En 2022, le monde entier se levait pour critiquer la tenue de la Coupe du monde au Qatar, mettant en avant le mépris des droits des travailleurs, surtout immigrés, sur les chantiers du tournoi. Un boycott avait été proposé, agrémenté de reportages en bataille sur les droits humains, notamment des femmes, bafoués par l’émirat qatari, sur les chantiers monstres où des travailleurs mourraient chaque jour. Aujourd’hui, la Coupe du monde ne suscite pas de scandales. Pourtant, le gouvernement américain somme les joueurs iraniens de partir dans un centre d’entrainement au Mexique dès leur match terminé, il a refoulé à la frontière l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, considéré comme le meilleur arbitre d’Afrique, mais surtout pour Trump, comme un allié de terroristes islamistes. Un joueur irakien a été interrogé pendant plus de sept heures à l’arrivée aux États-Unis. Les exemples ne manquent pas. Mais qu’attendre d’autre d’un gouvernement soutien du génocide à Gaza et responsable des milliers de morts dus à la guerre contre l’Iran, d’un pays qui compte des camps d’internement pour immigrés, quand ils ne sont pas purement et simplement tués par l’ICE ? Récemment, la clique de Trump s’est aussi illustrée dans le sexisme, la misogynie et la transphobie, en s’attaquant au droit à l’avortement et à la transition de genre. Cette soudaine cécité face à un gouvernement criminel fait écho à la lucidité des mêmes reproches faits au Qatar. Une hypocrisie qui caractérise les puissances impérialistes : ils peuvent bien commettre les pires horreurs, ils sont toujours les premiers à parader sur leur morale et leur probité.