Nos vies valent plus que leurs profits

Nokia Lannion : nouveau coup dur pour les salariés

Inauguration des locaux de Nokia Lannion en présence du gratin politique et économique local.

Petit rappel historique sur les promesses tenues en 2015 par un certain Macron, ministre de l’Économie de Hollande, le pourfendeur du capital… la veille des élections.

« Les engagements pris seront suivis dans le temps par une commission composée de représentants de l’État et de syndicats. Le rapprochement entre Alcatel-Lucent et Nokia prévoit des garanties de l’emploi pendant deux ans et l’embauche de 500 chercheurs pendant quatre ans, à compter du lancement de l’OPE (offre publique d’échange). »

Celui qui allait devenir président déclarait sans vergogne :

« Je ne fonctionne pas à la nostalgie. Je crois au volontarisme lucide. On peut penser qu’il vaut mieux rester Français et seul, si c’est pour finir en mauvais état et avec beaucoup de licenciements, ce n’est pas une solution. Il faut être réaliste, il y a une excellence française, il y a une reconquête. Ma préoccupation, c’est que tous les emplois soient maintenus, c’est qu’on développe l’excellence de ce groupe, qu’on conquière des parts de marché »

Depuis les plans sociaux et surtout les fameuses ruptures conventionnelles collectives (RCC) se succèdent. Les RCC ont l’immense avantage pour le patronat et le capital d’abolir la notion de licenciement économique et de placer les syndicats en position de spectateurs de la casse sociale.

Encore un nouveau plan !

Finalement l’ancien PDG d’Alcatel, Serge Tchuruk, l’avait prédit en juin 2001 : « Alcatel doit devenir une entreprise sans usines »… et sans bureaux d’études, il n’avait pas dû finir sa prophétie.

Les salariés pensaient avoir un peu de répit, car la précédente RCC (2025) s’étalait jusqu’à fin juin 2025. Il n’en est rien ! La direction de Nokia a convoqué les délégués syndicaux centraux pour leur annoncer la mise en place d’une nouvelle RCC (2026), avec à la clé la suppression de 195 postes en France dont 28 à Lannion. Les départs doivent se réaliser avant fin décembre 2026 et le site de Lannion verra son effectif se réduire sévèrement à moins de 400 salariés. Selon de délégué syndical CGT Abderrahim El Boujarfaoui, les salariés craignent la disparition pure et simple du site Nokia Lannion.

Sur les ruines de l’industrie des télécommunications, élus et patrons se gargarisent de la création de quantités de startup, souvent créées par de l’argent public ou les mannes financières des plans sociaux et des aides sans aucune contrepartie des collectivités locales. Startup fragiles qui sont régulièrement revendues à de plus gros groupes et se réorientent sans bruit vers l’industrie d’armement : Exail, Armor Arsenal, TDP, Inanox,TompAéro, M3Systems, Lumibord, Drone Act…

La course à la rentabilité du capital et la concurrence inter impérialiste ne sont pas que des concepts abstraits.

Correspondant