Nos vies valent plus que leurs profits

Déjà les licenciements et l’inflation, bientôt la crise

En ce début d’année, des géants de la tech à la SNCF, en passant par le profiteur de guerre TotalEnergies, les grands groupes annonçaient de nouveaux profits et dividendes record. Au premier trimestre 2026, les entreprises cotées en bourse ont accru leurs bénéfices de 27 % aux États-Unis et de 7 % en Europe.

Mais pour les travailleurs, les plans de licenciements se multiplient : PSA, Air Liquide, SEB, Nestlé, Forvia, etc. Le chômage, reparti à la hausse depuis 2023, a dépassé la barre des 8 % en début d’année. Et on nous annonce pour bientôt des centaines de milliers, voire des millions, d’emplois supprimés par l’utilisation capitaliste de l’IA.

Si les patrons peuvent licencier même quand tout va bien, une nouvelle crise semble pointer à l’horizon, accélérée par l’aventure guerrière de Trump et Netanyahou en Iran, qui a provoqué une nouvelle vague de hausse des prix. En France, l’inflation était de 0,7 % sur le seul mois d’avril, après 0,8 % en mars, ce qui correspond à une hausse de 10 % sur un an si ce rythme se maintient toute l’année. Or, tout laisse à penser que cela va continuer, avec la répercussion de la hausse venue du pétrole et des engrais à l’ensemble des biens et services. Sans même compter les effets de la pénurie de carburant annoncée pour l’été, avec déjà des compagnies aériennes qui annulent des vols ou réclament des suppléments à leurs clients.

Comme les salaires ne suivent pas, les familles populaires doivent encore se serrer la ceinture. Et la baisse de consommation précipite une crise déjà en gestation. Selon une étude OpinionWay, 42 % des patrons français perçoivent déjà une baisse de leur chiffre d’affaires depuis la guerre. Les défaillances d’entreprises (qui concernent surtout des petites entreprises, les grosses licenciant sans disparaître) étaient déjà à un pic historique en 2025.

Dans une économie qui se développe sur une montagne de dettes, les faillites se transforment en panique financière, qui à son tour étend la crise. Depuis 2008, les entreprises ont continué d’avoir recours à l’endettement pour financer leurs investissements, préférant garder leurs liquidités pour faire monter leur cours en bourse ou les verser aux actionnaires. La finance a trouvé de nouvelles astuces pour contourner les quelques règles prudentielles instaurées après 2008, comme le « crédit privé », des prêts directs aux entreprises, administrés par des fonds sans passer par les banques traditionnelles. Ces crédits privés, qui se sont précipités sur les placements les plus risqués – plus rémunérateurs –, dépassent 2 000 milliards de dollars. Ces dettes deviennent une menace quand les taux d’intérêt s’envolent avec l’inflation. À la mi-mai, les titres de dette américaine sur 30 ans, qui servent de référence, ont dépassé les 5 %.

Les annonces de suppressions d’emplois et les hausses de salaires dérisoires ne restent pas sans réaction du côté des travailleurs. Avec une nouvelle crise qui pointe son nez, il va falloir plus que jamais se serrer les coudes pour imposer un autre avenir que celui promis par le capitalisme.

Maurice Spirz

 

 

 

 

Tour de vis budgétaire : le FMI fait la passe à Lecornu

La crise n’a pas encore atteint son point culminant que déjà les capitalistes s’organisent pour la faire payer aux classes populaires. Le Fonds monétaire international (FMI) vient de sortir un rapport qui préconise de repousser l’âge de la retraite et d’augmenter les franchises médicales. Cette thérapie de choc fait déjà office de programme, du PS à LR. La position du FMI pourra servir de prétexte au RN pour abandonner la seule mesure « sociale » qui reste dans son programme patronal, la retraite à 62 ans, affichage purement démagogique qui est déjà contesté en interne par Ciotti et Bardella.