
C’est un véritable acharnement de la présidence de l’université Paris-Nanterre contre la section de l’Unef sur le campus. Depuis 2022, elle enchaîne les procédures pour criminaliser et faire taire des militants qui n’acceptent aucun recul sur les droits étudiants et se donnent les moyens d’organiser les luttes : sections disciplinaires, harcèlement, intimidations, espionnage – avec des tentatives de mettre des micros dans les locaux du syndicat – et maintenant poursuites pénales. Cette présidence utilise des méthodes mafieuses et calomnieuses pour justifier de ne pas avoir à négocier lors des conflits sociaux sur le campus.
Après le fiasco du procès pour diffamation, annulé le 2 juin dernier, intenté contre Coppélia Moreau, présidente de l’Unef Nanterre, pour une simple affiche syndicale, c’est pour des actions en soutien aux sans-facs en lutte que huit représentants et élus étudiants ont été convoqués les 29 et 30 juin au commissariat de Nanterre.
Les faits reprochés ? Avoir occupé le hall du bâtiment de la présidence de l’université au mois d’octobre et la pseudo dégradation d’un bout de porte qui date de la construction de la fac en 1964. Mme Caroline Rolland-Diamond essaie donc de rejouer un match qu’elle a déjà perdu en 2024 lors des précédentes sections disciplinaires : l’ensemble des syndicalistes avaient été relaxés et confirmés dans leur bon droit de mener l’action d’occupation. Dégoûtée de cette défaite qu’elle ne digère toujours pas, elle tente sa chance au pénal.
La lutte des sans-facs existe sur le campus de l’université de Nanterre depuis les années 90 et n’est pas prête de s’arrêter. La sélection s’est largement aggravée depuis plusieurs années : sur Parcoursup, 320 000 jeunes sur 980 000 se sont retrouvés sans fac en 2025. En master, ce sont 43 % des candidats qui ont été déboutés. Cette sélection est un véritable tri social qui exclut des facs les enfants d’ouvriers et les jeunes issus de l’immigration. Des chiffres qui donnent la nausée quand on voit le budget de l’armée exploser et le patronat afficher 96 milliards d’euros de bénéfices en 2025, soutenu par des aides publiques qui s’élevaient en 2023 à 211 milliards d’euros. Les militants de l’Unef Nanterre recensent chaque année les jeunes refusés et organisent un collectif de sans-facs qui se mobilise pour arracher des inscriptions.
Alors que, depuis 2022, Mme Rolland-Diamond refuse toute forme de négociation avec ces jeunes en lutte, elles et ils se sont donné les moyens de mener leur combat avec encore plus de détermination. C’est parce que sa stratégie qui vise à les faire abandonner ne fonctionne pas, que la présidente les réprime. Et c’est bien le sens de ces convocations : tenter de mettre la pression et d’intimider avant le lancement de la campagne de cette année !
Deux rassemblements ont été appelés, réunissant une soixantaine de soutiens étudiants, mais aussi des élus municipaux de la mairie de Nanterre et des syndicats professionnels de l’université et au-delà. Le syndicat Info’Com-CGT a même réalisé une affiche pour dénoncer la politique répressive de la présidente sur ses réseaux sociaux. Mme Rolland-Diamond s’est empressée d’écrire au syndicat pour le menacer de poursuites s’il ne retirait pas son visuel. Voilà une présidence qui se dit « de gauche » et qui applique avec zèle la politique du gouvernement.
À Lille, Grenoble, Lyon, Metz et Nanterre, des étudiants organisés dans l’Unef et notamment dans la Tendance action collective et luttes étudiantes (Tacle), ont commencé à se mobiliser en organisant un premier dépôt collectif des recours de sans-facs au ministère de l’Enseignement supérieur. Soutenons la lutte pour une fac ouverte aux enfants d’ouvriers, et préparons-nous à rejeter le projet du gouvernement d’augmenter les frais d’inscription. C’est en ce sens que le NPA Jeunes Révolutionnaires s’est adressé aux autres organisations de jeunesse pour appeler ensemble à rejoindre la date de grève du 29 septembre de la fonction publique !
Alma Cinorrodo