Nos vies valent plus que leurs profits

Aide sociale à l’enfance de Paris : une réorganisation qui ne passe pas

L’aide sociale à l’enfance est souvent décriée : situations de violences ou négligences sont mises en avant. Mais on connaît moins les conditions de travail : sous-effectif chronique, surcharge de travail, stress intense, heures supplémentaires à n’en plus finir. À Paris, comme dans les autres départements, les travailleurs et travailleuses de ces services sont soumis à des cadences infernales tout en ayant la responsabilité d’être garant du bienêtre des enfants, « placés » par un juge des enfants, malgré très peu de moyens adaptés.

Régulièrement, la direction des Solidarités réorganise le travail dans ces services déjà fragilisés. En 2024, une grève a éclaté dans l’ensemble de ces services après que la quasi-totalité des collègues de l’un d’eux aient été absents pour arrêt maladie. Alors, quand peu après, la direction a annoncé une réorganisation ajoutant des missions d’évaluation des signalements d’enfants en danger, l’inquiétude a régné. En effet, malgré 47 créations de postes annoncées, tout le monde sait que ça ne suffira pas.

Depuis début 2026, des réunions syndicales de la CGT ont permis de réunir des dizaines de collègues de plusieurs services, incluant le service social scolaire, également concerné par cette réorganisation. En l’absence d’évaluation de la charge de travail et des conditions de cette réorganisation, et devant la certitude que les moyens sont sous-évalués et que tout le monde va trinquer, une date de mobilisation a été votée pour le 2 juin.

Alors que les salariés du social dans l’associatif sont appelés à la grève le 26 mai, on peut regretter que le mouvement de l’ASE en soit décorrélé, puisque ça se base sur les mêmes constats et revendications. Mais il reste possible de participer aux deux journées de grève et d’appeler à construire l’unité dans la lutte, public, privé et bien au-delà.

Que ce soit à l’ASE, à la Poste ou à l’usine, c’est bien par un mouvement d’ensemble du monde du travail qu’on en finira avec l’exploitation de patrons ou de directions qui priorisent les profits ou les économies sur notre dos.

Flora Morand