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Brèves

L’actualité en bref

C’est l’inénarrable Pascal Praud, l’animateur de CNews qui l’affirme sur la chaine d’extrême droite du groupe Bolloré. Il a déclaré à propos des confrontations entre forces de l’ordre et agriculteurs en colère : « Il y a les policiers qui font leur travail, et les gens en face sont blancs. C’est important de le dire, parce que ce n’est pas facile pour les policiers. Ils sont obligés de s’interposer avec des gens, de qui ils partagent parfois les convictions, ou même les origines. » Une façon de reconnaitre que si les blacks et les beurs étaient nombreux parmi les paysans il serait plus aisé de taper dans le tas. Bien vu. Comme le rappelait en juin dernier un rapport de la Défenseure des droits, Claire Hédon : « Certains groupes sociaux restent surexposés au risque d’être contrôlés (par la police) et d’être confrontés à des comportements non professionnels. Il s’agit notamment des jeunes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins ou des personnes se déclarant non-hétérosexuelles. » C’est ce qu’on appelle un racisme systémique.

À l’occasion du trentième anniversaire de la mort de François Mitterrand, on a eu droit à une série de France Télévision consacrée à la sa vie, à un documentaire réalisé par sa fille Mazarine Pingeot sur La Chaîne parlementaire, en passant par le cycle de l’Institut François Mitterrand sur le statut « d’homme de lettres » de l’ancien président et le livre François Mitterrand, Conversations intimes, de Jean Glavany. Sans parler de la multitude d’articles de presse à sa gloire. Tout ce battage le présente comme une icône de la République. Mais ce politicien opportuniste, ambitieux et retors, d’extrême droite dans les années 1930, entra au service du gouvernement Pétain en 1942. Celui-ci le décora de la Francisque, la médaille de Vichy. Ce n’est que plus tard qu’il se découvrit une âme de résistant. Ministre de l’Intérieur, puis de la Justice pendant la guerre d’Algérie, il déclara « L’Algérie, c’est la France » et refusa la grâce du militant communiste algérien Fernand Iveton, qui fut exécuté. Son coup de génie fut de mettre la main en 1971 sur un Parti socialiste en déliquescence grâce auquel, en 1981, il fut élu à la magistrature suprême. Mais, de tout temps, même à cette époque où il se présentait comme le leader de l’union de la gauche, il défendit bec et ongles les intérêts du capitalisme tricolore, fut un chaud partisan de la Françafrique et de l’Otan et coexista sans problème avec des Premiers ministres de droite. Un politicien bourgeois qui défendit sa classe jusqu’à son dernier souffle.

Alors que se poursuit en appel le procès de Marine Le Pen et de quelques-uns de ses comparses, ses amis ne cessent d’affirmer que la peine d’inéligibilité prononcée à son encontre en première instance pour détournement de fonds était à la fois disproportionnée et « politique ». Ils oublient un peu vite que c’est la même Marine Le Pen qui réclamait en 2013 « l’inéligibilité à vie » pour les élus condamnés pour malversations. De même, en 2016 et 2017, lorsque le Parlement avait adopté les « lois sur la moralisation de la vie publique » qui prévoyaient des peines d’inéligibilité contre des élus reconnus coupables d’atteinte à la probité, les députés du Rassemblement national s’étaient abstenus… car ils jugeaient les peines trop timides. Pour le RN, la « tolérance zéro » ou le « tous pourris » ne s’appliquent qu’aux autres.

C’est l’hebdomadaire allemand Die Zeit, cité par Courrier international, qui nous l’apprend. Dans le Land de Saxe, à l’est du pays, des municipalités obligent les demandeurs d’asile à effectuer jusqu’à 25 heures hebdomadaires de travaux d’intérêt général pour un salaire de… 80 centimes d’euro de l’heure. Quiconque refuse de prendre part à ce dispositif se voit privé de toute aide sociale. D’après le Conseil des réfugiés de Saxe, cette mesure frise « le travail forcé ». Et l’association Pro-Asyl de souligner « qu’il est raciste et dégradant de suggérer que les réfugiés ne souhaitent pas travailler ». De son côté le syndicat Ver.di appelle à « ne pas réduire les réfugiés à des actifs de deuxième classe qu’on exploite pour des salaires de misère ». Quant à l’extrême droite, qui a le vent en poupe, elle applaudit bien sûr la mesure.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a annoncé que la banque centrale américaine était menacée de poursuites par le ministère de la Justice face à son refus de céder aux injonctions de Donald Trump de baisser les taux d’intérêt. Il y a quelques mois, le président américain s’en était déjà pris à des économistes de son administration qui avaient osé publier des chiffres sur l’inflation et le chômage qui ne lui convenaient pas. C’est la vieille technique qui consiste à casser le thermomètre faute d’être capable de faire baisser la température.

Alors que Trump continue d’affirmer qu’il veut annexer le Groenland, pacifiquement ou par la force, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, est montée au créneau pour contrer le président américain. Jugeant qu’une telle annexion serait « une escalade extrêmement préoccupante » elle a ajouté : « Pour l’instant, ce que va faire la France, à la demande du président de la République, c’est ouvrir un consulat à Nuuk dans les jours qui viennent pour montrer le respect de l’autonomie. » Une mesure dérisoire qui a bien dû faire rire à la Maison-Blanche, mais qui montre encore une fois que face à son concurrent américain l’impérialisme français compte pour quantité négligeable.

Le 3 juillet 2018, lors d’un contrôle dans le quartier de Breil, un policier touchait d’une balle dans le cou Aboubacar Fofana, 22 ans, alors que ce dernier tentait de fuir en marche arrière. Il est mort quelques heures plus tard à l’hôpital. Le policier avait tenu des déclarations contradictoires en invoquant, comme d’habitude pourrait-on dire, « la légitime défense » avant de parler de « tir accidentel ». Son procès, qui devrait durer jusqu’au 16 janvier, vient de s’ouvrir devant la cour criminelle où il comparait pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Une qualification contestée par la famille de la victime. En théorie le meurtrier risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Mais, en pratique, les flics meurtriers s’en tirent généralement avec des peines légères, souvent assorties du sursis.

La section montpelliéraine du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions-Urgence Palestine (BDS-UP) vient de saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour protester contre les interdictions répétées de manifester qui la frappent. Depuis l’été 2025, elle n’a jamais été autorisée à tenir des rassemblements sur la place de la Comédie, au cœur de la ville. BDS est un mouvement international non-violent lancé en 2005 par des intellectuels palestiniens pour protester contre la politique de l’État sioniste à l’encontre de leur peuple. En France, le mouvement a appelé à boycotter les produits israéliens et des entreprises qui en font la promotion comme Carrefour ou Axa. En 2020 et 2023 la Cour européenne avait déjà condamné Paris pour ses actions de criminalisation à l’égard de BDS et, plus largement, de celles et ceux qui soutiennent la cause palestinienne.

Le Rassemblement national fait feu de tout bois pour affirmer que la comparution en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens est « un procès politique ». Pieu mensonge. L’égérie de l’extrême droite, et quelques-uns de ses comparses, se voient reprocher d’avoir utilisé l’argent du Parlement européen, c’est-à-dire au final du contribuable, pour financer les activités internes du parti. En résumé, une histoire de gros dont le RN s’est garni les poches. Le procès va durer cinq semaines. Mais qu’à son issue Marine Le Pen soit ou non condamnée et déclarée inéligible, ne changera pas grand-chose au problème de fond, à savoir l’inquiétante progression des idées d’extrême droite qui constituent un danger mortel pour la classe ouvrière.