Plus de 840 migrants ont été secourus par les garde-côtes grecs en cinq jours au sud de la Crète. Mois après mois, de nombreux migrants tentent la périlleuse traversée entre la Turquie et les îles grecques ou depuis la Libye vers la Crète. Mais les naufrages sont nombreux. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, plus de 16 770 personnes en quête d’asile dans l’Union européenne sont arrivées en Crète depuis le début de l’année. Cependant, outre les dangers de la traversée, les personnes migrantes doivent aussi affronter l’hostilité ouverte du gouvernement d’Athènes. En juillet, le Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, avait suspendu pendant trois mois l’examen des demandes d’asile, tout particulièrement des personnes débarquant en Crète en provenance de Libye. Quant au ministre des Migrations, Thanos Plevris, un ancien membre de la formation d’extrême droite Laos, aujourd’hui dissoute, il avait assuré que la Grèce n’était « pas un hôtel » pour des personnes à la recherche d’asile et avait répété à plusieurs reprises à leur endroit : « Vous n’êtes pas les bienvenues ici. » Pour ces personnes qui fuient leur pays en quête d’une vie meilleure la Terre est devenue une planète sans visas.