Nos vies valent plus que leurs profits

Le deux poids deux mesures du ministre de l’Intérieur

À l’occasion du Teknival du 1er mai, une rave party « illégale » qui s’est déroulée pendant plusieurs jours près de Bourges (Cher) sur un ancien terrain militaire, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a fait son cinéma. Il a mobilisé plusieurs milliers de policiers et gendarmes, s’est rendu sur place et a squatté les journaux télévisés et la presse écrite pour démontrer sa « fermeté ». Au final, plusieurs milliers de jeunes participants ont été verbalisés. Par contre on n’a pas entendu Nuñez lorsque le mois dernier le collectif d’extrême droite « Le Canon français », financé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, a organisé à Caen (Calvados) un banquet géant de 4 000 personnes au cours duquel on a vu se multiplier saluts nazis et propos racistes anti-musulmans. Bien mieux, les participants ont pu défiler dans les rues, en insultant parfois les passants, sans être inquiétés et encore moins verbalisés. Pour Nuñez les jeunes accros à la musique techno sont de dangereux délinquants et les néo-nazis de paisibles citoyens.