Plus de cent-trente ans après leur mort, le Sénat a donné son feu vert à la restitution à la Guyane des dépouilles de six Amérindiens enfermés dans les « zoos humains », des expositions organisées en Métropole qui étaient supposées montrer au bon peuple les « indigènes » ou les « sauvages » que la France « civilisait » à la schlague en Asie, en Afrique ou en Asie. Les dépouilles restituées à la Guyane sont celles d’Indiens issus des peuples Kali’nas et Arawaks, exhibés au Jardin d’acclimatation à Paris en 1892, et qui ne survécurent pas à l’hiver en raison de leurs conditions d’hébergement ignobles. Après leur mort, leurs dépouilles furent exhumées à des fins « anthropologiques » à la fin du 19e siècle. Depuis lors, elles ne sont jamais sorties des collections du Muséum national d’histoire naturelle. Ces collections étant réputées « inaliénables », il faut une loi spécifique pour permettre la restitution de ces dépouilles à leurs familles et à leurs peuples. Après le Sénat, c’est l’Assemblée nationale qui devra se prononcer. Une histoire aux relents de racisme, de mépris des droits humains et de mort dont se rendit coupable le colonialisme français triomphant.