
Le 15 mai dernier, le président de la Cour suprême indienne, Surya Kant, déclarait qu’une partie des jeunes du pays était « comme des cafards, qui ne trouvent pas de travail et n’ont pas leur place dans le monde du travail. » En réaction, un étudiant de l’université de Boston a créé sur les réseaux sociaux le « Parti populaire des cafards » (Cockroach Janta Party).
La blague a pris de l’ampleur, et une frange de la jeunesse révoltée indienne s’en est saisi. 23 millions de followers sur Instagram (plus que le BJP, le parti au pouvoir !), plus d’un million de membres sur son site : dans un pays où 46 % de la population indienne a moins de 25 ans, le CJP est devenu le cri de colère d’une jeunesse qui se sent méprisée par un système qui ne lui promet que la guerre et le chômage – alors que la moitié des jeunes diplômés indiens ne trouvent pas de travail.
Des revendications émergent de toutes parts, le ministre de l’Éducation est appelé à la démission. Le pouvoir a peur de la révolte : l’initiateur de cette blague a reçu des menaces de mort et le gouvernement a cherché à faire fermer les comptes sur les réseaux sociaux. Mais attention ! Si les cafards ont une qualité, c’est bien leur résilience…
Victor Roux