Mercredi 10 juin, une intersyndicale appelait les cheminots à la grève. Alors que dans tous les métiers et sur tous les sites, les salaires stagnent et que les suppressions de postes en cascade dégradent les conditions de travail, les conflits locaux se multiplient depuis des mois. Il est donc logique que cet appel ait trouvé de l’écho chez de nombreux travailleurs du secteur ferroviaire. Fait notable, la grève était bien suivie dans des filiales privées comme Transkeo pour le tramway T12-T13 en région parisienne ou Transdev à Marseille. Là où la direction a voulu instaurer la division, les cheminotes et cheminots du public et du privé ont répondu par l’unité. C’est un acquis précieux pour la suite.
Les forts taux de grévistes observés sur cette journée sont d’autant plus significatifs dans un contexte où la SNCF morcelle l’entreprise en de nombreuses filiales et où on entendait de plus en plus souvent la petite musique selon laquelle seule les batailles locales et métier par métier pouvaient être gagnantes. Cette réussite témoigne donc d’une volonté de ne pas se laisser diviser. Une volonté qui s’est aussi exprimée dans les nombreuses initiatives locales : une cinquantaine de travailleurs réunis en piquet dès 6 heures 30 à Lyon, plusieurs centaines en manifestation à Paris.
Ces rassemblements sont précieux, car après cette journée se pose la question de la suite du mouvement et donc de la construction d’une mobilisation assez forte pour entraîner d’autres collègues et faire reculer la direction. Le jeu en vaut d’autant plus la chandelle qu’avec le contexte d’inflation galopante et des plans de licenciement qui se succèdent, des travailleurs se sont déjà mis en bagarre dans de nombreuses entreprises : Decathlon et Airbus pour les salaires, PSA contre les suppressions de postes pour ne citer qu’elles. Le combat des cheminots pourrait être rejoint par l’ensemble du monde du travail.
Branche transport du NPA-Révolutionnaires
