Il existe au sein de la préfecture de police une infirmerie psychiatrique, appelée I3P, qui reçoit des personnes amenées sur place le plus souvent dans un contexte de garde à vue ou en raison d’un trouble avéré à l’ordre public, pour évaluer la nécessité d’une hospitalisation en psychiatrie. Si, en règle générale, les conditions d’hébergement dans les cellules des commissariats sont plus que précaires, l’I3P semble avoir battu tous les records, notamment en matière du respect des droits des prisonniers. Suite à une visite dans ses locaux début mars, le contrôleur général des lieux de privation de liberté – une autorité administrative indépendante –, avait dénoncé des « dysfonctionnements majeurs ». Ce qui avait conduit le Syndicat des avocats de France et la Ligue des droits de l’homme à saisir le tribunal administratif en référé-liberté. Et ce dernier leur a donné raison en sommant l’autorité policière de remédier en urgence à des « atteintes graves » aux « libertés » des personnes placées à l’I3P. La justice administrative a « enjoint au préfet de police de prendre un certain nombre de mesures », notamment pour « garantir le respect de la durée maximale légale » de détention de quarante-huit heures à l’I3P, « limiter le recours à la contention », « individualiser la pratique de l’isolement » ou encore « permettre le libre accès des personnes retenues aux sanitaires et à l’eau potable ». Mais le préfet s’y refuse et s’est pourvu devant le Conseil d’État pour gagner du temps. Et pendant ce temps les personnes arrêtées sont toujours détenues dans des conditions indignes.