Des milliers de travailleurs espagnols et britanniques vont voir leur vie quotidienne simplifiée avec l’entrée en vigueur d’un traité de libre circulation entre l’enclave britannique de Gibraltar, située dans l’extrême sud de la péninsule ibérique, et l’Espagne. Cet accord a été signé à Bruxelles sous l’égide de la Commission européenne. Il concerne en premier lieu les quelque 15 000 salariés espagnols qui viennent chaque jour travailler dans ce minuscule territoire de 40 000 habitants. Gibraltar a été arraché à l’Espagne et rattaché à la couronne britannique par le traité d’Utrech en 1713, depuis lors, Madrid n’a jamais cessé d’en revendiquer la souveraineté. Mais Londres s’accroche à ce confetti qui abrite une de ses importantes bases militaires et contrôle le détroit du même nom. Une survivance anachronique du passé colonial britannique comme le sont, pour le colonialisme français, la Réunion, les Antilles, la Polynésie ou la Nouvelle-Calédonie.