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Brèves

L’actualité en bref

Alors que dans tout le pays les manifestations se poursuivent contre le régime des mollahs, depuis son exil doré des États-Unis, Reza Pahlavi, le fils du chah, le dernier empereur chassé par la révolution en 1979, tente de s’imposer comme une alternative à la république islamique. Soutenu par Trump, il se pose en homme providentiel capable d’amener la paix et la démocratie dans le pays. On n’a plus qu’à y croire. Mais il faut avoir la mémoire courte pour oublier que le régime monarchiste tomba il y a quarante ans, tellement il était détesté par la plus grande partie de la population. Il était certes laïque mais aussi férocement dictatorial et sa police politique, la Savak, emprisonnait et massacrait à tour de bras les opposants. On a vu sauveur suprême plus présentable.

Une personne est morte et sept autres sont portées disparues après le naufrage d’une embarcation de migrants en mer Égée au large des côtes turques. Trente-sept passagers de ce canot pneumatique, qui a sombré avant l’aube au large de Dikili, au nord de la grande ville d’Izmir, ont pu être secourus vivants. La petite station balnéaire de Dikili fait face à l’île grecque de Lesbos, située à une vingtaine de kilomètres, que les migrants tentent de rejoindre pour entrer dans l’Union européenne. Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses. Près de 1 900 migrants ont disparu ou ont été repêchés morts en Méditerranée en 2025, selon l’Organisation internationale pour les migrations. L’hécatombe continue.

Candidate à la mairie de Paris, l’euro-députée d’extrême droite Reconquête Sarah Knafo, la compagne à la ville d’Éric Zemmour, a lancé un site participatif où ses sympathisants peuvent déposer leurs doléances. « Vous pouvez me dire tout ce que vous avez sur le cœur, toutes les solutions que vous avez pour la ville » affirmait-elle dans une vidéo. En quelques heures, plus de 600 contributions ont été postées, dont une grande partie à connotation raciste. On trouve des messages tels « Les négroïdes pullulent comme des cafards dans les rues » ou « Sommes-nous à Paris ou à Kaboul ? ». Ces remarques ont fait l’objet d’un signalement à la justice. Mais Knafo estime qu’elle est victime d’une manœuvre de ses adversaires. En fait, elle serait anti-raciste mais ses partisans l’ignorent. Nous aussi d’ailleurs.

Neuf personnes, poursuivies pour s’être déguisées lors d’une « soirée costumée » en membres du Ku Klux Klan ou avec les visages peints en noir, ont été relaxées par le tribunal judiciaire de Troyes. Les faits remontent à octobre 2025. Lors de cette soirée, six personnes avaient revêtu des tenues du Ku Klux Klan et trois autres avaient peint leurs visages en noir. Ensemble ils avaient mimé des scènes de violences envers les personnes noires. D’où les poursuites pour « provocation à la haine ». Dans sa grande sagesse, la présidente du tribunal a estime que « si la scène représentée peut heurter, nous avons considéré qu’elle ne contient aucun appel à la haine ou à la violence ». Ce n’est pas l’avis de SOS Racisme pour qui cette relaxe générale « suscite une profonde indignation et une vive inquiétude quant au message qu’elle envoie dans le contexte actuel de recrudescence des actes et discours racistes ».

La prochaine réunion du G7 – qui réunit les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la France, le Japon et le Canada – est organisée par Paris et prévue de longue date les 14 et 15 juin prochain à Évian-les-Bains, en Haute-Savoie. Mais Trump a fait savoir que cela ne l’arrangeait pas, car la date coïncidait avec son anniversaire à l’occasion duquel il organise une compétition d’arts martiaux à la Maison-Blanche, devant 5 000 invités. Qu’à cela ne tienne. Macron, soucieux de plaire à Trump, a décalé la date du 15 au 17 juin. En réaction l’administration américaine, avec une certaine ironie, s’est réjouie de la décision du chef de l’État français qui, selon elle, a « gentiment changé les dates pour tenir compte de l’agenda » de son homologue. Il n’y a plus qu’à espérer que le président américain ne sèchera pas la réunion s’il a rendez-vous ce jour-là chez son coiffeur.

Bernard Bajolet, 76 ans, ancien directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017, vient d’être condamné par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à un an de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique. Ce James Bond aux petits pieds avait utilisé ses fonctions pour tenter de faire cracher au bassinet, en le menaçant, un homme d’affaires qui avait eu maille à partir avec ses services. Les faits remontaient au 12 mars 2016. Le procès s’est tenu en novembre 2025, après une décennie d’enquête et de rebondissements. Il aura donc fallu dix ans pour que la justice tranche. Lorsqu’un corps de police est mis en cause, les juges se hâtent… lentement.

Un total de 13 personnes ont été abattues dans diverses frappes israéliennes sur le territoire palestinien ces derniers jours. Quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées lorsqu’un drone a frappé une tente abritant des personnes déplacées dans le sud de Gaza alors que dans le nord une fillette de 11 ans est morte près du camp de réfugiés de Jabalia. Ce qui n’a pas empêché l’armée israélienne d’affirmer, avec son cynisme habituel, avoir « frappé avec précision des terroristes du Hamas et des infrastructures […] dans le nord et dans le sud de la bande de Gaza ». Depuis l’instauration du bien mal nommé « cessez-le feu », le 10 octobre dernier, un total de 266 Palestiniens ont trouvé la mort du fait des actions menées par l’occupant sioniste et 634 ont été blessés. De plus, 548 corps ont été retrouvés sous les décombres.

La mort de Renée Nicole Good, une mère de famille de 37 ans, abattue à Minneapolis par un homme de la sinistre police des frontières et de l’immigration (ICE) est, en quatre mois, la neuvième victime directe des tirs directs de ces policiers. Parmi les autres victimes figurent Silverio Villegas-Gonzalez, un immigré mexicain, tué à Chicago en septembre après avoir déposé ses enfants à l’école, Keith Porter, un afro-américain tué à Los Angeles la nuit du réveillon par un agent de l’ICE hors-service et un Mexicain anonyme abattu à Rio Grande, au Texas. À ces malheureux, il faut ajouter au moins 32 morts en détention en un an dans le cadre de cette campagne anti-migrants. Un bilan qui risque de s’alourdir car, outre un budget colossal de 170 milliards de dollars (146 milliards d’euros), l’administration Trump accorde à l’ICE une immunité totale dans sa chasse aux migrants et la répression des citoyens qui leur viennent en aide. Les tueurs ont carte blanche.

Le 13 avril 2023, trois adolescents de 13, 14 et 17 ans circulaient dans le 20e arrondissement de Paris sur un scooter en libre-service. Ils fuyaient une voiture de police qui les poursuivait depuis deux minutes, après un refus d’obtempérer, lorsqu’ils ont été grièvement blessés. Les investigations devaient montrer que le conducteur avait volontairement dévié la trajectoire de son véhicule pour percuter le scooter. Ensuite, les trois policiers présents s’étaient concertés pour présenter une version mensongère de l’accident. Le parquet de Paris a donc requis l’ouverture d’un procès pour « violences avec arme, par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux en écriture publique ». Et, après bien des hésitations, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé la suspension des trois fonctionnaires impliqués. Quant aux familles des victimes, elles ont porté plainte pour « tentative d’assassinat ». Le procès devrait donc avoir lieu prochainement mais, dans ce genre d’affaire, la justice se montre en général très clémente à l’égard des flics violents.