
1 900 drones, 1 400 bombes aériennes guidées et 60 missiles russes ont été lancés sur l’Ukraine entre le 18 et le 25 avril. Les morts civils s’accumulent à Odessa, mais aussi à Kiev, loin du front. Le régime de Poutine a ciblé tout l’hiver les infrastructures énergétiques, privant la population de chauffage. En ce printemps, l’armée russe détruit systématiquement les installations hydrauliques qui alimentent les Ukrainiens en eau. La terreur et les privations contre les civils, bien qu’elles soient qualifiées de « crimes de guerre », font partie de l’arsenal de toute puissance belligérante depuis la Seconde Guerre mondiale, et la Russie capitaliste ne fait pas exception.
Le régime de Zelensky n’hésite pas, lui non plus, à recourir à ce genre de méthodes terroristes. Son armée envoie désormais plus de drones frapper le territoire russe que l’inverse. Depuis le 20 avril, des bombardements répétés contre des installations pétrolières à Touapsé, sur la mer Noire, ont déclenché une catastrophe environnementale de grande ampleur. Les travailleurs du pétrole, ainsi que la population sont exposés à des hydrocarbures dangereux pour la santé, dans l’indifférence coupable des autorités russes qui nient toute pollution et laissent le soin à des bénévoles associatifs de protéger les habitants avec les moyens du bord !
Voilà à quel genre d’opérations serviront les 90 milliards d’euros de prêts accordés à l’Ukraine par l’Union européenne le 23 avril, lors du sommet de Chypre, qui s’ajoutent aux 190 milliards déjà versés. Le veto que la Hongrie opposait jusque-là a été levé. La défaite d’Orban aux législatives y est certainement pour quelque chose, mais son successeur (adversaire et néanmoins ancien dauphin) a tout de même exigé une contrepartie de taille : que l’Ukraine répare l’oléoduc « Droujba » pour reprendre l’exportation de pétrole russe vers la Hongrie.
Ces sommes empruntées, qui dépassent largement la production totale annuelle de l’Ukraine, viennent alourdir une dette publique dont le remboursement pèsera dans l’avenir sur la population travailleuse, réduisant le pays à l’état de semi-colonie économique. D’où le refus réitéré par la France et l’Allemagne d’entamer le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, afin de lui signifier sa place au plus bas de la chaîne alimentaire capitaliste.
Ces prêts enrichissent les grands groupes de l’armement, américains et européens pour l’essentiel, mais aussi ukrainiens. Ces derniers se taillent une réputation et les parts de marché qui vont avec dans le domaine des drones low cost. Des accords de défense ont été signés pour dix ans avec le Qatar et l’Arabie saoudite, pressés de trouver des moyens bon marché d’intercepter les drones iraniens, accords-cadres qui devraient déboucher sur des contrats d’exportation d’armes vers le Golfe. Pendant la guerre, les affaires continuent !
Raphaël Preston
40 ans après Tchernobyl, le danger nucléaire comme arme de guerre
Dès février 2024, Tchernobyl devenait une zone de guerre dans laquelle des soldats russes s’irradiaient sans le savoir en creusant des trachées. En février 2025 une frappe russe a endommagé le fragile « sarcophage » dans le but délibéré de provoquer des fuites radioactives dont le danger est toujours imminent d’après un rapport de Greenpeace du 14 avril dernier. Les frappes contre des sites nucléaires se banalisent dans les guerres actuelles : Poutine a visé Tchernobyl et la centrale de Zaporijjia, Trump les installations iraniennes du nucléaire militaire et civil.