Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

À l’occasion de la réception à l’Élysée du président palestinien Mahmoud Abbas, Macron a réaffirmé que les projets d’annexion « partielle ou totale » de la Cisjordanie y compris « de facto » par la colonisation israélienne, « constituent une ligne rouge à laquelle nous réagirons fortement avec nos partenaires européens s’ils sont mis en œuvre ». Pas de quoi inquiéter Netanyahou qui poursuit depuis des années, manu militari, l’expulsion des Palestiniens de leur terre sans que « nos partenaires européens » aient fait quoi que ce soit pour le contrer. Car l’Union européenne, premier partenaire commercial de l’État sioniste, n’a jamais voulu prendre la moindre sanction significative à son égard. Et à l’évidence les choses vont continuer.

C’est Le Canard enchaîné qui le révèle. Dans l’arrêt remettant Sarkozy en liberté sous contrôle judiciaire, le président de la quatorzième chambre de la cour d’appel détaille ses revenus. Ce n’est pas triste. Selon sa déclaration de revenus de 2023, il a touché 637 791 euros de salaire et 152 906 euros de pension de retraite auxquels s’ajoutent 1 331 056 euros de revenus immobiliers et 2 342 008 de revenus non commerciaux. Soit un total de 4 514 512 euros. L’arrêt précise également qu’en 2024 il a déclaré un patrimoine immobilier net de 9 923 874 euros. Et dire que certains de ses partisans avaient organisé une cagnotte pour l’aider à cantiner en prison. On ne prête qu’aux riches… Rappelons que c’est le même Sarkozy qui, en 2008, avait mis sur pied un groupe d’experts pour justifier le fait que le Smic ne devait plus être indexé sur l’inflation. Il ne supportait pas que les pauvres se gavent…

Cinq représentants du géant pétrolier TotalEnergies ont été accrédités au sein de la délégation française qui participe actuellement à la conférence internationale sur l’environnement (COP30) qui se déroule actuellement à Belém, au Brésil. Parmi eux, le dirigeant du groupe, Patrick Pouyanné. Une façon comme une autre de montrer que Paris ne parle de sortir des énergies fossiles… qu’à la condition que cela ne lèse en rien les intérêts des champions tricolores de la pollution. Ce groupe est un acteur majeur des intérêts du capitalisme français au Brésil, notamment dans le secteur des hydrocarbures. C’est sûr qu’on peut compter sur lui pour faire avancer la cause du climat !

Un peu partout dans le pays a été commémoré l’armistice du 11 novembre 1918 qui a marqué la fin de la Première Guerre mondiale. Et d’exalter le courage de « nos soldats » dans ce conflit, né de la concurrence des pays capitalistes désireux de se partager le monde. Pour notre part, notre pensée va aux 40 millions de personnes (20 millions de morts, 21 millions de blessés) victimes de cette boucherie sans nom qui aboutit au traité de Versailles de 1919 ouvrant la voie… à la Seconde Guerre mondiale. Il faut d’autant plus s’en souvenir qu’aujourd’hui les dépenses militaires des pays impérialistes n’ont jamais été aussi élevées et annoncent, à plus ou moins long terme, un nouveau conflit planétaire. Les slogans « à bas l’armée » et « guerre à la guerre » sont plus que jamais d’actualité.

La 30e conférence de l’ONU sur le climat (COP 30) a débuté le 10 juin à Belém, au Brésil, et se poursuivra pendant deux semaines. À cette occasion, le président Luiz Inácio Lula da Silva a affirmé que les milliards dépensés pour les guerres seraient bien mieux investis dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il a déclaré, en étant longuement applaudi et repris par les commentateurs : « Si les hommes qui font la guerre étaient ici, ils se rendraient compte qu’il est beaucoup moins cher d’investir dans la lutte contre le réchauffement que dans les conflits armés. » Sauf qu’il a tout faux. « Les hommes qui font la guerre » savent parfaitement que l’on gagne beaucoup plus d’argent en investissant dans l’armement et les énergies polluantes qu’en défendant l’environnement. Et le sort de la planète, ils s’en moquent.

Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et principal opposant au président Recep Tayyip Erdoğan, est emprisonné depuis mars pour corruption. Mais comme cela ne semble pas suffire au dictateur d’Ankara, İmamoğlu est désormais poursuivi pour 142 infractions supplémentaires qui, bout à bout, pourraient lui valoir… 2 430 ans de prison. Le leader du Parti républicain du peuple, première force d’opposition du pays, nie toutes les charges pesant contre lui. Mais qu’importe si personne ne croit ces accusations bidon. Erdoğan continue de faire le ménage pour se débarrasser de toute opposition. Et ses alliés de l’Otan laissent faire.

Interviewé dans « C dans l’air », Bruno Le Maire est revenu sur le dérapage des finances publiques, admettant s’être « planté », dans la gestion des comptes publics de 2024, année où les recettes fiscales ont été inférieures aux prévisions. En passant, il s’en est pris à Emmanuel Macron, affirmant lui avoir envoyé en avril 2024 une lettre officielle, mais tenue secrète, dans laquelle il mettait en garde contre le dérapage budgétaire. Mais le président, à la veille des élections européennes, n’en avait tenu aucun compte. Aujourd’hui Le Maire, qui a pourtant été ministre des Finances pendant sept ans, fait en partie porter à Macron la responsabilité du déficit actuel et la dette du pays. De leur côté, les macronistes accusent les administrations centrales de défaillances techniques, les Insoumis mettent en cause l’échec de la politique de l’offre du locataire de l’Élysée et le Rassemblement national dénonce un « maquillage ». Mais personne ne souligne le fait que ce déficit est dû, d’abord et avant tout, aux cadeaux somptueux faits chaque année aux entreprises. Et ça ne risque pas de s’arrêter.

Dans le cadre de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale, l’Assemblée nationale a approuvé la limitation de la durée des arrêts de travail. En première lecture, les députés ont décidé de fixer une durée maximum d’un mois pour une première prescription et de deux mois pour un renouvellement. Les médecins pourront toutefois déroger au plafond prévu « au regard de la situation du patient » et en le justifiant sur leur prescription. Le gouvernement avait initialement souhaité fixer cette limite par décret à 15 jours pour un premier arrêt de travail prescrit par un médecin de ville et 30 jours à l’hôpital. La gauche, opposée à une telle mesure, a proposé un compromis qui a été finalement adopté. Il n’empêche que le texte voté constitue malgré tout un recul pour les patients et créé une logique de suspicion à l’égard des soignants et des assurés. C’est un nouveau compromis pourri dont les députés socialistes sont coutumiers.

Aux grands maux, les petits remèdes : le gouvernement de coalition droite-socialistes au pouvoir en Allemagne envisage de verser dix euros par mois aux jeunes de 6 ans à 18 ans, pour les sensibiliser au « réflexe de l’épargne » en vue de leur retraite. Enseigner aux enfants sortis du berceau que cela serait plus utile qu’un système collectif, du génie ! Tout à fait révélateur des classes dirigeantes : tout pour sa pomme.