Ci-dessous un podcast de etik.media
Le vote ? Un début. La grève générale ? L’objectif.
Baptiste Anglade interviewé par Dounia Lemmouchia
Baptiste Anglade ne vend pas un programme : il vend une stratégie. Pour lui, une urne n’a jamais arrêté un patron — seule la mobilisation collective le peut. Depuis 15 ans sur les piquets de grève, il se présente aux municipales de Grenoble non pas pour « prendre le pouvoir » mais pour que les travailleurs l’arrachent eux-mêmes.
Sa liste, « Grenoble ouvrière et révolutionnaire », est l’une des plus jeunes de cette élection. Son slogan : « C’est aux travailleurs de décider de tout. » Pas une posture — une conviction construite depuis l’adolescence, qui traverse sa vision de la ville comme du monde : le capitalisme mène à la guerre, la misère, et les travailleurs n’ont rien à y gagner.
Mesures concrètes : réquisition des logements vides, régularisation de tous les travailleurs sans-papiers, suppression de la police remplacée par des services publics — crèches gratuites, bibliothèques de quartier, maisons de retraite. Mais il assume d’emblée : ces mesures ne seront possibles que si la majorité des travailleurs se mobilise pour les imposer. Pas de belles promesses, pas de programme clé en main : voter pour lui, c’est s’engager à continuer le combat après le scrutin.
Sur le RIC et la démocratie participative, il tranche : utiles pour faire entendre des idées, insuffisants pour changer les rapports de force. Et excluants — pourquoi les apprentis exploités dès 14 ans attendraient-ils 18 ans pour voter ? Pourquoi les sans-papiers qui construisent Grenoble en seraient-ils privés ?
Son horizon ? Un « troisième tour social » — comme les Gilets jaunes, comme les grèves contre la réforme des retraites — où ce sont les rues, pas les urnes, qui décident.
Titre et description par Alex Jade, captation audio Dounia Lemmouchia, photo par Baptiste Anglade