
Lundi 27 avril une cinquantaine d’agentes et d’agents de l’inspection du travail en Isère et leurs soutiens se sont rassemblés devant la DDETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités), à l’appel de Sud-TAS (travail affaires sociales), pour dénoncer de graves atteintes à l’indépendance de l’inspection du travail, dont des contrôles du 1er mai entravés et une agression de la direction de l’inspection du travail en Isère.
Alors même que le projet visant à autoriser certains artisans de faire travailler les salariés le 1er mai a été rejeté par les macronistes eux-mêmes, le gouvernement a affirmé que les boulangers et les fleuristes verbalisés n’auront pas à payer d’amende.
Face à ce mépris, les travailleurs et travailleuses de l’inspection du travail ont voulu rappeler à toutes les entreprises et aux salariés que, le 1er mai, les employeurs ne sont pas autorisés à faire travailler leurs salariés. Mais ces courriers se sont fait intercepter par la direction et, lorsque trois agentes et agents sont venus demander des explications, elle a refusé tout échange, jusqu’à ce que le directeur de la DDETS agresse un agent en tentant de le faire sortir de son bureau par la force.
Alors que le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs et des travailleuses, est un jour chômé et payé durant lequel les employeurs ne peuvent pas faire travailler leurs salariées, le gouvernement entretient volontairement le flou et tente même de passer en force pour banaliser le travail le 1er mai, en envisageant déjà d’étendre ces dérogations à d’autres secteurs.
Retour sur un coup de com’ qui sent l’enfumage
1er mai 2026, 4 heures : les premiers salariés de la boulangerie Le Pétrin dauphinois, à Domarin, commencent leur journée. En ce jour chômé-payé, ils auraient « choisi », et de manière totalement libre, de venir au travail. Ce n’est ni le paternalisme ambiant dans les magasins, ni les salaires mangés par l’inflation, ni encore la peur des représailles qui les ont poussés à sacrifier un jour de repos payé. La preuve ? Leur patron, M. Amieux, leur a fait signer un papier qui le dit !
8 h 30 : des inspecteurs du travail font savoir à M. Amieux qu’il est dans l’illégalité et qu’il risque une amende. Il ne l’ignorait pas, mais il s’en fiche un peu. Depuis des années qu’il exploite ses salariés le 1er mai, ce n’est pas en 2026 que ça va changer…
12 h 10 : M. Amieux, par ailleurs président de la fédération des boulangers locale, intervient par téléphone sur RMC, radio officieuse du petit patronat pleurnicheur. M. Amieux a quatorze salariés, ce n’est pas vraiment un « petit », mais qu’importe, il déroule : « Ça ne me fait pas peur […], le Premier ministre a été clair que, s’il y avait des amendes, on ne les paierait pas. »
Juste après son passage radio, le Premier ministre l’appelle et lui confirme qu’il n’aura aucune sanction. Ce petit numéro est à la fois un coup de com’ et un coup monté qui fait passer un gros boulanger pour la petite victime d’une vilaine tradition ouvrière. Il n’avait qu’un seul but : faire accepter un recul sur un jour qui doit rester celui des travailleurs !
Correspondants