Une violente altercation a eu lieu la semaine dernière à Lviv, dans l’ouest du pays, entre une foule de plusieurs centaines de personnes et des militaires qui tentaient d’interpeller des hommes en âge d’être mobilisés. Des agents des centres territoriaux de recrutement – le nom officiel des militaires chargés de mobiliser ceux en âge d’effectuer leur service – ont contrôlé un homme dans la rue, qu’ils soupçonnaient de chercher à échapper au service militaire obligatoire. Après avoir vérifié ses papiers, ils l’ont conduit dans un centre local de recrutement afin qu’il passe un examen médical destiné à déterminer s’il était apte à être envoyé au front. D’autres agents de recrutement sont restés sur place et ont ensuite tenté d’interpeller deux autres hommes. C’est alors que plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées. Les militaires ont été encerclés afin de les empêcher d’emmener les personnes interpellées et leur véhicule a été renversé sous les applaudissements. Alors que l’invasion russe entre dans sa cinquième année, les affrontements entre civils et agents chargés de la mobilisation se multiplient. En 2022, la police avait recensé cinq agressions contre des agents de recrutement, en 2025, ce chiffre est monté à 341 et au cours des quatre premiers mois de 2026, près de 120 incidents ont déjà été enregistrés. En janvier dernier, le ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, avait déclaré qu’environ deux millions d’Ukrainiens avaient échappé à la mobilisation et que 200 000 militaires avaient quitté leur unité sans autorisation. Signe qu’une partie grandissante des Ukrainiens se désolidarise de Zelensky et de son « patriotisme ».