Nos vies valent plus que leurs profits

Contre les politiques guerrières et antisociales de la bourgeoisie, vive la riposte ouvrière et internationaliste du 1er mai !

Paris, 1er mai 2025. Copyright : Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas

Le muguet et le pain frais seraient-ils devenus absolument indispensables au fonctionnement de l’économie capitaliste ? Lecornu, main dans la main avec le patronat, la droite et le Rassemblement national, cherche à remettre en cause le caractère férié et chômé du 1er mai. Le gouvernement n’a pas légiféré à temps, mais a demandé aux salariés de l’État chargés de contrôler le respect du Code du travail de ne pas verbaliser les boulangeries et les fleuristes qui feront travailler leurs salariés vendredi… « L’État opprime et la loi triche », ces paroles de l’Internationale auraient-elles besoin d’être complétées par : « L’État opprime et triche avec les rares lois protégeant le monde du travail » ?

Leur 1er mai et le nôtre

C’est Pétain qui a transformé cette journée internationale de lutte et de grève en un pâle jour férié nommé « fête du Travail », célébration de l’unité impossible entre ouvriers et patrons. Mais les attaques contre le 1er mai n’ont pas pour objectif de liquider l’héritage du régime de Vichy. Au contraire, elles cherchent à supprimer le seul jour qui permet aux travailleurs et travailleuses d’échapper encore à l’exploitation capitaliste, mis à part certains secteurs comme la santé ou les transports où le travail ne peut s’arrêter. Le 1er mai, journée internationale de lutte pour nos droits, a pour origine le combat pour la réduction du temps de travail, avec les vies perdues pour cela à Chicago en 1886 et à Fourmies en 1891. Aujourd’hui encore, dans la plupart des pays, c’est une journée où celles et ceux qui veulent manifester doivent faire grève, en perpétuant le combat de générations entières d’ouvrières et d’ouvriers du monde entier, de leurs conquêtes arrachées malgré la répression violente. Car les droits ne tombent jamais du ciel, ils se gagnent dans la rue.

Face à la flambée des prix, notamment ceux du carburant, contre les licenciements en rafales, comme l’a encore illustré dernièrement l’annonce de l’arrêt de la production de voitures à Stellantis Poissy, le 1er mai doit être un point d’appui pour une riposte d’ensemble, une lutte massive et résolue pour exiger des mesures d’urgence : l’augmentation immédiate des salaires de 400 euros et leur indexation, ainsi que celle des pensions et des prestations sociales, sur le niveau des prix, et l’interdiction des licenciements. Il faudra prendre l’argent où il est : dans les portefeuilles des actionnaires des grands groupes capitalistes, dont l’enrichissement insolent dépasse l’entendement. Au mois de mars, la seule entreprise TotalEnergies a gagné un milliard en spéculant sur les stocks de pétrole !

Leurs guerres et notre solidarité internationaliste

Des dizaines de milliers de morts s’accumulent parmi les peuples du Moyen-Orient et la guerre en Ukraine en a causé plus de 500 000 depuis 2022, sans oublier les guerres atroces et sanglantes dont les médias ne parlent pas, comme au Soudan ou au Congo. Selon le dernier rapport du Fonds monétaire international, « près de 45 % de la population mondiale vit dans des pays touchés par des conflits ou des guerres civiles ». Sur la période 2020-2024, la moitié des pays dans le monde a augmenté son budget militaire, avec pour conséquences des profits record pour les marchands de canons et leur pendant de coupes dans les budgets sociaux et d’attaques contre les classes populaires.

Le 1er mai sera l’occasion de réaffirmer que pour nous, travailleurs et travailleuses, les seuls ennemis sont les patrons, les bourgeois, et en premier lieu ceux qui se trouvent dans notre propre pays. À l’inverse, nos alliés, partout dans le monde, sont nombreux et forment l’immense majorité de la population, sans qui rien ne peut tourner dans la société : oui, plus que jamais, prolétaires de tous les pays unissons-nous pour en finir avec le capitalisme, ses guerres et ses oppressions !

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 27 avril 2026

 

 

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