Nos vies valent plus que leurs profits

Coup de chaud aux ateliers SNCF de Quatre Mares

Hier après-midi au technicentre industriel SNCF de Rouen Quatre Mares, alors que les températures étaient particulièrement étouffantes dans tous les ateliers dès la prise de poste, notamment aux essieux où il a fait plus de 40 degrés, les réunions d’équipe ont été mouvementées. Partout les travailleurs se sont plaints de la chaleur à leurs chefs, en dénonçant le manque de point d’eau et de matériel pour se rafraîchir en quantité suffisante pour tout le monde, et partout leurs DPX leur ont répondu qu’il faut s’hydrater et faire des pauses, tout en restant raisonnable pour ne pas diminuer la production. Ils ont dû penser « Allez au boulot ! »… mais non, les travailleurs de Quatre Mares ont décidé collectivement que c’était hors de question de travailler dans ces conditions.

A 13 heures, près de deux cents agents de tous les secteurs se sont retrouvés dans le bâtiment principal au carrefour de la liberté, lieu habituel des assemblées générales, pour discuter et faire entendre leur mécontentement. Le sous-directeur est rapidement venu à leur rencontre pour essayer de faire redescendre la tension en espérant casser le débrayage, mais quand les collègues ont décrit leurs problèmes, il n’a pas trouvé grand-chose à répondre. Face au manque de fontaines d’eau, dont la plupart donnent de l’eau tiède, avec les bureaux des DPX climatisés qui renvoient l’air chaud directement dans les ateliers, ou encore les horaires qui pourraient être aménagés pour éviter les pics de chaleur, le numéro deux de la direction a promis de se retrouver avec les organisations syndicales la semaine prochaine pour réfléchir à un plan d’action… Pour la direction, les conditions insupportables dans les ateliers n’ont pas l’air d’être urgentes.

Le débrayage auquel se sont joints des salariés de Challancin (entreprise sous-traitante de nettoyage) a tenu jusqu’à 16 heures, où un exercice d’alarme incendie est venu interrompre le mouvement, et les collègues de journée ont fini par rentrer chez eux. Cette longue pause de trois heures a permis dans un premier temps à l’ensemble des collègues de rendre cette journée supportable, mais surtout elle a permis à tout le monde de discuter tous ensemble des revendications. La solidarité entre collègues apparaît comme la solution à nos problèmes, et presque toutes les équipes ont pu participer aux débrayages et montrer leur mécontentement.

Dans la journée, l’idée a commencé à émerger qu’il ne faut pas reprendre le travail tant que nos revendications n’ont pas été respectées : si la direction n’a pas de solution, on n’a qu’à rentrer chez nous ! Si ce débrayage n’a pas suffi à imposer ce dont on a besoin pour travailler dans des conditions correctes, il va falloir remettre ça, jusqu’à ce qu’on obtienne satisfaction. Le travail ne doit pas reprendre, n’en déplaise à certains bureaucrates syndicaux.

Si hier ce sont les conditions de travail sous la chaleur qui ont mis en colère l’ensemble de Quatre Mares, demain l’ambiance pourrait continuer à monter alors même que la direction prépare un plan pour nous imposer des badgeuses et venir attaquer directement notre temps de travail. Dans un contexte où le groupe SNCF prépare des attaques contre l’ensemble de ses travailleurs, il faut se saisir de la journée du 10 juin pour commencer à s’y opposer. Il est nécessaire de multiplier les expériences comme celle-là pour imposer à la direction nos revendications.

Correspondants