Nos vies valent plus que leurs profits

Ateliers de Quatre Mares (Sotteville-lès-Rouen) : une colère multiforme

À Quatre Mares, le chiffre inédit des 13 suicides à la SNCF depuis le début de l’année préoccupe beaucoup. Cela fait écho au ressenti des cheminots des ateliers sur la dégradation de leurs propres conditions de travail. D’abord, avec la massification du travail en quart qui a bouleversé les rythmes de travail et de vie de beaucoup d’entre nous, puis avec la mise en place de méthodes de travail héritées de l’industrie automobile, sur le modèle de la chaîne dans presque toutes les équipes et aussi le recours permanent à l’intérim. Aujourd’hui, c’est la volonté de la direction de mettre en place des pointeuses qui fait discuter les collègues de tous les secteurs du site. Ce vieil outil patronal a toujours servi à renforcer la surveillance et à sanctionner tous les petits retards sur la fiche de paie, personne ne devrait en douter et encore moins au sein des organisations syndicales !

Les discussions sont aussi polarisées par la question des salaires. On voit chaque année des records de profits : 1,8 milliard en 2025. Et nos salaires, eux, ne seront augmentés que de 0,25 % en juillet et en octobre, pas de quoi remplir le frigo ou faire le plein.

La direction nous explique que toutes ces attaques servent à se préparer à la concurrence. Mais elle cherche surtout à faire de plus en plus de profits, en rognant sur nos conditions de travail et nos salaires, quitte à pousser certains cheminots à bout.

Mais les collègues l’ont bien compris, alors l’ambiance pourrait bien devenir explosive d’ici le 10 juin pour la journée de grève intersyndicale ou même avant. Pour défendre nos salaires et nos conditions de travail, retrouvons-nous en assemblée générale, et bientôt dans la grève et dans la rue avec tous les autres cheminots de l’agglomération rouennaise !

Correspondants