Nos vies valent plus que leurs profits

« Choose France », un sommet très bluff blanc rouge

Les annonces extraordinaires d’investissements directs étrangers (93 milliards d’euros, rien que ça) claironnées par Macron ont été largement relayées à la suite de ce grand raout. Sous les ors versaillais, il s’agissait pour le président en fin de règne d’affirmer sa fuite en avant patronale juste avant de céder le manche.

Et pour qui se souvient des débuts de Macron à Bercy, il n’est pas étonnant de le voir livrer ses derniers numéros de claquette sur l’air de « France is back ». Rappelons-nous des « cars Macron », la libéralisation du transport longue distance devait créer 20 000 emplois : 12 ans après, et à la suite du retrait entre autre de Blablabus, Flixbus se retrouve en situation de monopole tandis que les conditions de transport (et de travail des conducteurs) sont déplorables. La passion du bluff !

Pour « Choose France », chaque sommet aura été plus spectaculaire en annonce d’investissements que le précédent, une sorte de loi du genre. Pourtant, les observateurs ont bien remarqué que les sommes communiquées lors des trois premières éditions n’avaient pas été réellement investies (6 milliards au lieu de 12), et les emplois encore moins créés…

Pourtant, le secteur si prometteur de l’IA (car c’est l’implantation de nouveaux data centers, peu générateurs d’emploi d’ailleurs, qui est à l’origine de l’explosion de cette année) parait encore fragile, sans parler de son impact écologique…

Le trust bancaire japonais SoftBank, au cœur des annonces faramineuses, qui promet d’investir 75 milliards d’euros sur plusieurs années, a déjà fait le coup aux États-Unis, en abandonnant ses projets en cours de route. Par ailleurs pas des plus sains financièrement, le conglomérat ne donne des garanties que sur une seule création de data center à hauteur de 11 milliards, loin du compte… Qui paye pour voir ? Macron le flambeur !

Qu’importe tous ces éléments de réalité, il faut bluffer au maximum, rendre le pays « attractif » devant un parterre international de patrons, histoire de justifier les attaques incessantes contre nos conditions de vie et de travail. Voilà le prix qu’auront fait payer à la classe ouvrière Macron et ses gouvernements successifs pour plaire, même un petit peu, à ces investisseurs. Et quand les syndicats et la gauche répondent en chœur qu’il faut favoriser le « made in France », ils se rendent objectivement complices de cette logique.

Philippe Cavéglia