groupe suivent le mouvement. Avant même d’être effectif, le mouvement a déjà ébranlé le pays. La présidence coréenne a exprimé « ses profonds regrets » après l’échec des négociations entre les syndicats et la direction. Le Premier ministre, Kim Min-seok, a estimé qu’ « un seul jour de débrayage à l’usine de semi-conducteur de Samsung Electronics coûterait jusqu’à 1 000 milliards de wons [environ 574 millions d’euros) de pertes directes ». Quant au ministre du Travail, il a proposé ses bons offices. Il faut dire que, premier employeur du pays, Samsung est un rouage essentiel de sa croissance : l’entreprise génère 12,5 % du PIB et les puces-mémoires, au cœur du développement de l’intelligence artificielle, représentent 35 % des exportations de Séoul. Mais la grève n’aurait pas qu’un impact sur l’économie locale : toute la chaîne d’approvisionnement des géants de la tech s’en trouverait pénalisée, car Samsung est le plus grand fournisseur mondial de puces essentielles aux serveurs de centres de données pour smartphones et véhicules électriques.

Autant dire que les travailleurs sont en position de force pour faire plier le géant électronique qui roule sur l’or. Au premier trimestre 2026, il a multiplié par six son bénéfice net, à 27 milliards d’euros, sa valeur boursière a franchi la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars (861 milliards d’euros) et l’action du groupe a flambé de 400 % en un an.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a posté une vidéo de militants de la « flotille pour Gaza » agenouillés, mains liées et yeux bandés, dans le port d’Ashdod après leur interception en mer et leur placement en détention dans le sud du pays. La veille, les forces navales israéliennes avaient arraisonné au moins 56 navires de la flottille mondiale Sumud et 4 bateaux de la Coalition de la flottille de la liberté dans les eaux internationales. Un acte de piraterie dont l’État sioniste est coutumier. Au moins 319 militants humanitaires ont été enlevés, transférés sur un navire de la marine décrit comme une « prison flottante » avant d’être débarqués. Le traitement humiliant et dégradant qu’ils ont subi n’est cependant rien à côté de celui que connaissent chaque jour des milliers de prisonniers palestiniens.