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Répression syndicale : plus de 80 personnes rassemblées pour exiger l’abandon des poursuites contre Baptiste Anglade

 

 

Les poursuites doivent cesser ! La direction d’Ocellia doit retirer sa plainte !

Mardi 2 juin, plus de 80 personnes se sont rassemblées devant le tribunal judiciaire de Grenoble pour soutenir notre camarade Baptiste Anglade, éducateur de rue, syndicaliste CGT dans le travail social et candidat du NPA-Révolutionnaires aux dernières élections municipales.

Convoqué devant le délégué du procureur, Baptiste est poursuivi pour avoir participé aux mobilisations contre l’austérité du 10 septembre 2025. Le motif invoqué ? Une prétendue « intrusion » pour avoir participé à un piquet de grève devant l’école de travail social Ocellia à Échirolles. Derrière cette accusation se cache une réalité beaucoup plus simple : la volonté de sanctionner un militant syndical pour avoir soutenu une mobilisation collective et exercé des droits syndicaux élémentaires.

Une attaque contre les mobilisations du travail social

Le 10 septembre 2025, plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestaient partout en France contre les politiques d’austérité. À Grenoble, les étudiantes et étudiants d’Ocellia avaient fait de leur établissement un point de rassemblement pour les travailleurs et travailleuses du secteur social en lutte. Comme cela se fait régulièrement dans le mouvement ouvrier, des syndicalistes et des travailleurs mobilisés sont venus soutenir ce mouvement. Baptiste faisait partie de ces militants présents sur le piquet de grève.

La direction d’Ocellia n’a jamais accepté que des syndicalistes et des travailleurs sociaux mobilisés puissent s’adresser aux étudiants et aux salariés du secteur. Depuis plusieurs années, elle multiplie les manœuvres pour limiter les contestations : interdiction d’assemblées générales dans l’enceinte de l’école, basculement des cours en distanciel le 10 septembre pour vider les locaux, puis dépôt d’une plainte visant aujourd’hui l’un des militants présents. Derrière cette procédure, c’est aussi la volonté de faire taire celles et ceux qui dénoncent la casse du secteur social, la dégradation des conditions de travail et les attaques contre les formations et les métiers du travail social.

Alors qu’une trentaine de personnes participaient au piquet de grève, seul Baptiste Anglade se retrouve poursuivi aujourd’hui. Un choix qui ne doit rien au hasard.

Une procédure politique

Plusieurs mois se sont écoulés entre le dépôt de plainte et les premières suites judiciaires. Ce n’est qu’au cours de la campagne des élections municipales que la procédure a été relancée. Difficile de ne pas voir dans cette décision une volonté de s’attaquer à un militant connu pour son engagement syndical et politique, qui défend publiquement la nécessité de la grève et des mobilisations pour faire reculer l’austérité, défendre les services publics et imposer des augmentations de salaire.

Depuis le début de cette affaire, Baptiste assume pleinement son engagement. Oui, il était présent le 10 septembre. Oui, il soutenait cette mobilisation. Et non, il n’a commis aucun délit. Comme il l’a rappelé lors du rassemblement : il s’agit d’une tentative de « faire un exemple », de criminaliser l’action syndicale et d’intimider toutes celles et ceux qui voudraient relever la tête face aux attaques patronales et gouvernementales.

Une solidarité large face à la répression

Face à cette offensive, la solidarité s’est organisée. Après un premier rassemblement de plus de 120 personnes devant le commissariat d’Échirolles lors de sa convocation du 5 février, la mobilisation s’est de nouveau exprimée massivement devant le tribunal de Grenoble. Travailleurs sociaux, étudiants d’Ocellia, inspecteurs du travail, militants syndicaux et associatifs, organisations politiques et collectifs de lutte se sont retrouvés ensemble pour dénoncer la répression antisyndicale. Une vingtaine d’organisations étaient présentes ou signataires de l’appel : CGT, Solidaires, CNT, Unef, DAL, NPA-Révolutionnaires, Lutte ouvrière, UCL, LFI, Parti des travailleurs et bien d’autres.

Plusieurs prises de parole ont souligné que cette affaire dépasse largement le cas individuel de Baptiste. Ce qui est en jeu, ce sont les libertés syndicales et le droit de se mobiliser collectivement contre les politiques d’austérité. Les camarades de SUD PTT ont notamment rappelé l’importance de construire la riposte face à toutes les formes de répression et appelé à participer à la manifestation nationale contre la répression prévue à Paris le 20 juin.

Refus de reconnaître une quelconque culpabilité

À l’issue de sa convocation, le parquet a proposé à Baptiste un classement sans suite sous conditions. Derrière cette formule se cache une logique dangereuse : imposer le paiement d’une contribution citoyenne tout en maintenant une forme de reconnaissance de culpabilité. Sans acquittement, Baptiste resterait sous la menace d’une réactivation des poursuites en cas de nouvelle procédure. Cette méthode rappelle les dispositifs répressifs que les gouvernements successifs cherchent à généraliser : faire accepter une culpabilité à des militants qui n’ont commis aucun délit, afin de décourager les mobilisations futures.

Nous refusons cette logique.

Défendre ses conditions de travail, défendre les services publics, soutenir une grève ou un piquet de mobilisation ne devrait faire l’objet d’aucune poursuite. La mobilisation de ce mardi a une nouvelle fois montré que Baptiste n’est pas seul face à cette attaque. Travailleurs sociaux, étudiants, syndicalistes, militants associatifs et politiques ont répondu présents pour affirmer qu’ils ne laisseront pas passer cette tentative de criminalisation de l’action collective.

Cette affaire dépasse largement le cas de Baptiste Anglade. Partout, les directions, le patronat et l’État cherchent à intimider celles et ceux qui s’organisent, font grève, manifestent ou soutiennent les luttes. Face à ces offensives, notre meilleure arme reste la solidarité et l’organisation collective. C’est pourquoi nous devons continuer à nous rassembler dans tous les cadres unitaires qui permettent de défendre les libertés syndicales et démocratiques, de soutenir les militants poursuivis et de construire le rapport de force qui permette de résister à la répression.

Dans cette perspective, nous appelons à participer massivement à la manifestation nationale contre la répression organisée à Paris le 20 juin prochain. Plus nous serons nombreux à refuser la criminalisation des luttes sociales, plus nous serons en mesure de faire reculer ceux qui voudraient faire taire les contestations.

Mathieu Scopa