Le premier tour des élections municipales est marqué par la forte abstention, particulièrement parmi les classes populaires. Ivry n’y échappe pas. Comme ailleurs, ce sont les bureaux des quartiers les plus ouvriers qui ont le moins voté. Cette abstention traduit une défiance à l’égard des gouvernements, de gauche comme de droite, qui mènent et ont mené invariablement une politique contre les classes populaires.
Le RN se qualifie pour le second tour sans augmenter le nombre de ses électeurs sur la ville. Avec 1 654 voix, le « collaborateur parlementaire » Nader fait perdre 1 100 voix à son parti par rapport aux élections législatives de 2024 et près de 500 par rapport aux Européennes. Le candidat d’extrême droite a mené dans notre ville une campagne provocatrice contre les militants de gauche, ce qui traduit le caractère anti-ouvrier de son projet.
Au second tour, dimanche 22 mars, pas une voix ne doit aller au RN. L’extrême droite est tout autant pro-patronale que Macron. Le Pen et ses amis sont contre l’augmentation du Smic, contre toute taxation du capital, ils veulent décimer les retraites et les services publics et engraisser les marchands d’armes. Leur démagogie raciste, sexiste et anti-chômeurs ne vise qu’à diviser le monde du travail, afin de faciliter l’exploitation de tous et toutes. Ils charrient dans leur sillage des groupuscules violents comme l’ont montré les manifestations à la suite de la mort du néo-nazi à Lyon. Bardella, c’est Macron avec un portrait d’Hitler dans les toilettes.
Pas une voix de travailleur ne peut également aller à la liste de Simonin-Lacroix, qui regroupe la droite LR de Wauquiez et Retailleau avec tous les partis de la coalition du président des riches. Le PS ne mérite pas un suffrage non plus. Derrière une liste prétendument « citoyenne », se cache un parti qui vient de laisser passer le budget macroniste à l’Assemblée, un budget qui taille dans les services utiles aux classes populaires pour arroser le patronat de subventions et augmenter le budget militaire. Ce budget diminue également les dotations des communes. Où le PS de Monfret trouvera-t-il l’argent pour sa chère police municipale, un projet inutile et néfaste… à moins de sabrer dans le budget des crèches, de la culture ou du périscolaire ?
Dans ce contexte, nous comprenons bien sûr les travailleurs et les travailleuses qui utiliseront un bulletin Front populaire ivryen pour faire baisser le pourcentage et la représentation du RN au conseil municipal.
Mais si le total des voix de gauche s’érode régulièrement, y compris dans notre banlieue rouge, c’est aussi la responsabilité de la direction nationale du PCF dont la politique, dite « d’union de la gauche », a transformé ce qui a été un parti ouvrier en un allié secondaire de gouvernements du PS qui ont attaqué les travailleurs (Mitterrand, Jospin ou Hollande). Dans de nombreuses grandes villes, ceux qui se présentent comme une gauche « de rupture », LFI ou PCF, passent encore une fois des accords avec le PS pour gagner quelques postes. Parce que le RN n’a aucune chance d’emporter une majorité au conseil municipal, majorité assurée pour le FPI, nous comprenons aussi les électeurs et électrices ivryens qui s’abstiendront au second tour, repoussés par les impasses de la gauche institutionnelle et les accords de circonstance.
Seules nos luttes et notre organisation collective en tant que travailleurs pourront juguler la montée de l’extrême droite en mettant en échec les politiques racistes et patronales qui en font le lit.
Nous remercions les 536 électeurs et électrices qui ont voté pour notre liste, un résultat supérieur à ceux du NPA aux municipales de 2014 et 2020. En ajoutant LO, ce sont 835 voix qui se sont portées sur des listes d’extrême gauche à Ivry.
À ces 835 travailleurs et travailleuses qui ont exprimé leur colère face aux ravages du profit, leur rejet du racisme, leurs convictions communistes, leur confiance aussi dans leurs propres forces, celles du monde du travail, pour renverser le capitalisme et en finir avec les guerres et l’exploitation, nous disons : rencontrons-nous et regroupons-nous !
Et à tous les travailleurs et les travailleuses d’Ivry, nous disons : à très vite dans les luttes et organisons-nous !
Pour nos écoles, nos logements, nos salaires, nos emplois, nos services publics, nous avons les moyens de peser sur le patronat local et sur l’État : en s’organisant collectivement à la fois sur les principaux lieux de travail d’Ivry (RER C, AP-HP, Suez, territoriaux, RATP, Keolis, éducation…) et à l’échelle des quartiers (actifs, précaires, étudiants, retraités), c’est toute la population ouvrière au sens large que nous pouvons contribuer à mobiliser.
Le 17 mars 2026, Selma Labib (conductrice de bus) et Benoît Chazerand (cheminot)