
Le 23 avril, la CGT appelait à des rassemblements sur les sites Stellantis. Près de 350 salariés se sont regroupés à Poissy, dont des sous-traitants de MC Synchro (roues) et Forvia (planches de bord), 200 à Sochaux-Mulhouse, près d’une centaine à Metz-Borny. L’appel précédait les annonces de Stellantis qui, le 16 avril, révélait ce que beaucoup savaient déjà : l’usine de Poissy va bien cesser la production automobile en 2028. La direction prétend conserver 1 000 postes sur site jusqu’à 2030, la moitié de ceux qui y travaillent, et investir 100 millions d’euros sur cinq ans.
Derrière les mensonges : 1 000 postes aussi bidon que les 100 millions annoncés
Pourtant les chiffres ne prévoient que 200 salariés maximum à l’Emboutissage, 10 pour faire des pièces de rechange Ferrage, 40 pour une casse automobile de petites pièces (rien à voir avec Renault Flins où la voiture est refaite à neuf). La direction veut aussi prendre 190 postes de l’activité moteurs au site de Vesoul. À quoi, la direction rajoute un catalogue d’ateliers et activités bidon : petite cabine de peinture automobile (ce qu’on trouve dans un garage), peut-être un atelier d’impression 3D ? Aucune qui soit chiffrée… Mais 200 + 10 + 40 + 190 = 450… on est loin des 1 000 annoncés !
Vesoul : seule annonce sérieuse et d’autant plus révoltante !
La seule annonce sérieuse est le transfert d’une « activité moteurs » de Vesoul à Poissy. Cette activité avait déjà été prise au site d’Hérimoncourt, fermé en 2020. À Vesoul, elle mobilise 130 intérimaires et 60 CDI (190 emplois), le déménagement leur a été annoncé pour juin… Ainsi que la suppression de leur poste ! Mais les pièces vont continuer à passer par Vesoul. C’est d’autant plus ridicule que ça n’a aucune justification : la direction devait rendre « crédibles » ses bobards : cette « activité » à Poissy peut dès demain être transférée ailleurs.
Aucun ouvrier de Poissy n’a demandé à prendre l’activité des salariés de Vesoul. Stellantis a attendu la fin des élections professionnelles à Vesoul pour faire son coup : 190 postes en moins, 10 % des effectifs ! Principal bénéficiaire de la manœuvre : le syndicat pro-patronal, dont le secrétaire n’hésite pas à s’afficher avec le député RN local dans le cadre d’une campagne pour « L’avenir de Stellantis France ».
L’emboutissage en sursis
Seul l’emboutissage et ses 200 postes resteraient à Poissy. L’emboutissage de PSA Aulnay avait lui aussi survécu 12 ans à la fermeture du site, à MA France Aulnay, qui vient de fermer après des mois de luttes en 2024. À Poissy, 60 % de la production fonctionne pour le site de Hordain (qui n’a pas de secteur emboutissage), mais pour combien de temps ? 25 % de la production était pour Poissy : faute de véhicules, la direction menacera vite les postes.
Après le 23 avril, s’organiser et se coordonner avec tous les sites menacés
Stellantis prétend fermer le plus grand site de production de la région parisienne en deux ans… sans licenciements ? Au « volontariat » dit-elle. Méthode éprouvée à Stellantis depuis des années pour forcer au départ des dizaines de milliers de salariés, notamment à coups de postes impossibles. Mais le passage à une équipe, d’ici probablement à la fin de l’année, affichera la vérité des prix : départs forcés et licenciements ! Ceux qui resteront seront en sursis jusqu’à 2028, à produire quoi ? La direction ne veut aucune annonce collective qui appellerait une riposte qui le serait tout autant. Ce qu’elle redoute, les travailleurs doivent l’organiser.
Au moment où Stellantis ferme les sites de Poissy et Douvrin, menace de supprimer des milliers de postes sur les autres sites et chez les sous-traitants et de vendre quatre sites en Europe, il est vital que les ouvriers des entreprises menacées prennent contact en vue de se coordonner, afin que la lutte devienne crédible à Poissy et se généralise partout en France.
Léo Baserli