Le 10 juin, les cheminots de la SNCF et de ses filiales sont appelés à la grève par les quatre fédérations syndicales représentatives dans l’entreprise (CGT, Unsa, SUD-Rail, CFDT).
Les raisons de la colère
L’appel semble déjà rencontrer un certain écho. Les discussions entre collègues sont en tout cas faciles, notamment sur les salaires. Les dernières négociations annuelles obligatoires ont accouché d’une augmentation générale de 0,18 %… une somme bien ridicule, surtout comparée à la cherté de la vie, due en particulier à la hausse brutale des prix des carburants depuis le début des bombardements américains en Iran.
Les discussions sur les différents sites vont bon train, car les attaques contre les cheminots se multiplient. En plus des salaires qui stagnent face à l’inflation, la SNCF multiplie les restructurations. Les suppressions de postes s’enchaînent et les équipes de travail se retrouvent en sous-effectif permanent.
L’ouverture à la concurrence du réseau ferroviaire est une occasion pour l’entreprise d’accentuer ses offensives. Pour remporter les appels d’offres, elle créée des filiales, dans lesquelles elle transfère de force les salariés. Ces filiales sont des zones de non-droit, où les garanties sur les salaires et les conditions de travail sont très incertaines. C’est l’ensemble de cette situation qui pousse de nombreux travailleurs à bout. Les arrêts de travail et les burnouts sont en hausse, et pire encore, on observe depuis quelques mois une vague de suicides (13 cheminots se sont donné la mort depuis le début de l’année).
Transformer le ras-le-bol en révolte collective
En 2025, la SNCF a réalisé 1,8 milliard de bénéfices. En 2026, elle prévoit déjà d’en réaliser 2,3… alors ce n’est pas l’argent qui manque ! Si les profits explosent année après année, c’est bien parce que l’entreprise aggrave l’exploitation de tous les travailleurs… et elle ne compte pas s’arrêter là ! L’ancien Premier ministre et nouveau PDG, Jean Castex, a déjà annoncé vouloir supprimer cinq jours de repos par an aux travailleurs transférés dans les filiales.
Dans le ferroviaire la direction est à l’offensive. Aux cheminots de se saisir massivement de cette journée de grève pour exprimer leur ras-le-bol et en profiter pour se réunir tous ensemble, à l’occasion d’une grève dans tous les services. Cette date pourrait alors devenir un point d’appui pour toutes celles et tous ceux qui veulent préparer la contre-offensive à toutes les attaques patronales !
Stanislas Erren